Un dernier sprint

Le cycle associé à l’album Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent tire à sa fin. Samuele s’accordera une pause de six mois au début de 2019, un passage obligé après trois années passées en studio, sur la route et dans les aéroports, vu que sa carrière est de plus en plus florissante en Europe. Bien qu’il serait tentant de continuer à faire tourner la machine, la sagesse commande de ralentir le rythme, estime la chanteuse.

« Je vis un beau problème. C’est excitant, tout ce qui m’arrive, mais il faut que j’arrête. C’est nécessaire parce que ma santé mentale est en jeu. J’ai 32 ans, pas 20. Ça me prend plus de temps pour récupérer, alors que mon but dans la vie, c’est d’être bien, pas de devenir riche ou célèbre », a-t-elle mentionné mardi, lors d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

L’un des avantages découlant de sa décision se rapporte aux spectacles figurant à son agenda, une liste qui comprend ceux qui se dérouleront les 24 et 25 août, au Bistro de l’Anse de L’Anse-Saint-Jean, ainsi qu’au Café du clocher d’Alma, et celui du 10 novembre au Côté-Cour de Jonquière. Réalisant que la pause approche, l’artiste y voit des moments privilégiés, au lieu de se sentir engagée sur une route sans fin.

« Je vais en profiter au maximum, alors que si je n’avais pas ce “break”, ce serait moins l’fun de donner les derniers spectacles de la tournée », confie Samuele. Cette semaine, elle se produira en duo, accompagnée par le contrebassiste Alex Pépin, tandis que le public du Côté-Cour aura droit à la formule « full band ». Le groupe sera alors complété par la guitariste Julie Miron, de même que le batteur Jean-Sébastien Brault-Labbé.

Puisqu’elle s’accordera une pause de six mois à la fin de l’année, Samuele apprécie encore plus les spectacles qui figurent à son agenda. Trois d’entre eux auront lieu au Saguenay-Lac-Saint-Jean, soit à L’Anse-Saint-Jean, Alma et Jonquière.

Malgré la sortie d’un EP le 2 septembre, lequel renferme quatre chansons, le contenu bougera peu. L’artiste précise que trois titres, Le goût de rien, Le matin et Résiste, font déjà partie de son spectacle. Seule Dis-moi, la pièce qui donne son titre au disque, constitue une nouveauté. « Par contre, les versions sont différentes », énonce-t-elle.

Puisqu’il est question d’albums, ajoutons que Samuele sortira Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent en format vinyle. Ce sera chose faite dans quelques semaines et pour le même prix, ses fans pourront télécharger ses compositions gratuitement, y compris celles figurant sur le EP. Cet ajout au catalogue lui tient particulièrement à cœur.

« Il s’agit d’un rêve pour moi, puisque j’ai hérité de la collection de disques de mes parents après l’avoir beaucoup fréquentée. J’aime le rituel associé à l’écoute d’un vinyle. J’accorde une valeur différente à ce support et le mien sera rose, ce qui s’harmonise avec les couleurs de la pochette. C’est beau », fait remarquer la chanteuse.

À propos de l’Europe, enfin, elle constate que l’attribution du prix Coup de cœur par l’Académie Charles-Cros, en mars dernier, a provoqué un surcroît d’intérêt. « Ça m’a aidée à avoir une équipe là-bas, en plus de celle du Québec. Un peu comme le fait de gagner à Granby (au Festival international de la chanson), ça donne de la crédibilité », constate Samuele.

Après avoir fait quelques festivals en France au cours de l’été, elle retournera en Europe en octobre. L’une des escales les plus significatives sera celle qui la conduira à Paris, puisqu’il s’agira de sa première apparition dans cette ville. « Le public européen apprécie davantage les textes que chez nous. Il aime aussi le côté exotique associé aux artistes du Québec. Les gens comprennent ce que je chante, mais pas tout ce que je dis », rapporte l’artiste d’un ton enjoué.