En plus de sortir un album, Passeport pour le monde, Serge Bergeron donnera un spectacle samedi soir, à l’église Notre-Dame de Roberval. Les profits seront versés à la Maison Le Havre du Lac-Saint-Jean.

Un album en neuf langues pour Serge Bergeron

Après avoir consacré un album à la musique cubaine, grâce à la complicité de musiciens locaux, Serge Bergeron s’était mis en tête de changer de pays et même de continent. Le chanteur originaire de Roberval avait commencé à interpréter des classiques provenant de la Grèce quand le projet a pris un tour imprévu. Son goût pour les langues étrangères l’a poussé à couvrir plus de territoire, ainsi qu’en témoigne son nouvel opus intitulé Passeport pour le monde.

Sorti il y a quelques jours, cet enregistrement renferme des pièces provenant de la France, du Québec, du Mexique, de l’Allemagne, de la Serbie, de la Croatie, du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie et, bien sûr, de la patrie de Fidel. «Après Cuba, je me suis dit: ‘‘Pourquoi pas la Grèce?’’ J’ai donc travaillé sur l’alphabet, sur le phrasé, mais j’ai fait de même pour d’autres langues et cette démarche m’a tellement plu que le disque a pris une forme différente», a relaté l’interprète pendant une entrevue accordée au Progrès.

La Grèce est bien représentée avec cinq titres, dont une composition du grand Mikis Théodorakis, Strose To Stroma Sou. Les fans de Nana Mouskouri reconnaîtront également Roses blanches de Corfou, alors que ceux de Linda de Suza retrouveront avec bonheur Uma moça chourava. À ce propos, Serge Bergeron raconte en riant que pendant les séances tenues au Studio Pulsar de La Baie, sous la direction de Frank Corneau et Marc Duchesne, la langue lui a joué un tour.

«Ça chuinte beaucoup, le portugais, tellement qu’à un moment donné, j’ai cru que le micro était défectueux», fait-il observer. Modeste, le Jeannois reconnaît que ses interprétations laissent filtrer un bout de l’accent du Lac, tout en affirmant que chanter dans neuf langues constitue une forme de performance. Une dixième a failli s’ajouter, l’arabe, mais la pièce a été mise sur la glace parce qu’il ne restait plus de place sur l’album.

«Mon amour des langues vient de mes études au Conservatoire de musique de Chicoutimi, où on me faisait chanter des compositions en allemand et en italien, entre autres. Ce projet d’album m’a ramené à cette époque», affirme Serge Bergeron. C’est ainsi qu’il a inséré Santa Lucia dans Passeport pour le monde, tandis que les deux plages représentant la Serbie font écho à une expérience vécue à Québec.

«En juillet, j’ai chanté dans un mariage organisé par un père originaire de ce pays. Il voulait que je fasse une chanson patriotique, Tamo daleko, et la réaction a été si forte que j’ai décidé de la reprendre sur le disque. Toujours pendant cette noce, j’ai découvert une pièce croate, Najljepse su oci moje majke, qui avait été demandée au DJ. Il y a des nuances, mais cette langue ressemble au serbe», rapporte le Robervalois, pour qui la chanson représente une occasion de rencontres.

À ce propos, il a hâte de monter sur scène pour une première fois, en lien avec Passeport pour le monde. Ça se passera le 19 octobre à 19h30, à l’église Notre-Dame de Roberval. Des billets seront disponibles à la porte et les profits iront à la Maison Le Havre du Lac-Saint-Jean. «Je vais amener les gens dans un voyage culturel», annonce Serge Bergeron, que les personnes qui souhaitent acheter le disque peuvent joindre au numéro 418-637-2434.