Christine Rivest-Hénault, adjointe à la direction du Théâtre à Bout Portant, Vicky Côté, directrice générale et artistique et Isabel Brochu, administratrice, se réjouissent du fait que l’organisme a un nouveau chez soi au sous-sol du Théâtre du Palais municipal de La Baie.

Un nouveau toit pour le Théâtre à Bout Portant

Après près de deux ans et demi d’« errance », le Théâtre à Bout Portant peut enfin poser ses valises. Le théâtre, qui a dû déménager à quelques reprises depuis qu’un incendie a détruit ses installations et son matériel en janvier 2017, a maintenant de nouveaux locaux, à La Baie, au sein même du Théâtre du Palais municipal. Une nouvelle qui ouvre toutes grandes les portes à un éventail de possibilités.

Vicky Côté a de la difficulté à contenir sa joie. Sa tête bouillonne d’idées. Le Théâtre à Bout Portant, dont elle assume la direction générale et artistique, a enfin un chez-soi.

« À La Baie, il y a un manque flagrant de locaux. Mais à la suite du dernier remaniement des espaces, on nous a offert de venir dans le lieu culturel de La Baie », raconte Vicky Côté, rencontrée dans ses nouveaux locaux du sous-sol du Théâtre du Palais municipal, un espace partagé avec le Club Lions, qui y est installé depuis des années.

En janvier 2017, l’incendie du Centre communautaire Saint-Marc, à La Baie, a jeté à la rue le Théâtre à Bout Portant, le privant de ses locaux, mais aussi de décors, costumes et accessoires issus de huit années de travail. La compagnie a dû déménager à quelques reprises.

« On a été accueilli à l’église Saint-Nom-de-Jésus par la Société d’art lyrique du Royaume. Puis, ç’a été fermé, et on est déménagés au Centre des arts et de la culture. Nos boîtes se sont promenées pas mal. On a passé deux ans et demi à reconstruire les choses et à être en attente. Psychologiquement et techniquement, ç’a été difficile », convient la directrice du théâtre, qui a l’impression de boucler la boucle sur des moments difficiles.

En plus d’espaces qui permettent d’entreposer le matériel et de monter des productions, le Théâtre à Bout Portant a maintenant accès à une grande salle.

« Des bingos sont organisés dans la salle chaque semaine. On cherche des manières de la monter et de la démonter. Pour nous, ça peut devenir un espace de répétition puisque les salles de répétition sont engorgées. Comme c’est un lieu qui répond aux normes, on pourrait même y présenter de petites formes devant public, des lectures, et offrir des ateliers de théâtre à La Baie. On peut aussi diviser la salle pour créer des espaces plus intimes. Ça nous ouvre une infinité de possibilités. »

Le fait de s’installer dans le Théâtre du Palais municipal comble l’organisme, qui souhaitait demeurer à La Baie.

« C’était le désir du conseil d’administration et de Vicky [Côté] de revenir à La Baie, affirme Isabel Brochu, membre du conseil d’administration. La Baie est une ville industrielle. C’est important d’y amener des arts et de la culture. On a toujours eu un excellent support de l’arrondissement. Pour nous, c’est la possibilité d’ancrer un théâtre assez différent dans un lieu. C’est énorme comme potentiel. »

Vicky Côté assure que de disposer d’espaces procure un souffle nouveau au Théâtre à Bout Portant. « Ça donne un élan. Ça va nous permettre beaucoup de choses. Ça donne aussi un lieu pour ouvrir le dialogue avec la population de La Baie. Ce lieu est fréquenté par toute une génération. Pourquoi ne pas leur faire découvrir une autre sorte de théâtre », avance-t-elle.

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DES PROJETS PLEIN LA TÊTE

Le Théâtre à Bout Portant se penche sur un sujet d’actualité dans le cadre de sa prochaine production, sa 10e en autant d’années d’existence. La migration et la course seront mises en parallèle dans La Migration des peuples. 

Vicky Côté, directrice générale et artistique du théâtre, travaille sur une nouvelle production qui devrait être présentée en avril en 2020. 

« On aborde la course en mettant en parallèle deux de ses fonctions. On met en relation le marathon, la mise en forme, la bonne condition physique et la course comme moyen de fuir. Il y a des similitudes et des contradictions dans ses deux façons de voir la course. Avec les migrants, c’est quelque chose qui est arrivé jusqu’à nous, à la frontière du Canada. On est un des seuls pays sur la planète qui les accueillent encore comme des êtres humains », affirme celle qui en est à l’étape de recherche et d’écriture. Vicky Côté travaille le son avec Alain Larouche, alias Naki, et Carlos Villanueva. 

« Je veux qu’on entende le bruit des pas, le coeur qui bat », explique-t-elle. 

Sortie de secours reprendra quant à elle la route cet été. La production qui se déploie dans une ambulance se rendra à Montréal à deux reprises, ainsi qu’à Trois-Rivières et à Québec, en plus d’être présentée dans le cadre du Festival international des arts de la marionnette à Saguenay (FIAMS). 

« Une vingtaine de représentations sont prévues. La pièce est bien accueillie. C’est tellement drôle. L’ambulance arrive, les gens regardent ce qui se passe, et ils voient rapidement une andouille arriver avec un mégaphone. C’est un feu roulant. On a du plaisir à le jouer. C’est contagieux. »