La conseillère municipale de Saguenay, Sylvie Gaudreault, ainsi que la compagne de Pierre Dumont, Odette Bergeron, ont participé à une cérémonie tenue mercredi, à la bibliothèque de Jonquière, dans le but d'officialiser l'intégration de deux tableaux créés par cet artiste décédé en 2011.

Un bel hommage rendu à Pierre Dumont

Il est rare de voir des oeuvres d'art aussi étroitement maillées à un bâtiment public, un phénomène d'autant plus étonnant que dans le cas qui nous occupe, celui de deux tableaux de Pierre Dumont intitulés Les Rangements, l'étape de la création a précédé celle de la construction. C'est pourtant ce qu'on a pu constater mercredi, alors qu'une brève cérémonie a officialisé la présence permanente de l'artiste au sein de la bibliothèque municipale de Jonquière.
Six années se sont écoulées depuis le décès de cet homme qui fut aussi un musicien audacieux, en même temps que le fondateur de plusieurs institutions culturelles. Comme l'a mentionné la conseillère municipale Sylvie Gaudreault lors de son allocution, il était naturel que sa mémoire soit perpétuée dans ce lieu. « Ça me touche qu'on ait placé les oeuvres entre deux fenêtres donnant sur le mont Jacob », a-t-elle mentionné.
L'allusion au Centre national d'exposition, ainsi qu'à la Salle Pierrette-Gaudreault, était transparente. On y a montré ses tableaux et présenté d'innombrables spectacles dans le cadre du Festival des musiques de création, dont il fut l'âme pendant si longtemps. Ajoutons que la bibliothèque se trouve à deux pas du Côté-Cour, autre repaire des festivaliers, et que Pierre Dumont a joué à la Place Nikitoutagan, ce bel espace malheureusement remplacé par la salle du même nom.
Odette Bergeron, qui fut sa complice dans le cadre de tant de projets, a participé à la sélection des tableaux. On la sentait émue, elle aussi, à l'idée qu'une bibliothèque porte la trace de son compagnon parti cruellement tôt. « Pierre aurait été fier que ses oeuvres soient vues dans ce lieu magnifique, fréquenté par des gens qui cherchent l'inspiration. Merci à ceux qui savent rêver encore », a-t-elle énoncé.
Le lien entre les tableaux et la bibliothèque est facile à tracer, puisque chacun d'eux laisse voir des lettres semblables à des caractères d'imprimerie. Faits de matériaux recyclés, jumelés à des motifs peints à l'huile, ils illustrent l'un des traits distinctifs de l'artiste, pour qui même le matériau le plus modeste méritait considération.
Il laissait également planer une part de mystère dans ses oeuvres, ouvertes à diverses interprétations. Ainsi remarque-t-on des motifs émergeant du fond du tableau, faisant penser aux traces que laissent les fossiles sur une roche. On songe aussi à la terre jonquiéroise, celle que les colons ont défrichée, puis cultivée, peut-être même dans le voisinage. Toutes les hypothèses sont désormais valides, maintenant que l'esprit de Pierre Dumont rayonne à l'intérieur de la bibliothèque.