La Compagnie Créole célébrera le 30e anniversaire de son premier spectacle au Québec en effectuant une tournée chevauchant l’hiver et le printemps. Ses membres offriront une double dose d’exotisme et de chaleur à un moment où les fans portent leur nordicité comme une croix. Deux escales sont prévues dans la région, soit les 30 et 31 mars, au Théâtre du Palais municipal de La Baie, puis à la salle Michel-Côté d’Alma.

Trente ans de succès au Québec pour la Compagnie Créole

La Compagnie Créole célébrera le 30e anniversaire de son premier spectacle au Québec en effectuant une tournée chevauchant l’hiver et le printemps. Ses membres offriront une double dose d’exotisme et de chaleur à un moment où les fans portent leur nordicité comme une croix. Deux escales sont prévues dans la région, soit les 30 et 31 mars, au Théâtre du Palais municipal de La Baie, puis à la salle Michel-Côté d’Alma.

Les débuts sur scène de la formation antillaise ont eu lieu à Montréal, au Théâtre Saint-Denis. Elle avait ensuite joué à Québec et à Ottawa, un circuit emprunté une nouvelle fois en 1989. Ensuite, la vague est devenue si forte qu’elle a embrassé tout le territoire, un phénomène qui semble résister au passage du temps.

«Nous sommes les premiers étonnés de constater que l’engouement se maintient au Québec et en France. Maintenant, on voit des gens assister aux spectacles avec leurs enfants. Plusieurs, parmi ceux-ci, ont appris nos chansons à l’école sans savoir que nous en étions les auteurs», a souligné l’élément féminin du quatuor, Clémence Bringtown, au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Elle se trouvait à Paris, loin de l’hiver québécois, mais pas effarouchée pour deux sous à l’idée de revenir au pays du froid. «Je ne suis pas découragée par ça», lance la chanteuse en riant. La perspective de renouer avec le public québécois lui sourit, en effet. Elle amène la dame originaire de la Martinique à ressasser de doux souvenirs.

Parmi eux, mentionnons la fois où la Compagnie Créole a affiché complet au Centre Bell, en 1993. Il y a également sa participation à différents événements, dont le Festival international des Rythmes du Monde, où elle avait attiré une foule imposante sur la zone portuaire de Chicoutimi. Le point commun à ces deux rendez-vous – et à tous les autres – est qu’on y a entendu C’est un cadeau venu du ciel.

«Ce fut l’un de nos plus gros succès au Québec, où cette chanson a marché plus fort qu’en France. Chez vous, nous sommes obligés de la faire», reconnaît Clémence Bringtown. D’autres pièces, en revanche, ont cartonné de chaque côté de l’Atlantique, qu’il s’agisse de Ça fait rire les oiseaux, Vive le douanier Rousseau ou Bons baisers de Fort-de-France, pour ne donner qu’une poignée d’exemples.

Elles seront évidemment reprises au cours de la tournée québécoise, où leur effet sur le public sera aussi puissant que dans les années 1990, à n’en pas douter. «Les textes sont légers. Ce ne sont pas des chansons intellectuelles, mais elles prêtent au rêve, au voyage. C’est ainsi que pendant une heure et demie, tout le monde oublie ses soucis, ce qui est extraordinaire parce que le stress constitue un poison», estime l’interprète.

Elle ajoute, en riant, que des Français demandent que le prix des billets soit remboursé par la Sécurité sociale.

Plus sérieusement, l’artiste invoque l’état mental de cette planète, la haine qui se propage aussi rapidement que le virus de la grippe, l’individualisme rampant, pour expliquer le besoin ressenti par les fans.

«À l’étape où nous sommes rendus, nous ne recherchons ni la gloire ni l’argent. Notre mission première en tant que groupe consiste à apporter de l’amour aux gens, et comme il s’agit d’un partage, nous aussi, une fois sur scène, nous oublions nos problèmes. Ça représente un bel exutoire», fait valoir Clémence Bringtown.

Le gospel pour contrer la drépanocytose

Pendant leur tournée québécoise, les membres de la Compagnie Créole interpréteront une ou deux pièces qui susciteront l’étonnement. Empruntant à la tradition gospel, elles ouvriront une fenêtre sur une dimension de leur vie qui est bien connue en France, mais pas chez nous. Elle tient à leur engagement auprès de l’Association pour l’information et la prévention de la drépanocytose (APIPD).

Cette pathologie affecte des millions de personnes dans le monde, dont une forte proportion d’enfants. Sensible à cette cause, le groupe originaire des Antilles donne des spectacles depuis 2014 afin d’aider l’organisme sans but lucratif à accomplir sa mission. Celle-ci consiste à offrir des soins aux personnes atteintes, tout en s’associant à des activités de dépistage.

«Longtemps, cette maladie génétique a été considérée comme une maladie orpheline, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Des recherches sont menées. Il y a du travail de fond», rapporte la chanteuse Clémence Bringtown. À ces éléments encourageants s’ajoute l’effet produit par les sorties que la Compagnie Créole effectue régulièrement afin d’apporter de l’eau au moulin.

Dès le départ, le quatuor a misé sur le gospel afin d’attirer l’attention des gens. «Ce n’est pas le gospel américain, puisqu’aux Antilles, nous avons notre propre version, précise l’interprète. Ce sont des pièces que les gens chantent lorsqu’ils sont dans la misère, qu’ils n’ont pas le moral. Ça vient naturellement. C’est une façon d’exorciser les choses.»

Dès le premier spectacle-bénéfice, le groupe a mesuré l’intérêt que suscite le gospel. Au-delà de l’effet de curiosité, il fait du bien aux âmes. «Les gens sortent des églises en chantant. Le fil conducteur de ces spectacles, c’est l’amour et l’amitié entre les hommes», s’émerveille Clémence Bringtown, qui profitera de la tournée québécoise pour offrir une ou deux pièces tirées du répertoire gospel, tout en livrant des informations au public à propos de la drépanocytose.