Auteure des quatre livres formant la série Zack, Sylvie Marcoux est heureuse de l’accueil réservé à ces histoires centrées sur quatre jeunes vivant dans un village tricoté serré. Elle reconnaît que la fin de ce cycle d’écriture représente l’équivalent d’un deuil, celui de ses personnages dont les tribulations ont été illustrées par de jolis dessins réalisés par Louise Catherine Bergeron.

Suite et fin des aventures de Zack et ses amis

« C’est sûr que je suis en deuil, mais ça n’aurait rien donné de prolonger la série. J’ai dit ce que j’avais à dire », affirme Sylvie Marcoux. La publication du quatrième volet de la série Zack, un livre intitulé Le clan de Zack, marque en effet la fin d’un cycle. L’auteure originaire de la région est allée au bout des aventures de Zack, Charlie, Abbie et Katou, ses sympathiques héros enracinés à Saint-Là-Là-du-Bout-du-Monde.

Après s’être attardée au cas des trois premiers dans les ouvrages précédents, elle comptait évoquer le cheminement de Katou, la petite Haïtienne désormais installée au Québec. La nécessité de conclure a toutefois imposé d’autres priorités. Il fallait attacher les fils, comme on dit, amener chaque membre de la bande au bout de ses expériences.

« En ce qui regarde Charlie, le troisième tome a montré pourquoi il était si méchant. Dans Le clan de Zack, par contre, on voit que cet enfant qui a perdu ses deux parents, dont le grand-père se porte mal, travaille très fort pour s’en sortir », décrit Sylvie Marcoux. Comme ses camarades, il consacre la première moitié du congé estival à un projet personnel, en l’occurrence un voyage à Montréal. Puis, c’est le retour au village, où le quatuor s’investit dans un chantier collectif.

Il mène de front plusieurs initiatives ayant pour trait commun d’embellir sa communauté, tout en donnant une deuxième vie à différents objets. Ce défi mobilise aussi des adultes bienveillants, ce qui illustre à merveille le proverbe africain affirmant que ça prend un village pour élever un enfant. « Au début de la série, Saint-Là-Là-du-Bout-du-Monde n’était pas aussi présent. Il a pris plus de place à partir du deuxième tome », mentionne l’auteure.

C’est une autre chose qui a bougé en chemin, tout comme l’âge des protagonistes. Ainsi, sa première idée était de parler d’un garçon, Zack, au moment où il faisait l’apprentissage de la lecture. 

Un texte a été soumis à sa maison d’édition, Dominique et compagnie, et celle-ci a suggéré de vieillir le héros et ses amis. Elle lui a également proposé d’ajouter plusieurs pages à son manuscrit et de faire de ce livre la pierre d’assise d’une série.

« Au début, je n’avais pas de plan, mais ce projet a bien tourné. La série est populaire dans les écoles et les bibliothèques, et je remarque que fréquemment, des adultes achètent les livres. Entre autres, ils sont sensibles au fait que j’aborde le phénomène de l’intimidation par l’entremise de Zack. Je crois en effet qu’un livre doit apporter quelque chose, en plus de se révéler divertissant », estime Sylvie Marcoux.

Au fil des cinq années d’écriture qui ont balisé la série Zack, elle s’est attachée à ses personnages, autant qu’aux dessins réalisés par Louise Catherine Bergeron. C’est ce qui explique le deuil évoqué plus haut, un deuil semblable à celui que l’auteure a vécu à la fin des aventures de Victoria, héroïne de la saga qui l’a précédée. Un sentiment de vide s’était alors manifesté, lequel fut de courte durée.

La différence est qu’aujourd’hui, le besoin de publier est moins présent. « J’ai une histoire en tête, mais je ne sais pas si je la soumettrai à un éditeur parce que je trouve difficile de composer avec un échéancier. Ça me bloque. Il y a aussi le fait que j’ai beaucoup écrit depuis 2001. Je ne suis plus dans l’urgence », affirme Sylvie Marcoux.