En plus des publications nombreuses qu’elle fait paraître cet automne, la maison d’édition La Peuplade se voit largement récompensée par le milieu littéraire, tout en faisant une offensive en Europe. La cofondarice, Mylène Bouchard, est ici en compagnie de Paul Kawczak, éditeur.

Un automne chargé pour La Peuplade

La rentrée littéraire 2018 s’avère féconde pour la maison d’édition basée sur la rue Racine, à Chicoutimi. Fondée en 2006 par Mylène Bouchard et Simon Philippe Turcot, La Peuplade s’est taillé une place de choix dans le filon de la littérature québécoise et foisonne désormais côté traductions. En plus d’une percée du marché européen et des trois prix littéraires que ses auteurs ont reçus au dernier Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean (SLSLSJ), la boîte littéraire voit son émancipation aller à la rencontre de ses ambitions.

Rencontrés dans leur chef-lieu du centre-ville, Mylène Bouchard, cofondatrice et directrice littéraire, et Paul Kawczak, éditeur, rayonnaient d’enthousiasme, à la fois en raison de la qualité des titres parus cet automne, mais aussi, vraisemblablement, du succès de l’aventure humaine démarrée sur les berges du fjord il y a douze ans. « On était ambitieux, oui, et il faut croire que notre manière de faire des choix et d’innover dans le milieu nous a souri », avoue Mylène Bouchard, affirmation qu’aurait sans doute confirmée le directeur général, Simon Philippe Turcot, retenu en Europe pour le développement des marchés.

Parmi ces décisions, celle d’entretenir une relation solide avec plusieurs auteurs – nombre d’entre eux ayant publié à plusieurs reprises chez La Peuplade – y est probablement pour quelque chose. C’est le cas de Daniel Canty, dont La société des grands fonds est disponible cet automne, de Dimitri Nasrallah avec Les Bleed, un deuxième ouvrage à La Peuplade, de Laurance Ouellet Tremblay (Henri de ses décors, lauréate 2018 du SLSLSJ) et de Marie-Andrée Gill, dont le troisième recueil, Chauffer le dehors, paraîtra en 2019. « On a grandi ensemble, soutenu leur émancipation, au point qu’on ne parle plus vraiment de relation avec nos auteurs, mais de filiation », précise la cofondatrice.

La Peuplade déploie, pour l’automne, un amalgame de publications qui s’avèrent prometteuses. ­

L’éditeur Paul Kawczak ajoute qu’il s’agit davantage de « parcours », qui, pour plusieurs – pensons à Frédérick Lavoie, Christian Guay-Poliquin ou Juliana Léveillé-Trudel –, sont rapidement devenus internationaux. Effectivement, les mentions qu’accumulent les créateurs qui font partie de l’équipe de La Peuplade ont de quoi faire rougir. Prix littéraire du Gouverneur général, Prix des libraires et autres mentions d’honneur du milieu des lettres confirment que la mission que s’est donnée le duo saguenéen est accomplie avec brio.

Coups de coeur

Parmi les nouveautés de la rentrée, Expo habitat, premier recueil de la prometteuse Marie-Hélène Voyer, se démarque par sa maturité initiale et son aspect percutant. « C’est un gros coup de coeur, un périple à travers les souvenirs de l’enfance dans des lieux évocateurs avec une langue poétique », affirme Mylène Bouchard, immédiatement secondée par Paul Kawczak, ce dernier affirmant avoir perçu dans l’ouvrage une sublime dichotomie entre la ville et la campagne.

Le lauréat 2016 du Prix de poésie Radio-Canada, Charles Sagalane, poursuit sa lignée de recueils poétiques épicuriens avec 96 Bric-à-brac au bord du Lac, cette fois avec une réflexion sur l’encombrement et les objets. « Le quotidien marquant qui est poétisé par Charles vaut à lui seul le détour », confie Mylène Bouchard, dont le dernier roman, L’imparfaite amitié, a aussi séduit la critique.

L’année 2019 n’est pas encore commencée que d’importants ouvrages s’annoncent. « Le second roman de Juliana Léveillé-Trudel (qui avait offert Nirliit) est à paraître à l’hiver, tout comme un recueil de poésie de Larry Tremblay s’intitulant L’oeil soldat, fort attendu », finalise la coéditrice.

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UNE LITTÉRATURE SANS FRONTIÈRES

Le territoire, leitmotiv présent dans la lignée éditoriale de La Peuplade, s’est largement ouvert au cours des dernières années, principalement du côté de la Scandinavie. Si les frontières s’avèrent désormais infinies pour la maison d’édition, une certaine identité nordique s’est forgée de par ses collaborations avec les auteurs groenlandais, islandais et finlandais.

« Peut-être est-ce la nordicité que nous avons en commun qui tisse un pont naturel avec ces écrits. Nos paysages sont semblables, et, chose certaine, nos lecteurs apprécient énormément ce créneau », s’enthousiasme Mylène Bouchard, avouant du même coup que la collaboration hyper féconde avec les pays nordiques perdurera. 

À cet effet, La Peuplade a mis la main sur un manuscrit de l’auteure multidisciplinaire finlandaise Tove Jansonn, à qui l’on doit, notamment, les livres pour enfants Les Moumines. Fair-Play fera son chemin en librairie à l’hiver, tout comme le second roman de Gyroir Elíasson, Au bord de la Sandà.