Un an après avoir accueilli Yves Lambert, le Sous-Bois est entré en dormance, ce qui crée un vide dans le paysage culturel de Saguenay.

Un automne sans le Sous-Bois

CHRONIQUE / La photographie qui accompagne ce texte a été captée le 14 octobre 2016, il y a exactement un an. C’était au deuxième jour de l’Oktober Folk Fest, un événement organisé par l’équipe du Sous-Bois. Cette manifestation avait pris suffisamment d’ampleur pour justifier la présence d’Yves Lambert dans la petite salle du centre-ville de Chicoutimi.

D’autres activités avaient eu lieu, dont un spectacle de Colin Moore, ce qui témoignait de l’attrait exercé par ce festival, autant que de la place qu’occupait le diffuseur spécialisé dans la musique alternative. Après avoir fait la preuve que le rock pouvait vivre dans une salle comprenant une centaine de places seulement, ses responsables se sentaient pousser des ailes.

Un an plus tard, pourtant, leurs rêves sont entrés en dormance. Le public était resté fidèle, mais justement, l’espace manquait pour passer à l’étape suivante. Le bail n’a pas été renouvelé et un projet de déménagement a germé, qui ne s’est pas encore concrétisé. En attendant la suite des choses, un constat s’impose : un vide s’est créé dans le paysage culturel de Saguenay.

Tant mieux s’il s’agit d’une absence temporaire, mais qui peut le garantir ? On frémit en songeant à un événement comme l’Oktober Folk Fest qui a quitté inopinément, comme disent les informaticiens. Idem pour les spectacles réguliers qui, rappelons-le, attiraient une clientèle jeune et allumée dans une ville dont la moyenne d’âge augmente à vue d’oeil.

On parle beaucoup de développement économique dans le cadre de la campagne électorale, mais à une époque où toutes les communautés cherchent à garder leurs jeunes, le sort d’une institution comme le Sous-Bois mériterait au moins une pensée, voire un engagement. Ça ne générerait pas des tonnes de votes, mais la génération montante réaliserait que dans cette ville, elle n’est pas perçue comme un corps étranger.