Céline Perreault

Trois écoles présenteront le Magnificat

C'est le genre de projet qui suscite la curiosité. Des chanteurs associés à trois institutions de la région, le Collège d'Alma, le Conservatoire de musique de Saguenay et l'Atelier de musique de Jonquière, interpréteront l'une des oeuvres majeures du répertoire classique, le Magnificat de Bach, à la faveur d'un concert tenu au printemps.
Une première représentation sera donnée à Alma, le 1er avril, tandis qu'une seconde aura lieu le lendemain, à Chicoutimi. Elle mobilisera une soixantaine de choristes, au total, un groupe dirigé par Céline Perreault. Côté musique, l'équipe pourra compter sur Céline Fortin qui, une fois n'est pas coutume, troquera l'orgue pour le clavecin.
« C'est parti d'un désir exprimé par Ariane Girard, de l'Atelier de musique. Elle voulait faire le Magnificat et dans le cadre de ce projet, ses élèves se joindront à ceux du Département de musique du Collège d'Alma, ainsi qu'aux trois chanteurs que nous formons depuis la rentrée », raconte la directrice du conservatoire, Louise Bouchard.
L'idée de réunir les trois institutions lui sourit, puisque cette formule s'apparente à celle qui a contribué à la réussite du Rassemblement des vents. « J'ai constaté que lorsque nous mettons nos ressources en commun, ça produit de meilleurs résultats. En même temps, ça crée un esprit régional », fait-elle remarquer.
Les répétitions ont été amorcées en octobre et en plus des membres du choeur, elles mobilisent des solistes. Pour l'heure, on ignore à quel endroit les concerts seront présentés, mais une chose est claire, le simple fait qu'une telle initiative existe constitue une bonne nouvelle pour ceux qui apprécient le chant choral.
« Nous apprenons à travailler ensemble. Nous le faisons pour toute la région et l'idée, c'est que ça continue. En même temps, je trouve que c'est vraiment le fun pour l'institution que je dirige. À l'automne 2014, on n'aurait pas cru qu'une telle chose serait possible », commente Louise Bouchard en faisant allusion à la menace de fermeture qui planait alors sur le Conservatoire de musique de Chicoutimi.
Le chant de retour après 20 ans au Conservatoire
Une vingtaine d'années s'étaient écoulées depuis la fin de l'enseignement du chant au Conservatoire de musique de Saguenay. Cette institution qui a formé des voix aussi réputées que celles de la Baieriveraine Manon Feubel et de la Jeannoise Marie-Nicole Lemieux avait sacrifié cette discipline sur l'autel des coupes, une décision qui, discrètement, a été renversée grâce à l'arrivée de trois étudiants à l'automne.
« Nos élèves sont de jeunes adultes, deux hommes et une femme, et leur professeur est Lysianne Tremblay, qui provient de la région de Charlevoix. Elle a travaillé au Domaine Forget, ainsi qu'en Allemagne », a précisé la directrice du conservatoire, Louise Bouchard, au cours d'une entrevue accordée au Progrès-Dimanche. 
Elle souligne qu'il s'agit d'une classe et non d'une école de chant, laquelle répond à un besoin que différentes personnes avaient exprimé au cours des deux dernières années. Encore fallait-il obtenir le feu vert de la haute direction, celle qui chapeaute l'ensemble des conservatoires de la province, ce qui ne s'est pas révélé ardu.
« Trois élèves, ce n'est pas un nombre élevé, mais ça ouvre des possibilités intéressantes pour les musiciens qui fréquentent notre conservatoire, fait remarquer Louise Bouchard. Ça donne la chance d'interpréter des oeuvres qui sont différentes, notamment du répertoire de musique de chambre où les voix sont présentes. »
Un bonheur n'arrivant jamais seul, l'institution qu'elle dirige a assisté à un deuxième retour au début de la session d'automne. L'un de ses 54 étudiants réguliers suit en effet des cours d'orgue, ce qui comble le vide qu'avait créé le départ de Francis Rossignol à la fin de sa formation. Rappelons que celui-ci l'avait menée de front avec ses études en médecine.
Là encore, l'institution renoue avec une riche tradition, puisqu'elle a aidé maints organistes à devenir d'excellents interprètes. Parmi eux, mentionnons Céline Fortin, qu'on peut entendre régulièrement à la cathédrale de Chicoutimi, ainsi que l'ancien directeur du conservatoire, Régis Rousseau, et Myriam Chabot.