Félix Dufour-Laperrière présentera son nouveau film, «Ville Neuve», dans le cadre de la Mostra de Venise. Il a été intégré à la section Venise Days, laquelle regroupe une douzaine de productions.

Un cinéaste d'ici à la Mostra de Venise

La première mondiale de «Ville Neuve», un long métrage d’animation créé par le cinéaste Félix Dufour-Laperrière, aura lieu dans le cadre de la Mostra de Venise. Cette oeuvre portée par L’Unité Centrale, FunFilm et UDI-Urban Distribution International, que les cinéphiles québécois découvriront au début de 2018, compte en effet parmi les 12 titres intégrés dans la section Venice Days, laquelle regroupe des films indépendants au caractère novateur.

«J’ai appris la nouvelle il y a deux mois et j’ai trouvé ça difficile de tenir ma langue jusqu’au dévoilement. Je suis ravi. C’est inespéré pour un réalisateur qui vient de compléter son premier long métrage d’animation. Il y avait eu 1000 soumissions», a souligné le réalisateur originaire de Chicoutimi, mardi, à l’occasion d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

Le long métrage «Ville Neuve» a été créé par une équipe d’animateurs entièrement québécoise, ce qui fait la fierté du réalisateur Félix Dufour-Laperrière.

Il se trouvait en France, plus précisément à Vendôme, à la faveur d’une résidence de création amorcée il y a deux semaines. C’est juste avant son départ que Félix Dufour-Laperrière a approuvé la copie finale de Ville Neuve, celle qui sera projetée dans la cité des doges, dont le festival est présenté du 29 août au 8 septembre. Ainsi a pris fin une aventure un peu folle amorcée il y a plus de quatre ans.

«J’ai été formé en animation, et c’est un médium que j’affectionne parce qu’il s’agit d’un puissant véhicule. On conçoit un espace où les paroles et les personnes peuvent prendre toute la place. C’est long à faire, mais ça donne la chance de créer un univers», fait valoir le cinéaste. Écrit de sa main, le scénario a été inspiré d’un roman de Ray Carver dans lequel un homme invite son ex-femme à le rejoindre dans une maison qu’on vient de lui prêter.

L’histoire racontée dans «Ville Neuve» est celle d’un homme qui invite son ex-femme à le rejoindre dans une résidence nichée sur la côte gaspésienne.

Dans Ville Neuve, cette rencontre se déroule sur la côte gaspésienne, pendant la campagne référendaire de 1995. Les deux événements semblent se déployer en parallèle, mais il existe un lien, une résonnance à travers laquelle s’expriment les convictions de Félix Dufour-Laperrière. «J’ai voulu me donner un espace où on ne s’arrêterait pas à la défaite du camp du oui, où on n’y verrait pas une fin définitive», énonce-t-il.

Ce projet a pris forme dans la solitude, le réalisateur ayant pris 18 mois pour cerner la facture visuelle de l’oeuvre. Il a produit des dessins en noir et blanc que lui-même qualifie de minimalistes. Puis est arrivée la phase de production, portée par une équipe formée d’une trentaine de personnes. L’un de ses défis fut de préserver la cohérence des personnages, d’éviter qu’en passant d’une main à l’autre, ils ne subissent une transformation extrême.

«Quand j’ai rencontré le sélectionneur de la Mostra, il m’a dit que la facture atypique de Ville Neuve l’avait surpris. C’était un coup de dés que de soumettre notre candidature à ce festival. Maintenant que nous avons été choisis, j’apprécie le fait que le film sera présenté à un public adulte dans le contexte d’un festival généraliste. Ça va nous aider à obtenir des invitations ailleurs», estime Félix Dufour-Laperrière.

Lui-même sera présent à Venise avec des membres de l’équipe. Fier du travail accompli par le groupe, il planche déjà sur d’autres projets, dont le long métrage d’animation Archipel. «Il s’agit d’un faux documentaire portant sur de fausses îles du fleuve Saint-Laurent. C’est un film exploratoire qui se trouve à l’étape de la préproduction. Nous serons six à travailler dessus pendant deux ans», précise le cinéaste.

À feu plus doux, il planche sur un autre long métrage d’animation, une fable sur la violence politique intitulée La mort n’existe pas.