Céline Fortin a monté la programmation qui sera proposée cet été, à la cathédrale de Chicoutimi. C’est aussi elle qui jouera sur le Casavant à l’occasion du premier des cinq concerts à l’affiche, aux côtés du Choeur de la cathédrale.

Un 29e été avec l’orgue de la cathédrale

Le début de l’été n’est pas seulement synonyme de vacances. Il marque le retour des concerts d’orgue à la cathédrale de Chicoutimi, une tradition solidement enracinée depuis 29 ans. Accessibles gratuitement, ces rendez-vous permettent d’admirer le travail de solistes réputés, souvent appuyés par des chanteurs ou des musiciens jouant sur d’autres instruments.

Les mélomanes sont conviés les mardis à 20 h et comme les artistes se trouvent au jubé, un écran géant permet de les voir travailler, en plus de les entendre. Ajoutons que les travaux qui ont compliqué l’accès à l’église, en 2018, sont terminés depuis belle lurette. Le stationnement est plus grand, tandis que la surface a été aplanie avant d’accueillir une nouvelle couche d’asphalte. « On a aussi dégagé deux espaces pour les personnes handicapées », note Céline Fortin, responsable de la programmation.

Toujours fidèle, souvent nombreux, le public des concerts d’orgue pourra assister à cinq programmes cette année. Le premier aura lieu le 25 juin et comme c’est la coutume, Céline Fortin (orgue) partagera l’affiche avec le Choeur de la cathédrale. Pour une deuxième fois, celui-ci sera dirigé par Huguette Tremblay, qui comptera sur des effectifs plus élevés qu’à l’ordinaire.

« Il y aura plus de 30 chanteurs. Ça sonnera bien », anticipe l’organiste. Entre autres titres, les choristes s’attaqueront à l’Ave verum de Mozart, à l’Ave Maria de Villa-Lobos, ainsi qu’à deux compositions de l’Anglais John Rutter. La première oeuvre de la soirée, donc de la saison, sera évidemment signée Bach. L’un de ses préludes sera interprété en solo, tout comme les Litanies de Jehan Alain et une sonate de Mendelssohn.

Et pour ceux qui se poseraient la question, le Casavant de la cathédrale est en pleine forme. Les petites limitations qui surviennent en hiver, notamment les notes qui collent, disparaissent en même temps que le couvert de neige. Quant à sa capacité d’expression, elle est à la mesure de ses trois claviers et de ses 60 jeux. « Depuis la restauration complétée en 1988, il peut aborder un répertoire plus étendu », explique Céline Fortin.

Duo mère-fils

On ne compte plus les jeunes artistes qui ont profité de la tribune offerte par la série estivale. Cette pratique sera perpétuée le 2 juillet, alors qu’un duo mère-fils animera la soirée. Il s’agit de l’organiste Janick Tremblay et du violoncelliste François Lamontagne, un produit du Conservatoire de musique de Saguenay qui, l’automne venu, poursuivra son cheminement académique à l’Université McGill.

« Nous avons rarement l’occasion de jouer avec nos enfants », constate Céline Fortin, qui sait de quoi il en retourne. Dans son cas, ça s’était produit à l’église Saint-Raphaël de Jonquière, lors des Mardis de la Saint-Do. Elle et sa fille, la violoniste Jeanne-Sophie Baron, avaient uni leurs talents pour le plus grand plaisir des mélomanes, une grâce qui, à n’en pas douter, se répétera à la cathédrale. L’une des pièces offertes à deux sera tirée des Chansons sans paroles de Mendelssohn. Il y aura aussi du Pachelbel à l’orgue solo.

Une semaine plus tard, ils seront trois au jubé, soit l’organiste Claude Lemieux, de Québec, de même que les sopranos Andrée-Anne Laprise et Guylaine Girard. « Ils ont monté un programme avec beaucoup d’oeuvres baroques », fait valoir Céline Fortin. En plus de Bach, Handel et Vivaldi, la liste des compositeurs invités comprend Rossini, Delibes et Mozart.

Les habituées des concerts de la cathédrale connaissent la propension des organistes à improviser. L’un de ceux qui s’adonnent à cet exercice est Dominique Lupien, qui est attendu le 16 juillet, en compagnie du baryton-basse Philippe Bolduc. Il va aussi jouer le Benedictus de Max Reger, ainsi que la Marche pontificale tirée de la Symphonie no. 1 de Widor.

Pour terminer la saison, un programme comportant quelques surprises a été concocté par l’organiste Marie-Hélène Greffard et le trompettiste Frédéric Quinet, qui enseigne au Conservatoire de musique de Saguenay. Ils s’uniront pour interpréter Gabriel’s Oboe, une pièce d’Ennio Morricone tirée de la bande sonore du film The Mission, en plus de la suite The Lord Of The Rings créée par Howard Shore.

Dans une veine similaire, une adaptation pour orgue de l’air célèbre de Scott Joplin, The Entertainer, accrochera un sourire au visage des spectateurs. Quant au répertoire classique, il sera représenté par des oeuvres d’Elgar, Mouret, Brandt et Marcello. On remarque également le Concerto en ré majeur de Bach, lequel représente la transcription d’un concerto pour violon signé Vivaldi.