L’équipe du Cirque du Soleil a présenté en exclusivité mardi à Montréal une première pièce de ce que sera «Juste une p’tite nuite» - Hommage aux Colocs en juillet prochain à l’Amphithéâtre Cogeco.

Un grand party émotif

MONTRÉAL — C’est à un grand party que l’équipe du Cirque du Soleil souhaite convier le public de partout cet été à l’Amphithéâtre Cogeco, avec le spectacle «Juste une p’tite nuite» - Hommage aux Colocs. Un party au son de ce groupe mythique des années 90, au cours duquel on devra également s’attendre à avoir la larme à l’œil.

C’est ce contraste de l’œuvre des Colocs qu’a fait ressortir l’équipe du Cirque du Soleil, mardi à Montréal, alors qu’on présentait en exclusivité un premier extrait de Juste une p’tite nuite aux médias. Un simple clin d’œil, histoire de se mettre l’eau à la bouche en prévision de la première, prévue le 18 juillet à l’amphithéâtre trifluvien.

Le numéro de jonglerie sur les airs de Dédé avait de quoi donner le ton, avec cette chanson qui donnait juste envie de bouger, comme la majorité de l’œuvre des Colocs. Le personnage coloré, au maquillage excentrique et au costume dépareillé, rappelle certainement l’esprit qui animait cette bande qui a vu le jour dans la désormais célèbre Suite 2116 boulevard Saint-Laurent. De quoi laisser place à toutes les possibilités pour la suite de cette création, qui ne vivra que 20 soirs à Trois-Rivières cet été.

«Le contraste de la musique des Colocs, c’est justement ça. C’est être capable de faire le party en ayant la larme à l’œil. C’est faire du beau avec du laid. Je pense que ça rejoint totalement le contraste de ce que nous sommes, nous les Québécois. À la fois festifs et émotifs dans nos réactions, dans nos réflexions, dans le regard qu’on pose sur nous-mêmes. La poésie des Colocs ramène à ça, avec des airs très enjoués, mais des textes profonds, durs et qui dépeignent une réalité qui n’est pas toujours rose. Les Colocs, c’était comme avoir les deux pieds sur Terre et la tête dans les nuages», résume Jean-Guy Legault, metteur en scène.

Pour donner naissance à ce quatrième opus de la série Hommage du Cirque du Soleil, l’équipe de 45 Degrees, la branche événementielle de l’organisation, a puisé dans toutes les grandes écoles québécoises, mais également à l’international, afin de se renouveler au niveau acrobatique, explique Émilie Therrien, conceptrice de la performance acrobatique et chorégraphe acrobatique.

Daniel Fortin, Jean-Guy Legault, Jean-Phi Goncalves et Émilie Therrien se sont prêtés au jeu des entrevues hier lors du dévoilement du premier numéro de Juste une p’tite nuite – Hommage aux Colocs.

«Notre défi à relever demeure toujours de présenter des numéros inédits. On cherche partout pour ça. Pour bien rendre l’œuvre des Colocs, il faut aussi mettre de l’avant l’esprit festif du groupe. C’est ce qu’on cherche à reproduire sur scène, un esprit festif et énergique avec un côté poétique», mentionne-t-elle.

Côté musical, le directeur musical Jean-Phi Goncalves s’est donné lui aussi un défi important à relever, en intégrant des éléments «live» de la musique à la mise en scène. Les acrobates et danseurs utiliseront donc des éléments normalement réservés au décor pour ajouter à la touche musicale, aux percussions, à l’image de ce que créaient les Colocs dans leur délire musical. «Faire du beau avec du laid», a répété Jean-Phi Goncalves.

Ce dernier admet avoir eu un petit coup de cœur pour la pièce Tassez-vous de d’là, qui accompagnera un numéro d’acrobates masculins dans une chorégraphie mains à mains. «La pièce est très connue, je crois qu’elle est très attendue du public. C’est pourquoi elle me faisait un peu peur au début. Mais j’ai pu constater le résultat que ça donnait, et je crois qu’on va vraiment en mettre plein la vue. C’est un numéro splendide», constate Goncalves, en admettant qu’il pourrait aussi avoir d’autres coups de cœur au cours du processus, puisqu’il n’a lui-même pas encore vu la totalité du spectacle.

Pour sa part, Jean-Guy Legault est impatient de faire découvrir la pièce Dehors novembre au public. «Les gens connaissent bien l’album Dehors Novembre, mais ils ne connaissent pas toujours la pièce titre. C’est une œuvre puissante, très profonde. C’est un texte qui va très loin, qui décrit à quel point nous sommes entourés quand ça va bien, et seul quand ça va un peu moins bien. C’est d’une grande beauté», mentionne-t-il.

Jean-Guy Legault est convaincu que le spectacle touchera un public très large et ce, même s’il a animé la scène musicale pendant une courte période comparativement aux trois autres artistes à qui le Cirque a rendu hommage à ce jour.

«Les Colocs n’existent plus depuis près de 20 ans, mais la réalité c’est qu’ils n’ont jamais quitté la scène musicale du Québec. On les entend encore à la radio, leur musique est toujours actuelle et on les redemande. Les Colocs, c’est une comète qui est passée dans l’univers, et qui a laissé derrière elle une traînée de poussière d’étoile», résume Jean-Guy Legault.

Le spectacle est prévu du 18 juillet au 18 août, à raison de quatre représentations par semaine, du mercredi au samedi soir.