L’Ensemble Talisman, qu’on voit en répétition, prépare un concert qui débutera au moment même où les normes sanitaires seront assouplies dans les salles de spectacles de la province. Il se produira dimanche à minuit, à la chapelle Saint-Cyriac, en présence de 50 personnes. Les musiciens joueront jusqu’à 1h du matin, lundi le 22 juin. 
L’Ensemble Talisman, qu’on voit en répétition, prépare un concert qui débutera au moment même où les normes sanitaires seront assouplies dans les salles de spectacles de la province. Il se produira dimanche à minuit, à la chapelle Saint-Cyriac, en présence de 50 personnes. Les musiciens joueront jusqu’à 1h du matin, lundi le 22 juin. 

Un premier concert, dimanche à minuit, à la chapelle Saint-Cyriac

Impossible de coller plus étroitement au calendrier de la Santé publique. Dimanche à minuit, les cloches de la chapelle Saint-Cyriac vont sonner et ce ne sera pas pour annoncer des noces ni pour alerter les pompiers. Sur la scène, les membres de l’Ensemble Talisman feront résonner les premières notes de l’ère post-confinement. Ils célébreront ainsi la fin d’une période sombre pour eux et pour ceux qui estiment que la musique, ça s’écoute mieux en personne.

« Nous, on n’en pouvait plus et on s’est dit qu’on recommencerait à jouer en public dès que le docteur Arruda nous donnerait la permission. Comme l’Ensemble est une structure souple, nous avons été capables de nous revirer vite, ce qui est aussi le cas du comité qui s’occupe de la chapelle. Ce sera un événement unique. On finira le confinement de manière théâtrale », a annoncé Luc Beauchemin au cours d’une entrevue accordée au Quotidien.

L’élément théâtral se manifestera avant même que ne résonnent les notes métalliques émanant du clocher. Dès 23h30, des musiciens se relaieront afin d’interpréter une pièce d’Érik Satie intitulée Vexation. Le compositeur avait précisé qu’il fallait la jouer 840 fois, ce qu’a fait un pianiste récemment, à Berlin. Plus raisonnables, les membres de l’Ensemble Talisman s’arrêteront après 30 minutes.

« On va s’échanger cette oeuvre à la fois sombre et monotone afin d’évoquer le sentiment d’enfermement qu’a provoqué le confinement. Les gens qui vont entrer subiront cette atmosphère jusqu’à ce qu’on joue une composition différente, bien plus facile à écouter. Elle débouchera sur un crescendo libérateur qui va tomber à minuit. C’est là que les cloches vont sonner », décrit Luc Beauchemin.

Livré à guichet fermé, devant 50 personnes, le programme est séduisant. Il y aura du Philip Glass, plus spécifiquement un extrait de la bande sonore du film Mishima, une pièce d’Einaudi, un duo de Luc Beauchemin (violon) et Rosemarie Duval-Laplante (piano) pendant lequel ils reprendront l’un des titres phares d’Arvo Pärt, Spiegel im Spiegel, de même qu’un solo de Laura Andriani tiré de la troisième Sonate pour violon solo de Jean-Sébastien Bach.

« Elle reprendra une section dont le thème est la résurrection », précise Luc Beauchemin, qui a décidément le sens de l’événement. Le guitariste Yvon Dachille va également participer à la grand-messe, interprétant l’une de ses pièces avec Talisman. C’est toutefois à l’Anglais Karl Jenkins que reviendra l’honneur de couronner le concert avec Palladio. Après tant de douceur, un peu de rythme pour accompagner le départ des mélomanes, un par un, dans le sens des flèches.

Les normes sanitaires seront en effet respectées, y compris sur scène, où les musiciens se tiendront à 1,5 mètre de leurs partenaires. Outre les personnes déjà mentionnées, cet événement mettra à contribution Jean-Michel Dubé (piano), Isabelle Harvey (violoncelle), Bruno Chabot (alto) et Jessy Dubé (violon). Il reste à déterminer qui assumera la plus haute fonction, celle de sonneur. Après tout, c’est lui qui marquera le passage de la nuit vers la lumière.