Après une tournée aux quatre coins de l’Europe, Three Days Grace sillonne le Canada d’un océan à l’autre.

Three Days Grace: toujours plus loin...

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Three Days Grace aura fait du millage cet automne... Il y a eu cette tournée qui a mené le groupe du Royaume-Uni à la Russie en passant par l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, la Pologne, l’Ukraine, la République tchèque, l’Estonie et on en passe. Il y a eu cette virée au Kenya dans ce qui est devenu l’ébauche d’un projet humanitaire. Après quelques jours de pause, voilà que les Ontariens ont repris la route pour traverser le Canada d’un océan à l’autre. À quelques jours de leur escale au Centre Vidéotron, où ils présenteront samedi leur spectacle Outsider, Le Soleil s’est entretenu avec le batteur de ce groupe chouchou des Québécois, Neil Sanderson.

Q Votre tournée européenne vous a amenés à offrir 25 spectacles en moins d’un mois dans une bonne douzaine de pays. Qu’est-ce que ça fait de voir que Three Days Grace continue de trouver de nouveaux fans à l’international?

R C’est assez fantastique. Quand on considère qu’on est là depuis près de deux décennies, on a un public qui est assez jeune. Il y a pas mal de jeunes qui découvrent maintenant le groupe et qui se rendent compte qu’ils reconnaissent certaines pièces de notre répertoire. Ça nous rend vraiment heureux de voir que ça se passe en Europe et aussi en Amérique du Nord. C’est fou de penser que ça fait déjà six ans que [le chanteur] Matt [Walst] a rejoint le groupe. Nous sommes plus unis que jamais.

Q Justement, c’est plutôt inhabituel pour un groupe à succès de changer de chanteur sans perdre de plumes...

R C’est extraordinaire d’avoir eu des fans qui nous ont suivis dans ce périple. Nous considérons tout ça comme une aventure un peu folle, où nous ne savions jamais ce qui nous attendait dans le détour. Mais ça fait partie du plaisir. Je crois que c’était notre destin. Nous avons seulement continué. Tout juste après l’arrivée de Matt, nous avons enregistré les chansons Painkiller et I am Machine, qui ont toutes deux été des numéros un. Ç’a solidifié les choses pour nous. Les fans se sont montrés ouverts.

Q Quel regard posez-vous sur le chemin parcouru par votre groupe?

R Je me considère chanceux d’avoir connu ce succès au fil des ans. Mais nous avons travaillé très fort et nous continuons de le faire. Je pense que la chose la plus importante pour nous se trouve dans nos paroles. Les messages que nous portons sont tous très honnêtes, très personnels. Nous écrivons toujours sur nos expériences personnelles, à propos des démons que nous avons combattus, des gens que nous avons perdus, des périodes sombres et des idées noires que nous avons pu avoir. Nous trouvons un côté thérapeutique à mettre ça en musique, parfois. C’est mieux que de garder tout ça en dedans. Et je pense que nos fans reconnaissent cette honnêteté dans notre musique. Nous écrivons sur des sujets qui touchent tout le monde. Les gens peuvent entendre leur propre vie dans nos chansons. Il y a là une connexion qui est puissante.

Q En septembre, la chanson Infra-Red est devenue votre 14e à atteindre le sommet du palmarès rock dit mainstream du Billboard, détrônant Van Halen, qui détenait jusque-là le record. Quelle a été votre réaction?

R C’était surréaliste. Matt et moi étions en Afrique quand nous avons appris la nouvelle. C’était une drôle de juxtaposition de battre un record mondial pendant qu’on était dans une communauté vivant dans des huttes de terre. C’était une bonne leçon d’humilité tout en étant une super nouvelle. En fin de compte, nous le devons à nos fans et à l’industrie de la musique qui nous ont soutenus toutes ces années. Nous ne ne serions pas là s’il n’y avait personne qui voulait nous voir et nous entendre. C’est vraiment un honneur.

Q Que faisiez-vous au Kenya?

R Une organisation humanitaire nous a offert la chance d’aller voir de nos propres yeux les défis auxquels ils sont confrontés là-bas. Nous avons un auditoire avec lequel nous pouvons partager ces histoires. Nous avons vraiment été inspirés pendant notre visite. Nous voulons amasser des fonds pour financer un projet qui aiderait des communautés à avoir un meilleur accès à de l’eau potable. Maintenant que nous y sommes allés, nous sommes vraiment motivés à embarquer dans une entreprise qui pourrait changer la vie de certaines personnes. Je suis convaincu que nos fans seront aussi motivés à le faire, que ce soit en levant des fonds ou du moins en se sensibilisant à ce qui se passe là-bas. Nous avions avec nous une équipe de tournage. Nous rendrons public un mini-documentaire qui permettra aux gens de voir ce que nous avons vu.

La tournée Outsider de Three Days Grace s’arrête samedi au Centre Vidéotron. Les formations Nothing More et Fozzy se produiront en début de soirée.