Coordonnatrice de la Galerie l’Oeuvre de l’Autre, Nathalie Villeneuve a voulu souligner les 30 ans du centre d’exposition universitaire en se tournant vers l’avenir. Trois publications ont été lancées symboliquement dernièrement.

Trente ans d'expositions à la Galerie l'Oeuvre de l'Autre

Depuis sa fondation à l’automne 1987, la Galerie l’Œuvre de l’Autre a vu passer plus de 300 expositions, pour lesquelles chaque vernissage était une petite fête. Cette fois, pour le trentième anniversaire du lieu de diffusion universitaire, toute l’année est une occasion de se réjouir, et le Progrès a eu envie de se pencher sur son histoire.

À son ouverture, la galerie était abritée dans le pavillon Sagamie, là où était autrefois basée l’Université du Québec à Chicoutimi, sur la rue Jacques-Cartier. Elle était alors gérée par des professeurs en arts, relate la coordonnatrice Nathalie Villeneuve, qui gère les activités du centre d’exposition depuis une quinzaine d’années. Elle connaît bien également les débuts de la galerie, puisqu’elle étudiait à l’UQAC à l’époque.

« Une des premières expositions présentées se nommait L’Œuvre de l’Autre. Les enseignants devaient tous fournir une œuvre de leur collection personnelle, mais qui avait été créée par un autre artiste. Ils ont tellement aimé le nom qu’ils l’ont gardé pour baptiser la galerie », raconte celle qui a aussi exposé un tableau ou deux, durant ses études.

Le lieu de diffusion a déménagé en 1999 dans ses espaces actuels du pavillon des arts, alors flambant neuf. Depuis, bien des artistes ont passé par la galerie, comme Jana Sterback, Evergon, Massimo Guerrera, Ronald Thibert... Le professeur Marcel Marois est le directeur du centre d’exposition et le président de la collection d’œuvres d’art de l’UQAC, laquelle regroupe les travaux artistiques des étudiants sélectionnés pour être affichés dans l’institution.

Parmi les moments marquants de l’histoire récente de la galerie, la performance de l’artiste Massimo Guerrera, en 2010, avait étonné

Dernièrement, la Galerie l’Œuvre de l’Autre a lancé en même temps trois publications sur ses plus récentes expositions : une pour chaque décennie d’histoire. Ces sortes de livres souvenirs sont édités depuis une douzaine d’années et constituent de magnifiques portfolios, avec la contribution d’un auteur qui transpose l’ambiance en mots. 

« On n’avait pas envie de faire une exposition rétrospective. Peut-être pour les 60 ans ! On ne voulait pas donner l’idée de quelque chose de passéiste, plutôt une orientation sur le futur. Le lancement parlait de nos jeunes et il était aussi symbolique, car chaque publication résume bien nos mandats », explique Mme Villeneuve.

Pour les Festival des finissants, ceux-ci profitent de la venue d’un parrain. En 2013, il s’agissait du peintre réputé Marc Séguin.

Mission

Dans la programmation annuelle, certaines expositions sont incontournables. « On a un côté pédagogique établi, souligne la coordonnatrice. Les meilleurs travaux sont montrés dans Un pari sur l’imaginaire, les finissants ont leur festival, les étudiants à la maîtrise présentent leurs œuvres... Ça fait partie de notre rôle aussi de leur montrer comment s’exposer ailleurs, de monter un dossier. Une fois l’œuvre terminée, c’est encore un défi de la présenter ! Vivre un premier vernissage, c’est quelque chose. C’est toujours un beau moment de fête. »

On retrouvait cet aspect dans la publication Les équivalences de la matière composée par Paul Kawczak pour mettre en valeur l’exposition Métamorphoses-traces analogues de l’artiste Onira Lussier, alors finissante à la maîtrise en arts.

Quand les étudiants quittent l’UQAC, la galerie aime les voir revenir, alors que leur carrière en est à ses débuts. C’est un peu ce qu’elle a fait avec Sara Létourneau et Magali Baribeau Marchand, dont l’exposition Natures mortes et autres manifestations de la vie et de l’artifice a été immortalisée dans la publication Faufiler l’espace devant soi, sous la plume de Cindy Dumais.

« C’est aussi important de montrer le travail d’artistes à la pratique plus établie, pour que les étudiants voient quelque chose de plus mature », mentionne Nathalie Villeneuve, qui aime aussi favoriser des professionnels originaires de la région. La dernière publication L’espace des possibles, de l’auteure Cynthia Fecteau, en est un bon exemple en évoquant l’exposition collective de Carl Bouchard, Cindy Dumais, Jean-Marc E. Roy, Julien Boily et Jessy Bilodeau.

En 2015, une exposition hommage au sculpteur Ronald Thibert avait été présentée. L’ancien enseignant en arts de l’UQAC est décédé presque un an plus tard.

Une galerie tournée vers l’avenir

À ses débuts, la Galerie l’Œuvre de l’Autre avait un côté plus « professoral », qui a maintenant laissé beaucoup de place à la jeunesse.

« On a voulu installer quelque chose de plus tourné vers les étudiants et la jeunesse, indique la coordonnatrice Nathalie Villeneuve. J’espère que leur part va rester centrale dans la galerie, car ce sont eux qui font battre son cœur. »

Le centre d’exposition universitaire aime aller chercher de jeunes artistes, juste avant qu’ils soient plus reconnus. « Nous sommes un tremplin pour eux et on va toujours continuer à jouer ce rôle. C’est comme semer des graines et voir comment elles éclosent », image Nathalie Villeneuve. 

La galerie est fréquentée environ à 80 % par des membres de l’université, et le reste par des visiteurs de l’extérieur. « Toutes les sessions, il y a de nouvelles personnes qui nous découvrent. Plusieurs ne savent pas qu’on existe, ou bien elles passent devant souvent, mais elles sont intimidées. Parfois, les gens vont être intrigués par une œuvre sonore ou mobile, et ils finissent par entrer. Certains deviennent ensuite des habitués ! »

Depuis quelques années, la Galerie l’Œuvre de l’Autre profite de l’appui du Conseil des arts de Saguenay, ce qui lui permet d’offrir de meilleures conditions aux professionnels reçus. La prochaine exposition sera celle de l’artiste Karine Côté, en janvier.