La cinéaste Alexa Tremblay-Francoeur amorce une résidence de quatre mois, grâce à l’appui de la bande Sonimage. Elle lui permettra de peaufiner le scénario d’un court métrage d’animation consacré à la maison Bossé, démolie en 2018 pour favoriser l’expansion du Manoir Champlain.
La cinéaste Alexa Tremblay-Francoeur amorce une résidence de quatre mois, grâce à l’appui de la bande Sonimage. Elle lui permettra de peaufiner le scénario d’un court métrage d’animation consacré à la maison Bossé, démolie en 2018 pour favoriser l’expansion du Manoir Champlain.

Un film d’animation d’Alexa Tremblay-Francoeur fera revivre la maison Bossé

Témoin impuissant de la démolition de la maison Bossé, qui faisait partie du paysage chicoutimien depuis 1870, Alexa Tremblay-Francoeur a trouvé une manière originale de la faire revivre. La jolie construction avalée par le Manoir Champlain, à l’automne 2018, formera la trame du court métrage d’animation sur lequel planche la cinéaste, de concert avec la bande Sonimage.

«J’étais là quand on l’a démolie et j’ai trouvé ça crève-coeur. Je me demandais si j’étais la seule à penser de cette manière avant de réaliser que cette affaire touchait plein de monde. Aujourd’hui encore, cette belle maison parle à beaucoup de gens», a énoncé la cinéaste au cours d’une entrevue accordée au Quotidien.

L’appui offert par la bande Sonimage prend la forme d’une résidence de quatre mois qui a commencé la semaine dernière. L’objectif consiste à préparer un scénario suffisamment étoffé pour justifier le dépôt d’une demande de financement pour la création du film. C’est à cette fin que des conseils seront prodigués par Sophie Beauparlant, l’une des ressources mises à la disposition d’Alexa Tremblay-Francoeur.

«J’ai préparé une ébauche que nous devons amener à un autre niveau, explique la Chicoutimienne. Nous nous donnons jusqu’au début d’août pour compléter la deuxième version, puis nous allons la retravailler pour que tout soit parfait et que nous puissions faire un vrai beau film.» Cette production durera six minutes et le titre provisoire est Dans nos vieilles maisons.

Vision poétique

Une partie du travail qui attend Alexa Tremblay-Francoeur découle des recherches menées dans les derniers mois, notamment à la Société historique du Saguenay. Tant de pistes prometteuses se sont profilées dans son esprit. Certaines sont liées aux gens qui ont vécu dans la maison Bossé, alors que d’autres embrassent la communauté dont elle a fait partie pendant près de 150 ans. Choisir les plus pertinentes ne constituera pas une mince affaire.

«J’ai constaté que la maison a été victime d’un incendie, qu’on a dû la reconstruire en partie, donne en exemple la cinéaste. Je trouverais ça intéressant, aussi, de montrer cette section de la rue Racine avant l’arrivée des grands commerces, quand c’était un chemin de terre et qu’à la place de la cathédrale, il y avait juste une petite église.»

La maison construite par le notaire Ovide Bossé était si charmante qu’Alexa Tremblay-Francoeur conférera au court métrage des accents poétiques. «Le dessin réalisé au pastel, ainsi qu’à l’aquarelle, sera fluide, annonce-t-elle. Je veux qu’on perçoive l’époque à travers lui et que le trait du crayon soit apparent.»

Des croquis ont été réalisés, mais comme pour le scénario, il reste plein de choses à peaufiner. C’est ce qui mobilisera l’artiste à la fin de la résidence, le moment où, pour reprendre son expression, elle pourra «rentrer dans l’art». Quand à la production du film, au rythme de 24 images/seconde, elle sera menée en solitaire pendant un an, peut-être deux.

«J’ai hâte d’arriver à cette étape, de passer dix heures par jour à dessiner chez moi. Il faut être patient, mais j’aime l’idée que ça va bouger et qu’un jour, ce sera projeté», confie Alexa Tremblay-Francoeur. Dans nos vieilles maisons sera son troisième court métrage d’animation. Il a été précédé par Le passage, de même qu’Affannato, lui aussi appuyé par la bande Sonimage.