Sylvain Cossette présentera son spectacle les 22 et 23 février, à Dolbeau-Mistassini et La Baie.

Sylvain Cossette, l’homme des années 80

Les années 80 sont synonymes de coiffures étranges et de modes vestimentaires ultra-éphémères, ce qui fait le bonheur de ceux qui examinent l’album photo de leurs parents. Sylvain Cossette ne fait pas exception à la règle. Lui aussi a arboré des looks singuliers, dont la seule évocation provoque une réaction amusée. Cette période de sa vie a aussi coïncidé avec ses débuts dans le monde du spectacle, une expérience que reflète sa nouvelle production, simplement baptisée 80s.

Ce spectacle, lancé le 6 septembre, reprend la formule de 70s, l’un de ses plus gros succès en carrière. Carburant à la nostalgie, Sylvain Cossette propose une série de chansons appartenant aux répertoires francophone et anglophone, pimentées par des anecdotes. Plusieurs, parmi celles-ci, éveillent le souvenir de la formation Paradox, qui était spécialisée dans les reprises au goût du jour. Pendant une dizaine d’années, elle a écumé les bars et les discothèques de la province.

« Nous avons couvert toute la décennie, une période pendant laquelle la musique a beaucoup changé. C’est au sein de ce groupe que j’ai appris à jouer devant une foule, et ce, dans toutes les conditions imaginables. Dans la grosse boucane. Devant des gens sur le party. J’ai aussi vu qu’un jeudi, ce n’est pas nécessairement comme un samedi. J’ai tout vécu et aujourd’hui encore, je considère que c’était la meilleure école », a raconté Sylvain Cossette au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Il se souvient notamment du Dagobert, la célèbre discothèque de la Grande Allée, à Québec. « Dans cette salle, il y avait autant de monde le lundi que le samedi, ce qui était exceptionnel. C’est une époque où les gens aimaient sortir. Ils avaient le goût de voir des groupes jouer, de faire le party. Plusieurs d’entre eux profitent de la tournée 80s pour reprendre contact avec moi. Ils ont toujours un beau sourire dans la face », s’émerveille le chanteur.

Un souci d’authenticité

Sylvain Cossette aurait été content de présenter le nouveau spectacle une cinquantaine de fois, mais la demande a explosé, ce qui n’est pas pour lui déplaire. En février, par exemple, 80s sera présenté pour la première fois au Saguenay–Lac-Saint-Jean (le 22 février à la salle Desjardins-Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini ; le lendemain au Théâtre du Palais municipal de La Baie). Et ce n’est pas fini, puisque la tournée devrait s’échelonner sur trois ans.

« Le public ne se limite pas aux personnes qui ont vécu les années 80. Puisque plusieurs chansons de cette époque sont utilisées au cinéma, on voit beaucoup de trentenaires dans nos salles, qui sont pleines. Maintenant, le spectacle est bien rodé. On joue pendant 1 h 50, sans arrêter, et le plaisir qu’on ressent est contagieux », affirme l’interprète.

Son original

Authenticité oblige, lui et ses quatre musiciens reproduisent fidèlement le son des pièces originales. Ils ont beaucoup travaillé pour y arriver, ainsi que pour sélectionner les titres intégrés au programme. « J’en avais 125 à l’origine. J’ai baissé ça à 25, avant de consulter les fans via Facebook. En comptant les medleys, on se rend à une quarantaine de pièces », rapporte Sylvain Cossette.

Des écrans installés sur la scène projettent des images, mais le coeur du spectacle se trouve dans la salle, au sein du public. « On tripe avec les gens, affirme le chanteur. Certains soirs, ils sont debout du début à la fin, mais une chose est sûre, quand on commence à faire le succès de Corey Hart, Sunglasses At Night, personne ne reste assis. C’est automatique. »

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À L'ÉPOQUE DE PARADOX

À l’époque où il faisait partie du groupe Paradox, Sylvain Cossette prenait plaisir à anticiper les tendances musicales. Dès qu’ils mettaient la main sur un nouvel album susceptible de générer un engouement, lui et ses camarades sélectionnaient les titres les plus prometteurs, puis les assimilaient en l’espace de quelques heures. C’est ainsi que leur spectacle formé de reprises demeurait actuel.

« Les gens étaient surpris de voir que nous faisions ces pièces avant même qu’elles deviennent des hits », note le chanteur, en donnant l’exemple du disque Songs From The Big Chair, du groupe Tears For Fears. Ceux qui suivaient les activités de Paradox n’ont pas attendu longtemps avant de découvrir ses versions de Shout et de Everybody Wants To Rule The World.

Ça tombait bien, puisque cette formation comptait parmi les favorites de Sylvain Cossette, au même titre que Simple Minds, INXS et U2. « J’aimais beaucoup le new wave. Il y a des choses là-dedans qu’on pouvait trouver bonbon, mais avec le recul, on réalise que ces compositions étaient bien construites, avance-t-il. Quand on fait abstraction des synthétiseurs, ça ressort. »

Rock et slow

Dans le spectacle 80s, il ménage également une place au rock de cette époque. Bryan Adams est un incontournable, tout comme les groupes Loverboy et Def Leppard. « Bon Jovi était moins dans ma palette, mais je respecte ce qu’ils ont fait. Au Québec, par ailleurs, il y a eu Corey Hart, ainsi que Men Without Hats, avec The Safety Dance. Ils ont eu un succès planétaire », rappelle le chanteur.

Une pratique révolue a aussi droit de cité dans 80s : le slow. « Lady In Red était l’un des plus gros quand on arrivait à trois heures moins quart, tout comme Careless Whisper. I Just Called To Say I Love You était aussi très populaire, mais celle-là, je l’aimais moins, confie Sylvain Cossette. Ce segment du spectacle provoque toujours une belle réaction. Des gens se lèvent pour danser un slow, même entre les rangées. »

Ils sont nostalgiques d’un temps où la musique se vivait sur une piste de danse, souvent en compagnie de groupes de covers comme Paradox, un sentiment que partage le chanteur. « Aujourd’hui encore, il m’arrive de chercher un bar où on joue des tounes que j’aime, sauf que c’est devenu rare, se désole-t-il. C’est un mystère pour moi, le fait que des gens se déplacent pour voir un DJ, de préférence à des musiciens en chair et en os. »