Le slameur Lionel Barbot montera sur scène jeudi soir pour réciter un texte inspiré de ses origines et de son milieu de vie.

Trois minutes pour faire rire ou pleurer

La ligue de slam du Lac-Saint-Jean, mise sur pied cet automne, redouble d’efforts pour faire connaître ce mélange de poésie et d’art oratoire et convaincre les amoureux des mots à se joindre à elle. Elle tiendra cinq ateliers en février, notamment à la bibliothèque de Roberval, au Cégep de Saint-Félicien et à la Polyvalente des Quatre-Vents.

« À l’heure actuelle, les gens ne connaissent pas trop le slam au Lac-Saint-Jean. Le but des ateliers et des soirées que nous organisons est de montrer que la poésie n’a rien d’ennuyant », explique Marie-Ève Guy, l’une des fondatrices de la ligue.

Au cours des formations, qui se tiendront les 7, 8 et 9 février, les apprentis pourront notamment parfaire leur écriture et leur présence sur scène. Ivy, l’un des pionniers du slam au Québec, enseignera des notions de base au grand public et aux étudiants intéressés par cette forme d’expression.

Les homélies du jeudi

Le Vieux Couvent de Saint-Prime sera l’hôte d’une soirée gratuite, jeudi,  où une poignée de slameurs réciteront des poèmes d’une durée de trois minutes chacun. Lionel Barbot est l’un de ceux qui monteront sur scène. 

« En trois minutes, on peut arriver à faire pleurer ou rire les gens. On peut développer une idée et transmettre une forte émotion », croit le slameur. Ses deux filles, âgées de 13 et 15 ans, écrivent elles aussi des slams qu’elles récitent ensuite lors des soirées bimensuelles organisées par la ligue. Ce sont elles qui l’ont poussé à s’intéresser à cette discipline. Les textes de leur père sont inspirés de la vie en région. 

« En général, les ligues de slam sont très urbaines et ça s’entend dans les poèmes. Quand on a mis en place notre ligue à Saint-Prime, on voulait montrer la force de la campagne. On sent souvent l’isolement dans les textes et il y a quelque chose qui nous lie les uns aux autres, les slameurs du Lac-Saint-Jean », fait valoir Lionel Barbot. 

La parole aux jeunes

Ailleurs en province, les ligues tiennent souvent leurs soirées d’art oratoire dans des bars, ce qui limite l’activité aux adultes. Au Vieux Couvent de Saint-Prime, les enfants et adolescents sont les bienvenus. 

« Nous avons des slameurs de 14 ans, d’autres de 80 ans, ce qui donne lieu à de véritables rencontres entre les générations qui n’auraient autrement pas d’occasion de se produire », croit le passionné de poésie.

Ce dernier ajoute que les personnes plus âgées ne se permettent pas de s’exprimer de cette façon alors qu’elles sont souvent les plus intéressantes à entendre en raison notamment de leur vécu.

Pour l’instant, la ligue de Saint-Prime, qui porte le nom de S’Lac-Saint-Jean, ne peut pas participer aux compétitions provinciales. Pour ce faire, elle doit tenir un plus grand nombre de soirées et convaincre au minimum huit slameurs par soir de fouler les planches du Vieux Couvent.

La MRC Domaine-du-Roy a offert une aide financière de 3000 $ pour le lancement de la ligue de slam de Saint-Prime. À Saguenay, une ligue est en place depuis maintenant trois ans.