Tina Pearson est en résidence au Centre d’expérimentation musicale. Elle sera en concert samedi, à la ferme Les Jardins de Sophie.

Tina Pearson veut retrouver les racines du son

Compositrice et improvisatrice de la Colombie-Britannique, Tina Pearson veut retrouver les racines du son. Celle qui est en résidence en septembre au Centre d’expérimentation musicale (CEM) nous invite à repenser notre relation avec les sons qui nous entourent. Avec un groupe d’artistes de la région entièrement féminin, elle sera en concert samedi dans une ferme de Saint-Fulgence, aux Jardins de Sophie.

Le moment choisi pour présenter cet événement n’est pas fortuit. Il arrive quelques jours avant l’équinoxe d’automne, alors que la saison des récoltes achève chez les producteurs maraîchers et que les couleurs s’installent dans les arbres.

Ce moment coïncide avec la démarche organique de Tina Pearson. Elle questionne l’idée que les musiciens « se séparent de leur corps et de leur pulsion primaire » pour jouer une partition. Elle écoute et s’inspire des sons ambiants de la ville. Elle transpose les paysages, les reliefs dans ses créations.

« Présenter sa musique dans un concert est un concept relativement récent. Il y avait un rôle pour ceux qui produisaient des sons dans tous les rituels, dans les rassemblements, dans les rites de passage... Je réfléchis à cela quand je compose de la musique. Je réfléchis aussi aux manières de se distancer un peu du format traditionnel du concert, qui peut être élitiste. »

Sa proposition de résidence a plu à l’équipe du CEM. Son désir de jouer à l’extérieur, sa manière d’écrire ses compositions en utilisant des partitions graphiques qui emploient des dessins et sa volonté d’inclure les membres du CEM cadraient parfaitement avec la mission de l’organisme qui a pignon sur rue à Chicoutimi.

« La possibilité de travailler avec des personnes d’ici m’intriguait, indique Tina Pearson. Je ne voulais pas arriver avec une pièce déjà construite, que les musiciens n’auraient eu qu’à interpréter. Je suis venu ici pour qu’on crée quelque chose, ensemble, unique à Saguenay. »

Tina Pearson a monté une équipe composée de huit artistes issues de différents milieux. On y retrouve des musiciennes (Marisol Josée, Camille Brisson, Laurie Dubois-Bouchard, Anik Paquet et Isabelle Harvey), des chanteuses (Sara Létourneau et Caroline Tremblay), ainsi qu’une danseuse (Mya Lalancette).

« Elles ont toutes un parcours différent, mais un esprit d’équipe s’est formé très rapidement. Ce sont toutes des femmes très intéressantes, curieuses et ouvertes d’esprit » croit Mme Pearson.

« Je leur ai posé des questions sur leur relation intime avec le son, leurs ancêtres et la biosphère, les arbres, l’eau, le ciel... Nous avons aussi fait des exercices d’écoute en groupe. Nous essayons de découvrir comment nous sonnons ensemble, pour arriver à nous comprendre dans les moindres détails. Nous allons présenter une pièce, qui comprend de petits morceaux que nous avons composés en équipe. Nous sommes encore en train de perfectionner le processus », ajoute l’artiste.

Le concert est présenté samedi, à 13 h 30, à Saint-Fulgence. Comme à l’habitude, il n’y a pas de prix d’entrée fixe, mais une contribution libre est demandée.