Pendant la pandémie, Guylaine Tanguay a offert des chansons à ses fans sur les réseaux sociaux, alors qu’elle était accompagnée de sa fille.
Pendant la pandémie, Guylaine Tanguay a offert des chansons à ses fans sur les réseaux sociaux, alors qu’elle était accompagnée de sa fille.

Un album de Guylaine Tanguay pour se laisser emporter

Les fans de Tintin connaissent le principe de la ligne claire. Chaque dessin de Hergé devait être parfaitement lisible, tout en constituant un objet de beauté. Dans le monde de la chanson, cette approche est illustrée par le nouvel album de Guylaine Tanguay, simplement intitulé Country. Les 13 pièces qui le composent, un amalgame de reprises et de titres originaux, témoignent de l’état d’esprit dans lequel elles ont été créées.

« Je tenais à ce que cet enregistrement soit raffiné et très lumineux. J’aurai 48 ans en septembre et c’est la musique que voulais faire. C’était important qu’elle ne soit pas envahissante, pour qu’on se laisse emporter. En même temps, il fallait que le son de chaque instrument soit bien défini. S’il y a une touche de mandoline, par exemple, elle devait être entendue », a énoncé l’artiste à la faveur d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Ce mandat a été pleinement assumé par son directeur musical, Sébastien Dufour. C’est lui qui était aux commandes pendant les séances menées au Québec, tandis que le réalisateur Steve Mandile, basé à Nashville, a capté les pistes vocales de Guylaine Tanguay, qui, dit-elle, a privilégié les interprétations senties, plutôt que les grandes envolées. Une fois cette mission accomplie, la chanteuse comptait prendre des vacances là-bas. Le coronavirus a toutefois changé ses plans.

« Nous avons tout mis dans la voiture. J’ai préparé du lunch et nous avons roulé en arrêtant juste quelques minutes, quand c’était nécessaire. On avait hâte d’être dans nos affaires », relate Guylaine Tanguay, à propos de ce voyage qui a duré 18 heures.

Elle était accompagnée, entre autres, de sa fille Mary-Pier, auteure de l’une des pièces originales de Country. Intitulée I’m Your Mother, c’est la seule en anglais. Celle, aussi, qui aborde le sujet le plus personnel.

« J’ai une autre fille, Marilyn, qui réside à Whistler. Pendant des années, elle se battait contre quelque chose sans savoir de quoi il s’agissait. Moi, j’avais mon idée et, il y a quelques mois, le diagnostic est tombé : bipolarité et troubles anxieux. Ce n’est pas simple, mais ma fille est soulagée parce qu’enfin, elle va aller mieux. C’est à partir de nos conversations téléphoniques que Mary-Pier a écrit la chanson », fait observer l’interprète originaire du Lac-Saint-Jean.

Elle salue la générosité de Marilyn, qui l’a autorisée à évoquer sa situation, et souhaite que ce témoignage aide les personnes confrontées à une réalité similaire. Or, l’idée de faire du bien aux gens constituait une autre priorité, dans le contexte de son 15e album. Guylaine Tanguay le voulait apaisant sans se douter, bien sûr, que la pandémie ferait de ce désir une nécessité partagée par des milliers de personnes au Québec.

C’est pour cette raison que le premier simple a été diffusé si tôt, au moment où tous apprivoisaient le confinement. Ce duo intitulé Je crois en nous, auquel participe Maxime Landry, donne l’impression d’avoir été taillé sur mesure pour cet étrange printemps. « Le clip qu’on a produit, avec des photos provenant du public, a fait du bien aux gens. Il a longtemps circulé sur le Web. C’est devenu un genre d’album de famille », se réjouit la Jeannoise.

Les circonstances ont aussi entraîné un changement en ce qui touche la distribution de l’objet physique. Pour s’assurer de rejoindre tout son monde, Guylaine Tanguay a conclu une entente avec la publication Échos Vedettes Country, dans laquelle l’album est ensaché. « On peut la trouver dans les épiceries, les pharmacies et les grands magasins. Il y a aussi huit pages sur moi », précise-t-elle.

Quant à la tournée découlant de Country, elle a été déplacée, ce qui n’empêchera pas l’artiste de se produire dans quatre musiparcs au cours de l’été – à Gatineau, Bromont, Mercier et Beauport. « C’est toute une affaire. En plus de la scène, il y aura deux écrans géants et plein de règles à respecter. Je lève mon chapeau aux organisateurs. Au cours de ces spectacles, je proposerai des extraits du nouveau disque et des précédents », laisse entrevoir Guylaine Tanguay.

Guylaine Tanguay est fière de son 15e album, intitulé <em>Country</em>. Le ton des chansons, autant que la manière dont elles sont présentées, correspondent à sa volonté d’offrir un enregistrement à la fois lumineux et raffiné. 

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HISTOIRES DE CHANSONS

Chaque chanson a son histoire, une réalité à laquelle n’échappent pas celles qu’on retrouve sur l’album Country. Voici comment Guylaine Tanguay décrit quelques-unes des reprises et des compositions originales sur lesquelles elle a posé sa voix dans les derniers mois.

Simple passager

« J’ai repris beaucoup de pièces de Marcel Martel au fil de ma carrière, mais le jour où sa fille Renée l’a interprétée devant moi, j’ai été vraiment étonnée de ne pas la connaître. Ça m’a donné le goût de la reprendre sur ce disque. »

Mon amour, mon ami

« J’aime faire voyager les gens dans mes souvenirs. Cette chanson, par exemple, me ramène à l’époque où j’ai découvert Dani Daraîche. Je la trouvais tellement belle. Je voulais être comme elle. »

L’arbre est dans ses feuilles

« Je l’ai faite en spectacle, l’année passée. J’ai constaté que les gens aiment cette version. Elle les fait sourire. »

Mon yodeling

« J’en voulais un pour l’album et j’ai demandé à Sébastien Dufour, mon directeur musical, de composer une pièce où chaque membre du groupe aurait son moment. Comme mes musiciens sont excellents, le monde va capoter. Pour moi, par contre, ça n’a pas été difficile à faire. »

Je m’envolerai

« Il y a eu de la maladie dans ma famille, l’année dernière. En entendant une version magnifique de Fred Pellerin, j’ai réalisé que la fin de la vie pouvait être exprimée avec légèreté, ce qu’illustrent les notes de mandoline. Je compare ça au vol d’un papillon. »

Donnez-moi un Tush Push

« Celle-là a été écrite par Jonathan Godin à partir d’un thème que j’avais choisi. Cet auteur ne vient pas du country, mais ce qu’il fait, c’est très bien. »

J’ai chaud

« C’est une autre chanson écrite par Jonathan, à qui j’avais demandé un texte sur la ménopause. On ne l’aborde pas souvent, ce sujet, alors que c’est le lot de tant de femmes. Je voulais en parler d’une manière qui soit drôle. »

L’incontournable

« On a perdu ma belle-mère en août et depuis ce temps, mon beau-père a de la misère à apprivoiser sa solitude. C’est pourquoi je voulais un texte sur la personne qui reste. Jonathan m’en a soumis un, que j’ai retravaillé. »

Allez, venez danser

« Ça, c’est mes partys au Lac-Saint-Jean. J’avais le goût d’un air festif. Ça va devenir la chanson des familles en région. »

La chasse

« Comme je suis née en septembre, je haïssais ça, la chasse, parce que le village se vidait. Plus tard, je me suis réconciliée avec cette activité et j’ai décidé d’écrire un texte drôle. J’en profite aussi pour aborder le thème de la liberté, que j’associe à la chasse. »