Pierre Lamontagne dirigera les musiciens et le choeur qui interpréteront, dimanche, le Magnificat de John Rutter. C’est sur ce monument du répertoire contemporain que prendra fin l’édition 2019 du Rendez-vous musical de Laterrière.

Un Magnificat pour Notre-Dame de Laterrière

Pour une sixième édition consécutive, un choeur formé à l’initiative du Rendez-vous musical de Laterrière est intégré à la programmation. Chaque année, il est dirigé par Pierre Lamontagne, qui profite de ces opportunités pour aborder une oeuvre majeure. Cette fois-ci, il a opté pour le Magnificat du compositeur anglais John Rutter.

Ce monument du répertoire contemporain sera interprété le 18 août à 16h, en l’église Notre-Dame de Laterrière. Pour lui rendre justice, 16 musiciens seront mobilisés, parmi lesquels on remarque plusieurs jeunes provenant de la région. Le choeur, lui, regroupe 32 personnes qui se sont inscrites au printemps. Ses membres comprennent une forte proportion de fidèles, autour de 80%. Ils ont travaillé fort en mai et juin, avant de s’accorder une pause en juillet.

«Nos chanteurs sont répartis à peu près également entre les différents groupes de voix. Plusieurs d’entre eux étaient présents lorsque nous avons abordé le Requiem et le Gloria de Rutter. Ils sont contents d’en refaire cet été parce que les expériences passées nous permettent d’aller plus loin. Il y a aussi le fait que Rutter écrit bien pour les voix», a souligné Pierre Lamontagne au cours d’une entrevue accordée au Progrès.

Il demeure émerveillé par la disponibilité de ses camarades, alors que la belle saison représente une période de repos pour la majorité des choristes. Or, même s’ils sont nombreux à avoir fréquenté l’oeuvre de Rutter, le Magnificat pose de réels défis, laisse entendre celui qui dirigera le choeur, en même temps que l’orchestre au sein duquel on retrouvera sa conjointe, l’organiste Janick Tremblay, de même que leur fils, le violoncelliste François Lamontagne.

Cette photographie captée lors d’une édition passée du Rendez-vous musical de Laterrière donne une idée de l’atmosphère qui règne lorsqu’un choeur se produit à l’église Notre-Dame.

Deux difficultés ressortent, l’une d’elles tenant au rythme syncopé imposé par la partition. «Ça bouge. Donc, c’est plus dur pour les chanteurs. On peut s’y perdre», résume Pierre Lamontagne. L’autre piège réside dans l’intonation. Maintenir la justesse que commande l’oeuvre est d’autant plus exigeant que celle-ci renferme plein de passages à risque.

«Il y a des frottements de notes qui semblent contre nature. On ne voudrait pas qu’elles soient là, mais on ne peut rien y faire. Elles sont là. Or, leur rôle consiste à créer une tension, laquelle est suivie d’une détente apaisante. En gros, ça ressemble à l’effet de contraste que produisent les mets à la fois doux et amers», fait remarquer le chef de choeur.

Il serait facile d’oublier la contribution des musiciens, tant les choristes retiennent l’attention dans ce genre de programme. Or, les instrumentistes auront l’occasion de briller dans la première partie du concert, à la faveur de trois pièces sélectionnées par le directeur artistique du festival, David Ellis. Cette séquence sera amorcée après l’interprétation d’un titre de Halvey, O lux Beatissima, par le choeur et l’orgue.

David Ellis et la violoniste Julie Triquet offriront un air de Lipsky, Vitrail, tandis que Julie Triquet, Marc Djokic (violon solo), Gabrielle Bouchard (violon), Mathilde Bernard (alto), Julie Trudeau (violoncelle) et Annie Vanasse (contrebasse) présenteront A Night Piece, une composition de Foote. Suivra un air de Schubert, Le Pâtre sur le rocher. Il sera offert par Jean-Michel Dubé (piano) et Marie-Julie Chagnon (clarinette), de même que la soprano Andréanne Brisson-Paquin, aussi présente dans le Magnificat.

«Ce qui est remarquable, c’est le jumelage de jeunes musiciens avec des vétérans. En même temps, on sent chez eux une énergie qui tient à la formule du Rendez-vous musical. Comme ils sont ici pendant plusieurs jours, que le programme comprend des oeuvres qu’eux-mêmes ont le goût de jouer, il se crée une belle dynamique. Nous les sentons ouverts à nos besoins. C’est fantastique, la façon dont ils suivent le choeur», souligne Pierre Lamontagne.

Ajoutez l’acoustique impeccable de Notre-Dame, ainsi que la proximité des artistes et du public, et vous obtenez un concert que les profanes, autant que les mélomanes, aiment fréquenter. Chaque année, en effet, la présence du choeur attire une foule impressionnante. «L’église est pleine et les billets sont vendus à un prix abordable, rappelle le chef de choeur. Ce n’est pas cher, 30 $, pour entendre d’aussi bons musiciens et chanteurs.»