Il suffit de regarder cette photographie pour réaliser à quel point les dimensions du Sun Studio sont inversement proportionnelles à sa renommée, ainsi que l’a constaté Guylaine Tanguay.

Un passage au Sun Studio

La dernière chanson figurant sur l’album 3764 Elvis Presley BLVD est aussi la plus chargée de souvenirs aux yeux de Guylaine Tanguay. C’est en effet la seule qui a été enregistrée dans le célèbre Sun Studio de Memphis, une version acoustique du premier succès du King, That’s All Right (Mama).

Cette belle folie trouve son origine dans une visite touristique effectuée par la Jeannoise.

« Notre guide était très bonne et à la fin, je lui ai demandé s’il était possible de travailler dans ce studio. Elle m’a remis une carte d’affaires et ça n’a pas été difficile de réserver une soirée », a confié l’artiste au Progrès.

Elle et ses musiciens étaient accompagnés par un technicien du Sun Studio qui leur a fait comprendre que la place leur appartenait, l’espace de quelques heures.

Tout était accessible, en effet. Les invités pouvaient se faire photographier à côté d’un téléphone ou d’une machine à écrire faisant figure d’antiquités.

« La régie est toute petite, au même titre que le studio, et ils ont tout gardé à l’état d’origine. Les murs sont jaunis, par exemple, et c’est pour ça qu’on y croit. On m’a aussi offert de chanter dans un micro qu’Elvis a utilisé et de me placer sur le x désignant l’endroit où il s’installait. Ce n’est pas l’endroit où ça sonne le mieux, mais on y va d’abord pour le feeling », fait observer Guylaine Tanguay.

Elle a été tout aussi impressionnée par le respect qu’on voue à l’histoire de la musique populaire, ce qui tranche avec l’attitude qui prévaut par ici.

Le passé a toujours droit de cité à Memphis, mais on ne l’aborde pas avec des gants blancs, comme une chose morte.

« Quand on a travaillé au Sun Studio, je m’attendais à ce que ce soit plus strict », mentionne ainsi l’interprète, qui chérira longtemps sa version de That’s All Right (Mama).