L’ambulance d’Agnie et Karôl, les personnages imaginés par Vicky Côté, a sillonné le Saguenay, au cours de la période estivale.
L’ambulance d’Agnie et Karôl, les personnages imaginés par Vicky Côté, a sillonné le Saguenay, au cours de la période estivale.

Un bilan estival positif pour le Théâtre à Bout Portant

Anne-Marie Gravel
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien
Malgré la COVID-19 qui a complètement bousillé ses plans, le Théâtre à Bout Portant dresse un bilan positif de sa saison estivale. Sortie de secours, un spectacle ambulant, a pu être présenté à 21 reprises dans la région, et ce n’est pas fini.

Vicky Côté, directrice générale et artistique du théâtre, a fait preuve de résilience, au printemps dernier. Forcée de reporter un projet important pour sa compagnie, elle s’est retroussé les manches et a cherché un moyen de rester active.

« Quand la Santé publique a permis les spectacles avec 50 spectateurs en respectant les normes sanitaires, j’ai tout de suite vu la possibilité d’adapter Sortie de secours. Les personnages sont deux ambulanciers. On pouvait porter les visières sans que ça nuise au spectacle. On pouvait même l’utiliser de façon comique et des spectacles “coronacompatibles”, il n’y en a pas tant que ça. »

Sortie de secours en était à son troisième été de représentations.

En 2018, la pièce a été présentée 31 fois. Du nombre, 21 représentations avaient été données dans la région, dont huit à Saguenay. En 2019, 35 représentations de la pièce ont été offertes, dont 12 à Saguenay. En 2020, la production a été présentée à 21 reprises dans la région, dont 19 fois à Saguenay. Au total, 680 spectateurs ont pu assister au spectacle, en respectant un nombre maximal de 50 personnes chaque fois.

« Rapidement, on a eu des propositions du côté de Montréal, mais notre désir était de rester dans la région, souligne Vicky Côté. Au final, 21 représentations, c’est quand même beaucoup, surtout pour un été où, au départ, il ne devait rien se passer. Ç’a été très prolifique et de nouvelles dates se sont ajoutées. C’est un mélange de prestations dans les centres-villes, dans les parcs, mais aussi chez les gens, dans les quartiers. »

Le fait d’avoir enclenché rapidement le processus a également permis au théâtre de présenter sa pièce au cours des vacances de la construction.

« On a vu beaucoup de touristes. On ne pouvait pas trop annoncer les représentations, puisqu’il ne fallait pas excéder la limite de personnes. On jouait devant les gens sur place et ceux qui avaient vu qu’il y aurait une représentation sur les médias sociaux peu de temps avant. »

Pour s’assurer du bon déroulement des représentations, Pôline (Christine Rivest-Hénault), un troisième personnage, a accompagné les deux ambulanciers loufoques, Agnie (Vicky Côté) et Karôl (Bruno Paradis), durant tout l’été.

« Étant donné que nos personnages sont des ambulanciers, on nommait dès le départ notre protocole, mais personne ne savait si les gens respecteraient les consignes sanitaires. On a décidé d’intégrer un autre personnage afin de s’assurer que les spectateurs respectent les règles. On disait que c’était notre stagiaire. Elle se promenait entre les gens. Au final, les gens ont été extrêmement collaborateurs. »

Quelques dates sont encore à prévoir pour les prochains jours. Vicky Côté tente tout de même de prévoir l’imprévisible en élaborant son horaire des prochains mois.

La migration des peuples, sa nouvelle production, qui devait être présentée au printemps, a été reportée en novembre. À quelques semaines de la date, la créatrice ne voit pas comment le projet pourrait prendre forme.

« Les choses n’ont pas beaucoup évolué. C’est difficile de penser réunir cinq comédiens sur scène. C’est beaucoup de risques et d’incertitude. Peut-être que pour cette production, on va attendre que la planète aille mieux. Ça va permettre aux créateurs et aux spectateurs de vivre une plus belle expérience en sécurité. Il y a beaucoup d’échanges avec le public dans ce projet. Ce serait désolant de voir tout le projet réduit. On se concentre sur autre chose. »

La directrice du Théâtre à Bout Portant songe notamment présenter à nouveau Strict minimum, un solo qui l’a menée en Espagne et en France, l’automne dernier.

Elle travaille également sur un projet réunissant plusieurs artistes et compagnies de théâtre qui devrait voir le jour en septembre et octobre.

« C’est sûr que ce n’est pas une situation facile. Je mentirais si je disais le contraire. Mais il faut relever nos manches et regarder vers l’avant. On travaille en amont sur les prochains spectacles, ce n’est pas du travail perdu. »