L’écrivain saguenéen Paul Kawczak vient de recevoir le Prix des lecteurs L’Express/BFMTV pour le roman <em>Ténèbre</em>, publié à La Peuplade. Cette distinction accordée par des médias jouissant d’un puissant rayonnement en France aidera le livre à rebondir, après la longue parenthèse imposée par le confinement.
L’écrivain saguenéen Paul Kawczak vient de recevoir le Prix des lecteurs L’Express/BFMTV pour le roman <em>Ténèbre</em>, publié à La Peuplade. Cette distinction accordée par des médias jouissant d’un puissant rayonnement en France aidera le livre à rebondir, après la longue parenthèse imposée par le confinement.

Ténèbre de Paul Kawczak décroche un prix en France

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
Le Saguenéen Paul Kawczak s’est vu décerner le Prix des lecteurs L’Express/BFMTV pour le roman Ténèbre, publié à La Peuplade. Présidé par l’écrivain Laurent Gaudé, le jury formé de lecteurs avait amorcé ses travaux au début de l’année. Ses membres ont lu les dix livres faisant partie de la sélection finale avant d’amorcer leurs échanges.

« Laurent Gaudé m’a téléphoné mercredi. Il a beaucoup aimé Ténèbre, alors que d’autres le trouvaient sombre. Les délibérations ont été ardues », a raconté Paul Kawczak à l’occasion d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien. Il faut croire que l’homme s’est montré persuasif, ce qui procurera un surcroît de visibilité au premier roman de son collègue.

Originaire de la France, où il séjourne depuis quelques mois, celui-ci mesure l’importance de cette distinction à laquelle aucun montant n’est rattaché. La récompense tient à la notoriété que peuvent conférer le magazine d’information L’Express, ainsi que la chaîne BFMTV, l’une des plus populaires du pays.

« C’est une grosse chaîne privée. Elle a diffusé une entrevue pendant l’émission du matin, où j’ai parlé des violences policières et tracé un lien avec le déboulonnement des statues, dont celle du roi Léopold II, à laquelle je m’attendais. Le livre est dans l’air du temps, puisqu’il remet en question le passé colonial de la Belgique », mentionne Paul Kawczak.

Une relance appréciée

Ténèbre est un roman d’aventures dont le personnage central, un géomètre, a pour mission de tracer la frontière du Congo. Cet homme découvre avec quel mépris on traite les Africains, dont la vie ne pèse pas plus lourd que celle d’une mouche. On assiste aussi à une transfiguration sur fond de maladie et de découpe humaine. Le corps du scientifique devient un objet mystique.

Pour revenir au prix, l’auteur a été surpris de le recevoir. « Je ne tenais rien pour acquis, mais je suis heureux parce que ça va relancer le livre en librairie, énonce-t-il. Au Québec, les ventes sont restées bonnes, alors qu’en Europe, le confinement a tout mis sur la glace. Comme il y aura un bandeau, une nouvelle mise en place sur les étagères, Ténèbre pourra rebondir. »

Lui-même se trouve toujours en France, où la pandémie l’a surpris en mars. Il s’est confiné à Besançon, sa ville natale, et profite de l’assouplissement des mesures sanitaires pour faire du tourisme et revoir des amis, tout en travaillant à distance pour La Peuplade. Son retour au Québec est prévu pour le 14 juillet.

Ici comme en Europe, plusieurs espèrent lire un deuxième roman signé Paul Kawczak. Celui-ci préfère toutefois écouter sa voix intérieure, qui lui conseille la prudence. « Il faut garder sa propre temporalité, plutôt que d’écrire pour surfer sur la vague », affirme l’écrivain. En attendant, il se réjouit que les droits aient été acquis en Espagne, de même qu’en Pologne, la patrie de ses ancêtres.