Karo Laurendeau est fière de son nouvel album, La fureur de vivre, qui sera lancé le 29 août. Il regroupe des chansons country qui témoignent de l’évolution du genre.

Un album intime

Bien qu’elle chante depuis l’âge de 14 ans, ayant fait ses débuts aux côtés de son père Jacques, un pionnier de la musique country en Estrie, Karo Laurendeau n’a jamais sorti un album comme La fureur de vivre. Le ton est plus personnel, très proche de ses racines, et pour que les choses soient faites à son goût, l’artiste a étalé ce projet sur deux ans.

« Je voulais être fière de cet enregistrement et c’est pourquoi j’ai tout donné. Il reflète la passion qui m’anime, mon authenticité et mon amour pour le country. Je tenais également à ce que le son soit actuel, mais sans dénaturer ce que je suis, et c’était aussi l’objectif de Rob Langlois, responsable de la réalisation. Il a également collaboré à l’écriture de plusieurs pièces », a décrit la chanteuse au cours d’une entrevue accordée au Progrès.

Rob Langlois lui a donné l’espace nécessaire pour trouver sa voix. Parfois, c’est lui qui produisait le texte ; elle, la musique. Parfois, c’était l’inverse. Il a aussi proposé des choses qui ont bien fonctionné, comme la reprise d’un titre de Daniel Lanois, Under A Stormy Sky. Ses accents cajuns se moulent harmonieusement à l’environnement country dans lequel il a été inséré.

Une autre signature familière, celle de Paul Daraîche, se profile sous le titre J’ai beau chercher. Cette composition originale est assimilée à un cadeau par Karo Laurendeau, qui a bien hâte de l’interpréter le 1er septembre, sur la Zone portuaire de Chicoutimi. Elle fera la première partie de La Caravane Country, un projet auquel est associé le Gaspésien.

Toujours sur la Zone portuaire, mais à côté du vieux hangar, la chanteuse procédera au lancement de son disque à la faveur d’un 5 à 7, le 29 août. Flanquée par cinq musiciens, elle donnera un spectacle d’une trentaine de minutes qui, à n’en pas douter, comprendra la pièce titre, écrite par Pascal Allard. « C’est le texte qui me représente le mieux », fait observer la Saguenéenne d’adoption.

Un autre acteur important, Fred St-Gelais, a planché sur le mixage et le mastering, en plus de jouer de la guitare sur En catimini. « C’est ce que j’appelle ma chanson Bon Jovi. J’aime travailler avec des artistes comme lui qui ne proviennent pas de la scène country. Grâce à lui, le disque sonne très bien. Il fait honneur à notre musique », mentionne Karo Laurendeau.

On la sent touchée, également, par l’esprit qui a animé les nombreuses personnes ayant participé à la création de l’album. Elles l’ont rassurée quand le doute menaçait de s’installer à demeure, signe d’une insécurité qu’aucun succès n’a pu éroder, du moins jusqu’à présent. « Tout le monde était emballé. Donc, je ne pouvais pas faire autrement que d’être rassurée », souligne-t-elle.

Or, l’enjeu est d’autant plus important qu’en septembre 2017, la chanteuse a pris la décision de vivre uniquement de son art. C’est dans cet esprit que sa carrière en solo cohabite avec l’émission de télévision diffusée par MAtv, Aller-Retour Country, l’émission de radio présentée depuis 18 mois à l’antenne de la station jonquiéroise CKAJ, Destination New Country, de même que sa participation au spectacle La tournée country-folk.

Saguenay (Chicoutimi) 
 Karo Laurendeau 
 Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

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NOUVELLE RÉGION, NOUVEAUX PROJETS

Il y a huit ans, Karo Laurendeau quittait l’Estrie pour emménager au Saguenay. Elle l’a fait pour suivre son conjoint affecté à la Base militaire de Bagotville, à un moment où sa carrière était bien implantée dans sa région d’origine. Après deux années tranquilles, le temps d’apprivoiser son nouveau milieu de vie, la chanteuse a cependant trouvé ses marques.

Le recul aidant, elle estime que le geste décisif fut sa décision de participer au Festival de la chanson de Saint-Ambroise dans la catégorie auteur-compositeur-interprète. « Je voulais voir si le country avait sa place dans ce concours et ç’a fonctionné. Je me suis rendue en finale et j’ai effectué de belles rencontres », mentionne l’artiste. L’un des membres du comité organisateur, Claude Boutin, fait partie des gens qui ont croisé sa route.

Quand est venu le moment d’enregistrer la première saison d’Aller-Retour Country, l’émission qui sera diffusée pour une troisième année consécutive par MAtv, à la fin septembre, c’est lui qui l’a épaulée. Son réseau de contacts a facilité le recrutement des chanteurs originaires du Saguenay–Lac-Saint-Jean qui, chaque épisode, partagent la vedette avec un gros nom de la scène country.

« Je n’avais pas le bagage nécessaire pour réaliser des entrevues, mais j’ai été bien encadrée par Claude et j’ai adoré l’expérience vécue au cours de la première saison. L’émission devait être diffusée seulement au Saguenay–Lac-Saint-Jean et rapidement, la direction du réseau l’a présentée partout au Québec. Elle est très écoutée. Quand je participe à des festivals, on m’en parle beaucoup », se réjouit Karo Laurendeau.

Planifier une série d’émissions et enregistrer les dix épisodes au restaurant L’Orée des champs de Saint-Nazaire la tient occupée pendant six mois. Néanmoins, la chanteuse en elle trouve le temps de s’exprimer à travers différents projets, dont celui, prometteur, baptisé La tournée country-folk. Partager la scène avec ses camarades Rob Langlois et Cynthia Harvey, ainsi que les musiciens, constitue un plaisir pour elle, autant que pour le public.

« Chacun fait son matériel et ses coups de coeur, ce qui permet aux gens de faire de belles découvertes », souligne l’artiste. Elle s’attend à ce que ce spectacle lancé au début de l’été génère beaucoup d’activités, ce qui s’ajoutera à un autre de ses bébés, l’émission de radio Destination New Country. On peut l’entendre le jeudi et le vendredi, de 18 h à 21 h, de même que le samedi, de 9 h à midi.

Tout comme Aller-Retour Country, cette émission est en nomination dans le cadre du Gala Country tenu le 20 octobre, au Casino de Tremblant. Juste d’accéder au tableau final dans les catégories Émission de télévision et Émission de radio comble ses désirs, ce qui ne l’empêche pas d’inviter les gens à voter pour elle. « Jusqu’au 30 septembre, on peut le faire une fois par jour », précise ainsi Karo Laurendeau.