Elvis Crespo donnera un spectacle gratuit, le 10 août, dans le cadre du Festival international des Rythmes du monde.

Un grand coup avec Elvis Crespo

Grande nouvelle pour les amateurs de rythmes latins. Ils pourront voir l’un des maîtres du genre, Elvis Crespo, à l’occasion d’un spectacle gratuit présenté le 10 août, dans le cadre du Festival international des Rythmes du monde (FIRM). Celui qui est devenu une star grâce au succès Suavemente, visionné 80 millions de fois sur YouTube, se produira sur la grande scène aménagée près de la cathédrale de Chicoutimi.

« On essayait de l’avoir depuis quatre ans. Il a fallu expliquer en quoi consiste notre événement, rappeler que nous avons accueilli des gens comme Ky-Many Marley et Angélique Kidjo. On lui a fait la grande séduction et la décision est enfin tombée », a raconté le directeur Robert Hakim, mercredi, lors d’une rencontre de presse tenue à Chicoutimi.

En entrevue avec Le Quotidien, il a ajouté que c’est la persistance de l’organisation qui a emporté le morceau. Or, l’impact de cette signature pourrait transcender le rendez-vous du 10 août, qui suivra les apparitions de Rafaël & Energia Dominica, ainsi que de l’Italien Borrkia et de son Big Bang, sur les grandes scènes du centre-ville. « Elvis Crespo collabore avec le chanteur latin de l’heure, Daddy Yankee. Sa venue pourrait ouvrir des portes », souligne ainsi le promoteur.

En attendant, il est fier de présenter la programmation gratuite offerte du 8 au 12 août, laquelle se veut éclectique. Le premier soir, par exemple, le public pourra apprivoiser le répertoire hip-hop de Rocca, originaire de la Colombie, mais associé à la mouvance du rap français depuis les années 1990. Il sera suivi par Cynthia Harvey, Karo Laurendeau et Rob Langlois et leur Tournée Country Folk, puis par les Trois Accords, qui avaient cartonné à leur première présence au festival.

Ce jour-là, il n’était plus possible de se faufiler vers la scène dressée à l’angle des rues Racine et Bégin, tant la foule était compacte. Le groupe avait égrené un long chapelet de succès que plusieurs spectateurs entonnaient avec lui. « Ils ont battu le record d’achalandage et de vente de bière qu’avaient établi les Cowboys Fringants. À un moment donné, nous n’étions plus capables d’approvisionner les bars », mentionne Robert Hakim.

Le lendemain, la formation Afrikana Soul Sisters proposera ses hymnes mi-africains, mi-électro, en lever de rideau. Suivra Labess, un ami du festival qui, rappelons-le, a débuté modestement sur une scène miniature avant d’accéder aux grandes tribunes. Ses chansons fleurant bon le Maghreb, assorties d’une touche de flamenco et de rumba, mettront la table pour le Coco Country Band auquel deux artistes connus devraient se greffer (les noms seront dévoilés ultérieurement).

Le 11 août, par ailleurs, Monika Mesa revisitera le répertoire cubain, effleurant au passage le catalogue de formations telles Los Van Van et NG La Banda. Une atmosphère différente imprégnera le spectacle des Dead Obies, prévu pour 20 h 30. On sera dans une zone hip-hop, tandis que le Boogie Wonder Band réveillera les mânes du disco. « Ça s’inscrira dans la foulée du Freddie James Project qui, lui aussi, a fermé le festival. Ç’avait été un gros party. L’asphalte avait fendu en deux », résume Robert Hakim.

Deux nouveautés
L’édition 2018 prendra fin le 12 août, alors que la rue Racine épousera un caractère familial. Il y aura de l’animation un peu partout, ainsi que deux spectacles offerts au cours de la journée. L’un d’eux émanera de Matiu, un artiste engagé de la Côte-Nord, tandis que l’autre mettra en relief le trio El Son Sono, dont les racines musicales tracent un lien entre le Pérou et Cuba.

Cette journée constitue l’une des nouveautés de cette année, qui comporte également un changement majeur en ce qui touche les spectacles payants. Rappelons en effet que trois seront à l’affiche sur la Zone portuaire, du 2 au 4 août. Lors de cet événement parallèle baptisé La Veille du FIRM, on pourra voir Marc Dupré, Wyclef Jean et les Cowboys Fringants en succession, ces derniers étant précédés par le duo Seba et Horg.

Des passeports sont en vente depuis la fin d’avril, au coût de 37 $ l’unité, et 1000 auraient déjà trouvé preneurs, ce qui réjouit le comité organisateur. « Nous sommes rendus à la moitié et 40 % des acheteurs proviennent de l’extérieur du Saguenay-Lac-Saint-Jean », précise Robert Hakim. Histoire de creuser davantage ce sillon, le festival lancera bientôt une campagne s’adressant spécifiquement aux clientèles de Québec et de la Côte-Nord.

Le directeur réitère que les spectacles gratuits sont incontournables, dans la mesure où le FIRM entend poursuivra sa progression. Ils ajoutent des revenus qui, dans un avenir rapproché, donneront accès à des noms encore plus gros, genre Santana et Shakira. « Nous leur parlons déjà, révèle Robert Hakim. Il reste à s’arranger pour que ça “fitte”. »

Le directeur du Festival international des Rythmes du monde, Robert Hakim, a annoncé la venue du chanteur Elvis Crespo à Chicoutimi, le 10 août. Il fera partie de la programmation accessible gratuitement sur la rue Racine.

+ Un budget aussi élevé qu’en 2009

Le directeur Robert Hakim n’en fait pas mystère. Le Festival international des Rythmes du monde (FIRM) est passé bien près de fermer les livres en 2012 et 2013, ce qui rend d’autant plus agréable la situation actuelle, marquée par un assainissement des finances qui autorise le comité organisateur à se montrer plus ambitieux.

L’un des signes du retour à la santé tient au budget de l’édition 2018, qui s’élève à 1 250 000 $. « La dernière fois qu’on a atteint ce montant remonte à 2009 », indique le promoteur. Il ajoute que c’est grâce à sa nouvelle marge de manœuvre que l’événement peut tenter des expériences comme celles qui amèneront Elvis Crespo et Wyclef Jean à Chicoutimi.

Une autre conséquence heureuse se rapporte aux assistances. Désormais, le budget est confectionné avec l’idée qu’il pleuvra. Si tel est le cas, on prévoit boucler sans éponger un déficit et s’il fait beau, qu’il y a plus de gens et que les ventes de bière s’apprécient pour la peine, ça amènera plus d’argent dans les coffres du festival.

Suivant la même logique, le nombre d’entrées sur le site ne constitue plus la mesure absolue de la réussite du FIRM. Il y en a eu 155 000 l’année dernière, ce qui est loin des 210 000 entrées compilées en 2008, mais suffisamment élevé pour satisfaire le comité organisateur. « Le plus important, désormais, c’est le pourcentage de touristes », fait remarquer Robert Hakim.

Quant à la structure budgétaire du festival, elle comprend la contribution de Saguenay à hauteur de 30 %, de même que l’apport des commanditaires, qui joue autour de 650 000 $ à 700 000 $ par édition. S’y ajoutent les revenus provenant de la vente des billets et, bien sûr, de la bière, qui est tributaire de la température.

« Après 16 ans, le FIRM est encore un bébé. Il y a eu des hauts et des bas, de la pluie et de belles journées, mais le moment approche où il sera rendu à maturité », anticipe le directeur.