Martin Lavertu, de TOUTTOUT, est accompagné par les trois artistes qui profiteront d’une résidence cette année, soit Caroline Fillion, Isabelle Duchesne et Jessyca Allicie. Ils sont assis devant une oeuvre de Barbara Garant créée en 2010, laquelle a pour titre Assises parmi les ombres.

TOUTTOUT accueillera trois artistes pour un an

Trois artistes, trois femmes dont la carrière est bien lancée, pourront utiliser les services offerts par le centre de production en art actuel TOUTTOUT au cours de la prochaine année. Elles disposeront d’un espace de création dans l’édifice de la rue Bossé, à Chicoutimi, où sont regroupés des équipements mis à leur disposition gratuitement.

Deux étudiantes ont été sélectionnées en vertu d’un programme initié par le Conseil des arts de Saguenay, ainsi que l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). La résidence de recherche-création offerte à une personne ayant complété son baccalauréat en art au sein de cette institution a été attribuée à Jessyca Allicie, tandis que sa consoeur Caroline Fillion a décroché le prix attribué aux universitaires inscrits à la maîtrise.

Quant à la candidature d’Isabelle Duchesne, elle touchait le programme d’atelier studio de Saguenay. En plus de jouir d’un espace au sein de l’atelier collectif, cette artiste, qui a elle aussi fréquenté l’UQAC, aura la chance de présenter une exposition individuelle au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi. Celle-ci aura lieu en février ou en mars 2019.

« Ça coûte 720 $ pour louer un atelier pendant un an, ce qui donne accès à une gamme de services comprenant l’usage de nos outils numériques, de l’équipement de sérigraphie, de notre fraiseuse numérique, d’une salle ventilée pour les travaux de peinture et d’une salle blanche où on peut effectuer des accrochages ou donner des formations », a décrit Martin Lavertu, directeur général de TOUTTOUT, à la faveur d’une entrevue accordée au Progrès.

Il met également en lumière l’esprit collégial qui règne chez TOUTTOUT, la présence de camarades appartenant à différentes générations, explorant différents médiums. « On a l’occasion de lancer des idées, de montrer sa production, notamment lors des vernissages tenus au Lobe, qui loge sous le même toit. On peut aussi voir quelles embûches peuvent se présenter au fil d’une carrière », note Martin Lavertu.

De l’archéologie à l’art
Le réseautage que favorise l’intégration dans un centre de production en art constitue l’un des atouts qui interpellent Jessyca Allicie. « Ça me permettra de me professionnaliser en tant qu’artiste », affirme la jeune femme, dont la pratique englobe le dessin et l’art numérique. Fait à signaler, l’un de ses mandats sera de produire une oeuvre destinée à l’espace Plateforme.

Peut-être fera-t-elle écho à une expérience vécue sur le site de L’Anse-à-la-Croix, où l’artiste a pu s’initier à l’archéologie. « Je veux montrer comment l’art et l’archéologie peuvent se parler, mais j’aime également les thématiques de la mort et de la religion », indique Jessyca Allicie, qui présentera le fruit de ses réflexions au-dessus de l’entrée principale de TOUTTOUT.

De son côté, Isabelle Duchesne a été soulagée d’apprendre qu’on l’accueillerait pendant un an. « C’est déroutant de compléter un long processus de formation à l’université, et je ne me voyais pas continuer sans avoir un lieu de création, reconnaît-elle. À travers mes créations, je m’approprie l’artisanat féminin, des spécialités comme le tricot et la broderie. Je suis attachée à cet héritage culturel. Et en tant que féministe, je cherche à le valoriser de manière poétique. »

Le profil de Caroline Fillion est différent, en ce sens qu’elle fait la part belle à la performance, parallèlement à la peinture et à l’estampe numérique. « Je questionne le milieu de l’art et je travaille sur une série de mises en scène. Il m’arrive aussi de mener des actions furtives », mentionne l’artiste qui, tout en poursuivant cette démarche, assume la direction générale du Lobe.