Nicolas de la Sablonnière propose une rencontre avec le sculpteur Thomas Meloche dans son sixième long métrage intitulé Tomahawk.

«Tomahawk»: faire les choses autrement

Les films sur les artistes sont souvent réalisés lorsque ceux-ci sont âgés ou disparus. Nicolas de la Sablonnière a décidé de faire les choses autrement afin de mettre en lumière un artiste en plein cœur de sa période créative.

L’artiste multidisciplinaire Nicolas de la Sablonnière a suivi Thomas Meloche, au cours des derniers mois, afin de créer un film de 1 h 22 sur le sculpteur installé à Sainte-Rose-du-Nord.

« C’est un documentaire-portrait sur un sculpteur de la région en pleine possession de ses moyens. On le découvre dans son travail et dans son mode de vie », décrit le cinéaste.

Le film, son sixième, a été tourné en 45 jours, sur une période d’un an. « Je voulais suivre le sculpteur à travers quatre saisons. Thomas suit le cours des saisons au niveau de sa création. En été, il sculpte le bois et la roche. En hiver, il se sert de la neige et de la glace », explique-t-il.  

Nicolas de la Sablonnière et Thomas Meloche se connaissent depuis près de 20 ans. Au début de la vingtaine, ils faisaient tous deux partie du collectif d’artistes Cinco Saltarins. « On a fait plusieurs expositions régionales. Ensuite, on est parti à Montréal, chacun de notre côté, mais on ne s’est jamais perdu de vue. »

Nicolas de la Sablonnière est revenu de la métropole, où il faisait du cinéma de fiction, avec le désir de créer autrement. « Je voulais que ce soit plus léger, faire des films pour le plaisir », souligne-t-il. C’est exactement ce qu’il a fait avec le long métrage qu’il a intitulé Tomahawk. « Je l’ai fait seul avec une caméra et un micro. »

Il avait aussi un objectif clair en tête. « Je veux mettre de l’avant des gars et des filles qui font un bon travail qui n’est pas encore reconnu à sa juste valeur, explique-t-il. Les films sur les artistes sont souvent faits quand ils ont 70-80 ans ou quand ils sont morts. Moi, je considère que ces jeunes artistes valent la peine et je gage qu’ils vont perdurer. C’est intéressant de faire un film sur quelqu’un comme Thomas pendant qu’il est dans la fleur de l’âge. Il est dans la mi-trentaine. Il crée activement. » 

Le cinéaste est heureux du résultat obtenu: un film autoproduit « avec de l’huile de bras », en collaboration avec Jean-Charles Zanon de la compagnie Z’MProd qui a fourni l’équipement pour le tournage.

« C’est de l’ordre du portrait, d’une rencontre. Ça montre qui il est, ce qu’il fait et les personnes qui gravitent autour. On apprend beaucoup à connaître quelqu’un par les gens qu’il côtoie », affirme celui qui est aussi fier de la trame sonore du film, composée de pièces de musiciens de la région qui ont collaboré gracieusement.

Nicolas de la Sablonnière dresse aussi un parallèle entre le film et sa pratique en arts visuels. 

« Ce genre de film, pour moi, c’est du cinéma impressionniste. Je pars sans scénario, puis la structure se découvre à mesure, comme lorsque je pars avec une toile blanche et que je donne un premier coup de pinceau. J’adore la liberté que ça donne », affirme celui qui envisage de créer le même genre de films sur d’autres artistes. 

Tomahawk sera présenté à la Salle Pierrette-Gaudreault du Mont-Jacob de Jonquière le 9 novembre, à 20 h. Le coût d’entrée est de 10 $. Les billets sont en vente via La Rubrique, ainsi qu’à la porte le soir de la projection.