Après 45 minutes, le spectacle a dû être suspendu pour des raisons de sécurité.

Théâtre d'été sous les éclairs

Une cinquantaine de personnes ont bravé la pluie et les éclairs jeudi soir pour assister au spectacle La Maison coupée en deux, à Saint-Fulgence.
Malgré la météo, les rires et les applaudissements étaient au rendez-vous. Le spectacle présente Contes et légendes du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de l'auteur et metteur en scène Jimmy Doucet, et qui s'inscrit dans La route des légendes.
Les spectateurs ont pu devenir pendant une soirée les voisins d'une famille québécoise qui accueille Bernard, un écrivain français en panne d'inspiration. Venu chercher une légende québécoise à raconter à son retour en France, Bernard provoque les rires du public lorsqu'il ponctue son discours d'expressions typiquement françaises, incompréhensibles par les autres personnages. La famille saguenéenne en a donc profité pour lui raconter des histoires de loups-garous et de monstre au fond du lac Saint-Jean.
Malheureusement, après 45 minutes de légendes locales, le spectacle a dû être suspendu pour des raisons de sécurité puisque le public était seulement protégé par une bâche, et que les éclairs se rapprochaient.
Rêve d'enfant
Parmi les 18 comédiens qui prennent part au spectacle, seulement six sont des professionnels. Au milieu des bénévoles qui se donnent la réplique tous les jeudis et vendredis, quatre amies retraitées foulent les planches depuis maintenant quatre ans. « Depuis que je suis jeune, c'est un rêve de petite fille. Je regarde tous les télés romans, j'ai toujours voulu être comédienne et voir l'envers du décor », raconte fièrement Linda Simard. Les quatre amies se disent très privilégiées de bénéficier des conseils du metteur en scène Jimmy Doucet, et des autres comédiens professionnels.
À leurs débuts, les comédiennes amateurs avaient seulement un rôle de figuration. « La première année, on ne parlait pas, on était juste sur la scène, mais muettes. Mais plus les années avancent, plus on parle ! Il nous fait confiance, Jimmy », assure Rose Hélène Tremblay, qui est sur scène tous les jeudis soirs. Le vendredi, elle est remplacée par Brigitte Beaumont et prend alors place des les gradins pour admirer ses collègues sur scène.
« Les scènes, je les connais par coeur, mais je ris toujours autant. Des fois, j'ai même envie de rire sur scène », plaisante Mme Tremblay.
Elles commencent à travailler leur texte dès le mois de mars, à raison de deux fois par semaine. Mais quand l'été approche, les retraitées font plusieurs rencontres par semaines en dehors des heures de pratique. « Ça fait quatre ans, on devient bonnes. On a toujours des trucs à apprendre parce que chaque année notre rôle change, mais le stress n'est plus là comme au début, explique Linda Simard. Chaque année on a hâte que ça commence, et on est tristes quand ça termine. »
Avenir positif
Depuis quatre ans, La Maison coupée en deux fait la fierté des habitants de Saint-Fulgence. Des bénévoles, il y en a sur la scène, mais aussi en dehors. Plusieurs volontaires s'occupent de la billetterie, du placement des spectateurs et de l'organisation. Beaucoup de touristes viennent assister au spectacle. « On a des gens de Saguenay principalement, mais il y a des touristes d'ailleurs qui mettent ce spectacle dans leur itinéraire de voyage », précise la coordonnatrice de La maison coupée en deux, Jessica Fortin-Simard.
Pour l'avenir, l'organisation espère augmenter sa visibilité avec l'installation d'un micro brasserie à côté du site, en 2018. « Là on commence à être plus connus, on fait des pièces de Jimmy Doucet, mais qui nous dit qu'on ne serait pas capables de faire des pièces universitaires ou même un ciné-parc », lance Mme Fortin-Simard, la tête remplie de projets pour La Maison