La pièce L’orangeraie sera présentée à trois reprises au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la semaine prochaine. Cette pièce du Chicoutimien Larry Tremblay raconte l’histoire de deux enfants dont le bonheur vole en éclats à la suite d’une attaque qui emporte leurs grands-parents. Notez que dans le cadre de cette tournée, Daniel Parent (à gauche) a été remplacé par Jean-François Casabonne.

Un drame cruellement actuel

Claude Poissant et Larry Tremblay ont scellé leur cinquième collaboration en 2016, lors de la création de la pièce L’orangeraie. Après avoir fait des merveilles avec Le ventriloque, Abraham Lincoln va au théâtre, Grande écoute et la reprise du Dragonfly of Chicoutimi, le metteur en scène et le dramaturge ont uni leurs talents afin d’adapter le roman du même nom, dont la résonnance est illustrée par l’existence de 15 traductions à ce jour.

Ce qui a rendu ce projet différent des précédents, c’est le fait qu’il ne s’agissait pas d’une pièce à l’origine. La première fois que le Chicoutimien a joint son camarade au téléphone, à propos de L’orangeraie, c’était justement pour lui demander de signer l’adaptation théâtrale, une proposition que Claude Poissant a refusée. Il savait que la meilleure personne pour s’acquitter de cette mission était l’auteur lui-même.

«La version créée par Larry est proche de l’univers du roman, l’un des rares ajouts tenant à des extraits d’une pièce sur laquelle travaille l’un des personnages. Ils ont été intégrés à la fin», a précisé Claude Poissant jeudi, lors d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès. Produit par le Théâtre Denise-Pelletier, dont il assure la direction artistique, ainsi que le Théâtre du Trident, ce spectacle porte une parole d’autant plus importante qu’elle est cruellement actuelle.

«La pièce a une portée universelle, et comme on ne précise pas dans quel pays l’action se déroule, elle prend la forme d’un conte», affirme le metteur en scène. Rappelons que L’orangeraie montre comment le destin d’Amed et Aziz, des jumeaux âgés de 9 ans, a basculé lorsqu’un obus a emporté leurs grands-parents. Puisqu’il fallait venger cet affront, l’un d’eux a été appelé à se sacrifier, ce qui ne signifie pas que l’autre s’est tiré indemne de cette affaire.

Le spectacle, qui sera à l’affiche les 15, 16 et 17 mars, à la salle Desjardins-Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini, à la salle Michel-Côté d’Alma et à la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière (où tous les billets ont été vendus), illustre comment la guerre bousille des vies, y compris celle des enfants. Bien que ce soit une oeuvre de fiction, il suffit de suivre le conflit en Syrie, ou celui qui déchire le Yémen, pour lui trouver de troublants accents de vérité.

Distribution renouvelée

Avant de partir en tournée, les comédiens ont accueilli quelques recrues. C’est ainsi que Vincent Guillaume-Otis a été remplacé par Éric Paulhus dans le rôle du professeur et que le grand-père est désormais incarné par Jean-François Casabonne, plutôt que Daniel Parent. On note également que le père épouse les traits d’Ariel Ifergan, qui faisait déjà partie de la distribution.

«Il est agréable d’avoir de nouveaux interprètes, deux ans après la création de la pièce. Ça change la dynamique et ça permet à un gars comme Éric, par exemple, de relever le défi consistant à camper le professeur avec sa tête d’éternel adolescent. De mon côté, j’ai changé de petites affaires. Quelques répliques ont été coupées», rapporte Claude Poissant.

Il reste à voir si L’orangeraie reprendra la route en 2019. Dans l’intervalle, un nouveau texte de Larry Tremblay a été soumis au metteur en scène. «J’ai lu la pièce, mais avant de livrer une réponse définitive, je devrai la lire trois ou quatre fois. Je suis sûr, toutefois, que nous poursuivrons notre collaboration», souligne Claude Poissant qui, dans le meilleur des cas, montera cette oeuvre pendant la saison 2019-2020.