Dirigés par Guy Bélanger, les membres du Choeur Amadeus et du Choeur de Québec ont livré une interprétation émouvante de L’homme armé-La messe pour la paix, vendredi soir, en l’église Saint-Mathias d’Arvida.

Un concert dont on ne sort pas indemne

Hier Guernica, les camps nazis, le Vietnam et le Moyen-Orient. Aujourd’hui l’Afghanistan, le Soudan et toujours, le Moyen-Orient.

La guerre que tant d’hommes ont célébrée, l’Anglais Karl Jenkins en a montré le vrai visage dans une oeuvre puissante, dérangeante, L’homme armé-Messe pour la paix. Interprétée vendredi soir, en l’église Saint-Mathias d’Arvida, elle a amené des formations célébrant leurs 75 et leurs 50 ans, le Choeur Amadeus et le Choeur de Québec, à livrer une performance dont nul n’est sorti indemne.

Juste de voir la foule, impressionnante, ainsi que la centaine de choristes regroupés devant l’orchestre et le chef Guy Bélanger, laissait entrevoir que ce concert ne serait pas ordinaire, une impression renforcée par le président d’honneur, Mgr André Rivest. « En cette période tourmentée, ce qu’il y a dans nos coeurs, c’est un désir de paix », a-t-il énoncé.

Le ton était donné pour 65 minutes pendant lesquelles la folie du dernier siècle a enveloppé l’église, un concentré de tous les conflits qui ont montré à quel point il est mince, le vernis de civilisation protégeant l’humanité de la barbarie. Le tout a débuté par un roulement de tambour, puis un thème ancien, L’homme armé, chanté devant un écran où défilaient des portraits de Staline.

Tandis que les percussions se faisaient martiales, les voix d’hommes et de femmes ont exécuté un chant d’une précision d’orfèvre, tant elles étaient savamment mêlées. Le cercle de la violence s’est refermé peu après, dans la partie intitulée Save Me From Bloody Men. Percussions rageuses. Chant de fin du monde. D’aucuns ont sursauté au début de cette séquence dont la sauvagerie s’est communiquée au Sanctus, le chapitre suivant, qu’un cliquetis obsédant a rendu encore plus sinistre.

La guerre a déroulé son tapis de misère, puis l’espoir est apparu, timidement, ensuite avec éclat, jusqu’à la finale où le chant soyeux s’est mué en prière. Les interprètes ayant été à la hauteur des ambitions de Jenkins, de sa foi en l’âme humaine, leurs efforts furent salués avec chaleur, des cris se mêlant aux applaudissements, fort mérités.

Le plus beau est qu’ils remettront ça dimanche à 19 h 30, cette fois en l’église Saint-Charles-Garnier de Sillery.