L’artiste André Bouchard était au Saguenay, mercredi, pour présenter sa toile La marche des Dieux, qui partira pour le Mexique le mois prochain.

Un coup de pinceau pour l’environnement

L’artiste et militant environnemental originaire d'Alma André Bouchard était de passage à Chicoutimi, mercredi, pour présenter La marche des Dieux, une œuvre qui prendra la direction du Mexique le 10 mars.

Tout a commencé le 4 janvier 2019, lorsqu’un jeune homme s’est présenté à la galerie d’art de M. Bouchard, cherchant un tableau pour son père. C’est celui-ci qui, après avoir reçu une première œuvre d’André Bouchard, en a commandé deux autres : une première, qu’il a obtenue au cours de l’an dernier, et La marche des Dieux, qu’il recevra dans quelques semaines.

André Bouchard explique qu’il était important pour lui d’exposer sa toile dans la région. « J’aime le Saguenay et je voulais présenter le tableau aux gens du Saguenay », raconte-t-il.

Ce passage ne sera pas le seul voyage effectué par l’artiste. Il se rendra lui aussi au Mexique afin de terminer son tableau. « Je vais ajouter de l’épaisseur, ce que je ne peux pas faire en ce moment puisque je dois rouler la toile pour le transport. »

Hymne à la terre

André Bouchard n’hésite pas à qualifier sa toile d’« hymne à la Terre, Gaïa ». Il appelle à une prise de conscience sociale par rapport à l’environnement. Il affirme en avoir assez du « discours industriel ». « On doit prendre conscience que Gaïa, c’est plus important que les humains. J’entends toujours le même discours industriel. Mais si on ne change pas, c’est fini ! Je trouve ça dur de voir les disparitions des animaux aujourd’hui. Jamais je n’aurais pensé voir ça ! Je ne suis pas inquiet de la Terre, parce qu’elle va s’en remettre. Je suis inquiet de nous. »

M. Bouchard rappelle que, depuis quelques années, beaucoup de scientifiques sonnent l’alarme et avisent que la sixième extinction de masse est à nos portes, citant une « annihilation biologique » causée par l’activité humaine. « Ce n’est pas normal », martèle-t-il.

André Bouchard voit La marche des Dieux comme une continuité à cette peinture représentant un petit béluga, une espèce menacée qu’il a intégrée aussi à son nouveau tableau.

Pour symboliser ce cri d’alerte, André Bouchard a peint un petit béluga, difficile à voir. « C’est pour symboliser leur disparition, indique-t-il. Il y a aussi trois loups qui hurlent, hurlent pour une prise de conscience. »

Il ajoute avoir également dessiné des orignaux, par respect pour l’animal, après avoir lu sur le gaspillage alimentaire derrière la viande de bois.

« Ce tableau, c’est l’infiniment petit qui côtoie l’infiniment grand. Il y a une unité aussi, parce qu’on n’est qu’un avec la planète. »

Pour M. Bouchard, le message à retenir est d’« aimer la Terre comme soi-même ». Ainsi, la toile d’André Bouchard est emblématique d’une forme de réconciliation. « Il faut apprendre à aimer toutes les formes de vie, parce qu’elles sont toutes nécessaires. »

Soutien aux autochtones

André Bouchard n’hésite pas à responsabiliser les dirigeants face à la crise ferroviaire actuelle au Canada. « Les Autochtones font leur job, parce que nous, on ne respecte personne. Les projets de pipeline, de GNL, ça me scandalise ! J’ai honte des dirigeants qui nous servent toujours la même rhétorique. Ils disent toujours que ce n’est jamais le bon moment pour la transition, plutôt que d’agir maintenant. Notre discours n’est pas écouté ; il est ridiculisé. »