De retour aux commandes de l’Orchestre de la Francophonie à la suite d’un congé de maladie, le directeur musical Jean-Philippe Tremblay annonce que cette formation se produira le 8 juillet, au Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Un été chargé pour l'Orchestre de la Francophonie

S’il a raté la dernière saison de l’Orchestre de la Francophonie (OF) en raison d’un problème de santé, le directeur musical Jean-Philippe Tremblay ne perd rien pour attendre. La formation qu’il a fondée en 2001 sera plus active que jamais, du 1er juin au 5 août. Outre ses activités à caractère éducatif, ce qui comprend des classes de maître et de fausses auditions, de nombreux concerts figurent à son agenda, dont un à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix.

Toujours fier d’amener ses protégés dans sa région d’origine, le chef se pointera au Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean le 8 juillet, soit 24 heures après son passage au Domaine Forget. Cette incursion dans Charlevoix lui donnera l’occasion d’interpréter la 5e Symphonie de Tchaïkovski, ainsi que le célèbre Concerto d’Aranjuez de Rodrigo, en compagnie du guitariste Pepe Romero.

D’autres sorties à Ottawa, de même qu’à la Maison symphonique de Montréal (31 juillet), coïncideront avec la visite d’un ami de l’orchestre, le violoncelliste Stéphane Tétreault. « Nous lui confierons un beau défi, soit la création d’un concerto composé par Airat Ichmouratov, une oeuvre qui dure une trentaine de minutes. Nous ferons également des pièces d’Alexandre David et de Simon Bertrand », a précisé Jean-Philippe Tremblay au cours d’une entrevue accordée au Progrès.

Deux autres concerts mèneront les musiciens à Stratford, en Ontario. Le programme épousera une facture classique, tandis que celui qui sera présenté les 13 et 14 juillet, au Monument national de Montréal, abordera un répertoire différent. L’OF a obtenu les droits sur la version française de la comédie musicale The Phantom Of The Opera, en effet. Il mettra à profit ce rare privilège en offrant une version concert appuyée par quelques solistes, dont le baryton Hugo Lapointe.

« Cet événement nous donnera la chance d’attirer des gens qui n’auraient peut-être pas fréquenté notre série principale », indique Jean-Philippe Tremblay. Et comme si ce n’était pas suffisant, il soulignera le centième anniversaire de la mort de Debussy en effectuant deux sorties centrées sur la version concert de l’opéra Pelléas et Mélisande. Après avoir participé au festival Classica de Saint-Lambert, l’OF la reprendra le 27 juillet, dans le cadre du Festival d’opéra de Québec.

Il est possible que l’oeuvre fasse l’objet d’un enregistrement, ce qui cadrerait avec les affinités artistiques de l’orchestre, qui a souvent fréquenté le répertoire français. Suivant la même logique, un autre projet pourrait se matérialiser en 2019. « Nous voulons aborder des partitions obscures de poèmes symphoniques français, des oeuvres relativement brèves, de sept ou huit minutes chacune. La plupart n’ont jamais été endisquées », note le maestro.

Lui-même parle d’une saison « assez costaude » pendant laquelle il sera appuyé par les chefs Jean-Loup Gagnon et Simon Rivard. C’est ce dernier qui, au pied levé, l’avait remplacé l’an passé. « Nous avons été chanceux qu’il soit disponible, en attendant d’amorcer son mandat de directeur musical de l’Orchestre symphonique de Thunder Bay, fait observer son camarade. En plus, Simon connaissait déjà l’OF, où il avait été chef assistant. »

Toujours en vue de la prochaine saison, les musiciens âgés de 18 à 30 ans qui désirent joindre les rangs de l’orchestre en 2018 ont jusqu’au 1er mars pour soumettre leur candidature. « Je suis touché lorsque je vois des gens qui viennent d’ici. Ça me fait plaisir », confie Jean-Philippe Tremblay, qui encourage les interprètes du Saguenay-Lac-Saint-Jean à tenter leur chance, en visitant le site Internet de la formation.

De retour en 2019 pour La Traviata

Jean-Philippe Tremblay travaillera davantage en tant que chef invité, au cours de la saison 2018-2019. Trois ou quatre engagements le conduiront en Europe, parallèlement à ses sorties en Asie et sur la côte ouest des États-Unis, ce qui se rapprochera du volume d’activité qui était le sien avant ses ennuis de santé de l’été 2017. «Je reviendrai aux deux tiers de mes capacités», anticipe le maestro, qui a profité de sa pause involontaire pour soulager des maux de dos.

Un autre rendez-vous qui figure bien haut dans sa liste de priorités est celui de l’hiver 2019 avec la Société d’art lyrique du Royaume. C’est avec enthousiasme qu’il envisage sa rencontre avec La Traviata, le prochain opéra présenté au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi. Ce projet est d’autant plus attrayant que l’organisation surfe sur une belle vague.

«Je trouve que Dominic (Boulianne) fait un travail extraordinaire. Il a réuni une distribution magnifique», affirme Jean-Philippe Tremblay, en référant à celui qui lui a succédé en tant que directeur musical. Il parle de la partition de Verdi comme d’un beau défi, lequel s’inscrit dans le prolongement du virage négocié il y a quelques années, de l’opérette vers l’opéra.

Il s’agira de sa neuvième ou dixième participation consécutive, et le fait que les productions soient toujours plus ambitieuses le remplit de fierté. Si on fait abstraction de Québec et de Montréal, en effet, c’est dans sa région que l’opéra se porte le mieux dans la province. Les assistances sont bonnes, de surcroît, ce qui ouvre la porte à d’autres projets, d’autres rêves dont il convient de soupeser les tenants et aboutissants.

«Partout sur la planète, l’art lyrique connaît une hausse de la fréquentation, par rapport à la musique d’orchestre. C’est donc le bon moment pour grossir, chez nous aussi. On pourrait envisager différentes initiatives, dont la tenue d’un deuxième opéra», estime le chef d’orchestre, toujours heureux de consacrer un mois à la production hivernale de la Société d’art lyrique du Royaume.