Daniel T. Tremblay tiendra une journée portes ouvertes chez lui, le 16 août, sur la rue Price Est à Chicoutimi.

Un gros mois pour Daniel T. Tremblay

Deux expositions et une journée portes ouvertes. C’est ce qui attend le peintre Daniel T. Tremblay au mois d’août. Lui qui émerge d’une période extrêmement productive, quelque chose comme six mois, a hâte de montrer ses créations aux amateurs d’art. Elles sont nombreuses et n’épousent pas toujours la forme de tableaux.

Dans son appartement situé au 30 rue Price Est, à Chicoutimi, il suffit d’un coup d’oeil pour voir jusqu’où le pousse son élan créatif. Une poubelle, des pots de fleurs, des chaises, portent la trace de son coup de pinceau ou de jets de peinture en aérosol, intégrés à sa démarche depuis les années 1980. Il y a aussi des toiles, bien sûr. Des dizaines, des centaines, qui ne sont pas toutes accrochées aux murs.

Ces portes peintes récemment par Daniel T. Tremblay évoquent le thème de la royauté, en plus de montrer un feu d’artifice se déployant dans le ciel saguenéen.

Parmi celles qui retiendront l’attention des visiteurs le 16 août, entre 13h et 19h, on remarque une oeuvre au ton joyeux, ludique, inspirée par la Coupe du monde de soccer. «Je l’ai finie il y a trois jours», a-t-il précisé à la fin de juillet, moment où l’entrevue a été réalisée. Il y a aussi des tableaux au format réduit, nappés d’une couche généreuse de peinture acrylique. Ils sont le fruit d’une expérience tentée dans les derniers mois, à partir d’un document déniché sur YouTube.

«C’est une technique en vertu de laquelle on verse une bonne quantité de peinture avant de la faire bouger en déplaçant la toile. Je la contrôle aussi avec des cure-dents et ça donne des résultats intéressants. Je montrerai une vingtaine d’oeuvres réalisées de cette manière à compter du 14 août, à la bibliothèque municipale de Jonquière. L’exposition a pour titre Ça coule de source», révèle Daniel T. Tremblay, sourire en coin.

Parfois, l’art de Daniel T. Tremblay possède un caractère ludique, ce qu’illustre ce tableau inspiré par la Coupe du monde de soccer.

Inspiré par les portes
Le troisième rendez-vous aura lieu au Café Cambio de Chicoutimi. Dès le 28 août, on n’aura qu’à lever les yeux pour admirer 12 portes qui ont connu une seconde vie dans son atelier, au lieu d’aboutir à la ressourcerie. C’est une pratique qui remonte aux années 1980, un art du pauvre qu’il ne faudrait pas assimiler à de l’art pauvre. Ce médium lui sourit, en effet, comme en témoignent de nouvelles pièces alignées dans la cour arrière de son logis, un véritable musée à ciel ouvert.

Puisque c’est l’été, l’artiste en profite pour travailler dans un petit espace aménagé à l’extérieur. Il comporte un toit, ainsi que des ouvertures qui laissent passer la lumière, tout en permettant aux vapeurs dégagées par les cannettes de peinture de se disperser dans la nature. «C’est une belle installation qui change la dynamique à cause des sons, ainsi que du vent qui t’arrive dans le visage. Comme je ne peux pas faire du “spray” dans mon logis, j’en profite ces temps-ci», note Daniel T. Tremblay.

Pour réaliser cette oeuvre intitulée Le shaman, Daniel T. Tremblay a mis en pratique une méthode découverte sur YouTube. Il a versé beaucoup de peinture sur la toile avant de faire bouger celle-ci, ce qui a provoqué d’heureux accidents. C’est le fruit de cette démarche qui sera présenté à partir du 14 août, à la bibliothèque municipale de Jonquière.

Les portes évoquées tantôt sont particulièrement séduisantes. En voici une qui dépeint un feu d’artifice sur le Saguenay, grâce à un foisonnement de formes rondes reposant sur de jolies montagnes. À côté, une oeuvre aux tons de cuivre et d’aluminium trahit l’intérêt de l’artiste pour la royauté. «On voit une couronne, des armoiries, une tête de mort, parce qu’ils s’entretuaient, ainsi que des clés, les clés de la chasteté», lance l’artiste d’un ton amusé.

Un thème plus sérieux, l’analphabétisme, est évoqué sur une autre porte. Il renferme plein de références symboliques, dont l’immense visage d’un homme dont la bouche est à peine formée. «Les idées me viennent en faisant l’oeuvre et je trouve que le “spray”se marie bien avec les portes, indique Daniel T. Tremblay. Ça augmente le visuel.»

Quant à sa productivité, elle se manifeste par bourrées et la phase actuelle se distingue par sa durée, plus grande que d’habitude. L’artiste pourrait s’en vanter, mais sait que la vérité réside ailleurs, dans les replis de son âme. «Là, c’est très bon depuis novembre, mais il n’y a rien qui décide de ça, confie-t-il. C’est comme une soif, une faim, et je ne sais jamais à quel moment ça va arrêter.»