Voici une oeuvre au caractère surréaliste produite par Guillot, Ils tiennent pour certain. L’artiste y voit l’illustration du poids découlant du regard des autres, parfois source d’angoisse.

Tout commence par un dessin

Guillot est un illustrateur. C’est lui qui a produit l’affiche du Festival de la chanson de Tadoussac, par exemple, et qui récidivera en 2019. L’artiste établi à L’Anse-Saint-Jean depuis quatre ans possède également une pratique centrée sur son imaginaire. Elle mène à la création de dessins et de tableaux dont un échantillon est proposé jusqu’au 7 octobre, dans le cadre de l’exposition Rétrospective tenue à la bibliothèque de Chicoutimi.

Une quinzaine d’oeuvres sont accrochées sur le mur du fond, celui qui longe la vitrine donnant sur la rue Racine. Cinq grands formats captent aussitôt le regard, sans toutefois livrer leur secret spontanément. Dans certains cas, il faut lire le titre pour deviner de quoi il s’agit, comme sur l’hommage à Leonard Cohen baptisé You’ve Touched Her Perfect Body. On reconnaît une ligne de la chanson Suzanne, laquelle a inspiré de jolies formes peintes à l’huile sur fond noir.

« Plusieurs des grands tableaux trouvent leur source dans des chansons. Ils ont un côté surréaliste, psychédélique, et font ressortir l’ambiance d’albums comme ceux des groupes Yes, Genesis, Jethro Tull ou King Crimson. Souvent, ça tourne autour du rock progressif », a raconté Guillot à l’occasion d’une entrevue accordée au Quotidien.

Ce tableau de Guillot rend hommage à la chanson Suzanne de Leonard Cohen. On peut le voir jusqu’au 7 octobre, à la bibliothèque de Chicoutimi.

Tout commence par un dessin, cependant, une forme d’expression que l’homme a appris à aimer après s’être senti légèrement déficient à cet égard Il a travaillé fort pour être satisfait de son travail, ce qui ne l’empêche pas de réaliser des exercices grâce au petit carnet qui le suit partout. « Le dessin, c’est l’architecture du propos porté par la peinture », énonce l’artiste, qui a sélectionné dix oeuvres réalisées au stylo et au feutre. Elles lui donnent raison d’avoir persisté dans son art.

Son penchant pour le surréalisme est aussi présent que sur les tableaux, comme le démontre Pique, où une jeune femme est représentée deux fois, tête-bêche, assise devant un piano. La seconde image a quelque chose de ludique, en ce sens que Guillot a joué avec les motifs en les inversant. Celui du mur orne désormais les bras de la musicienne, tandis que le rouge de sa robe a abouti sur le mur qu’on voit se déployer dans la partie inférieure.

Un autre dessin, encore plus élaboré, rend hommage à l’auteur H.P. Lovecraft en multipliant les dédoublements à l’infini, ou presque. « Alors que dans ma vie, je suis ordonné, ce que je fais en tant qu’artiste est viscéral. Il s’agit d’un exutoire qui s’insère dans un cadre rigoureux, conçu de façon méthodique. C’est à l’intérieur de ce cadre que je peux improviser », note l’Anjeannois.

Guillot s’investit beaucoup dans le dessin, ce qui donne des résultats étonnants sur cette oeuvre intitulée Pique.

L’exposition tenue à la bibliothèque municipale de Chicoutimi est la deuxième portant sa griffe, si on ajoute celle qui a cours au Bistro de L’Anse. En parallèle, il participera au Symposium du CNE les 27 et 28 septembre, à Jonquière, ainsi qu’au Symposium provincial des villages en couleurs, le mois prochain à L’Anse-Saint-Jean. Dans les deux cas, il s’agira de sa troisième présence.

Ce sont autant de manières d’accroître sa notoriété, une démarche qui a également justifié la création d’un site Internet. « C’est dur de se faire connaître et pour renverser la vapeur, je viens de réaliser un clip à partir de la chanson Chums de Mononc’ Serge. J’en profite pour montrer les oeuvres exposées au Bistro de L’Anse et depuis qu’il l’a partagé sur son site, il y a une semaine, on a généré 3100 vues », se réjouit Guillot.