En attendant de projeter des images sur un bâtiment de la rue Racine, à Chicoutimi, l’artiste Paolo Almario peaufine le projet Cubos dans un atelier mis à sa disposition par le centre BANG.

Un bâtiment de Chicoutimi transfiguré grâce à REGARD

L’un des bâtiments les plus drabes du centre-ville de Chicoutimi, celui qui accueille la succursale de la SAQ située sur la rue Racine, sera transfiguré grâce à une création de l’artiste Paolo Almario. Pendant le festival REGARD sur le court métrage au Saguenay, soit du 14 au 18 mars, une expérience de mapping architectural sera menée, laquelle aura pour particularité de posséder un caractère interactif.

Le projet se nomme Cubos, et justement, ce sont des centaines, des milliers de petits cubes, qui envelopperont l’édifice. Ils proviendront d’un vidéoprojecteur jumelé à un puissant ordinateur, des équipements qui seront installés dans une chambre de l’hôtel Chicoutimi. Les gens seront invités à s’y rendre pour modifier l’image que verront les passants, la même qui sera diffusée dans la pièce. Pour ce faire, ils n’auront qu’à produire de la lumière.

« Même celle que génère un téléphone cellulaire suffira. Si on la dirige vers la caméra, ça va influer sur l’image », explique Paolo Almario, en effectuant une démonstration dans le local du centre BANG qui lui tient lieu d’atelier. Sur les murs, on voit danser les cubes. La jolie trame bouge, s’étire et se contracte avec élégance. C’est déjà beau en format réduit. On peut donc imaginer ce que donnera cette expérience lorsqu’elle se déploiera à l’extérieur.

« Ce sera bien de travailler sur une surface blanche comme celle de l’édifice de la SAQ. Nous allons l’habiller en vertu d’un concept qui possède une dimension poétique. Le Corbusier disait que le rôle d’un architecte consiste à moduler la lumière, en effet, ce qui correspond à l’intention derrière ce projet », fait observer l’artiste originaire de la Colombie, installé au Saguenay depuis 2011.

Il n’est pas le premier à projeter des images sur des bâtiments, tant s’en faut. On n’a qu’à penser à Robert Lepage et à son Moulin à images, ou encore à Cité Mémoire, qui raconte l’histoire de Montréal au Champ-de-Mars. L’élément distinctif réside plutôt dans la possibilité, pour tout un chacun, de modifier la trame émanant du vidéoprojecteur.

« Mon objectif avec les cubes est d’amener les gens à modifier leur perception de l’espace en jouant sur la lumière. »

Paolo Almario

Pour y arriver, Paolo Almario a planché plusieurs mois dans son atelier, à la demande du centre BANG. Le travail était avancé lorsque la Société de développement des entreprises culturelles a confirmé, en décembre, qu’elle appuierait cette initiative. Il ne reste plus qu’à attendre le début du festival pour voir comment le public réagira.

« Mon objectif avec les cubes est d’amener les gens à modifier leur perception de l’espace en jouant sur la lumière, énonce-t-il. Ceux qui le feront n’auront qu’à regarder à travers la fenêtre de la chambre pour découvrir ce que ça donnera, et j’espère qu’il y aura de nombreux participants. Dehors, les projections cesseront à 23 h, mais à l’intérieur, elles se prolongeront pendant une partie de la nuit. »