Steve Hill revient avec plaisir dans la région, à compter de vendredi. Le musicien se produira en solo au Vieux Couvent de Saint-Prime, puis au Bistro Café Summum de La Baie.

Steve Hill en formule 2 pour 1

Steve Hill n’est pas du genre à faire les choses à moitié. Au cours de la tournée One Man Blues Rock Band, qui fera escale au Vieux Couvent de Saint-Prime et au Bistro Café Summum de La Baie, vendredi et samedi, il assure la première partie avant de revenir sur scène pour finir la soirée. Grâce à cette formule originale, l’homme-orchestre rend justice à tous les genres musicaux qui nourrissent son imaginaire.

« La première partie est acoustique. Je fais de nouvelles pièces et d’autres qui proviennent des trois albums formant la série Solo Recordings. C’est vraiment l’fun parce que ça crée un beau buildup. Je me réchauffe tranquillement, puis, après la pause, on entre dans la partie qui brasse », a décrit l’artiste mercredi, à l’occasion d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

On l’associe spontanément au blues, mais lui-même rappelle que le folk, le country et le rock font également partie de son coffre d’outils. Ces temps-ci, par exemple, le programme comprend l’essentiel du dernier album, enregistré en spectacle à Québec. D’autres pièces sont ajoutées au gré de ses préférences, qui peuvent évoluer à tout moment.

« J’ai l’habitude de préparer la liste 15 minutes avant le spectacle. Même si je suis seul sur scène, il faut que j’informe le technicien, notamment pour prévoir les changements de guitares. Devant le public, par contre, je me donne la liberté d’improviser à l’intérieur d’une toune, des fois en l’associant à une autre. Il m’arrive aussi d’en faire quatre en ligne, sans prendre de pause. Je trouve ça bien l’fun. Ça donne du rythme », explique Steve Hill.

Sa présence à Saint-Prime et à La Baie coïncide avec une tournée hivernale du Québec amorcée au début de février. Le contexte était particulier, puisqu’à ce moment-là, l’artiste venait de passer six semaines loin de la route, dans le but de travailler sur son prochain disque. « J’étais content de recommencer. Comme ça se passe chez nous, j’avais hâte de revoir les gens que je connais dans chaque région, comme Noël Fortin au Vieux Couvent. C’est tout le temps l’fun de jaser avec lui », fait-il remarquer.

Ce retour aux sources lui rappelle que le temps est passé vite, depuis ses débuts avec le Bob Harrison Blues Band, il y a un quart de siècle. « C’est comme ça que je me suis fait connaître au Québec. On jouait partout », se souvient Steve Hill.

Ensuite, il a tourné à son compte, avec d’autres musiciens, avant s’opter pour le solo. Ce fut un peu par nécessité, mais rapidement, la formule a suscité l’intérêt du public et des diffuseurs. Donner 125 spectacles par année, c’est le rythme qu’il maintient depuis 2015.

Vu l’énergie que déploie le musicien sur scène, on pourrait croire que la charge de travail dépasse le seuil raisonnable. Or, c’est ce qui aide l’artiste à préserver ses forces. « Mon spectacle, c’est comme un marathon, dans le sens où ça me garde en forme. C’est plus facile de jouer cinq fois dans la même semaine, au lieu de deux. Mais c’est sûr qu’à la fin de la soirée, je ne fais pas le party », lance Steve Hill en riant.

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L'ALBUM DE TOUTES LES POSSIBILITÉS

Toutes les options sont ouvertes en ce qui touche le prochain album de Steve Hill, qui devrait sortir à l’automne. Puisqu’il ne constituera pas le quatrième chapitre de la série des Solo Recordings, dont la dernière manifestation remonte à 2016, l’artiste jouira d’une latitude absolue lorsque viendra le temps de dresser la liste des musiciens invités.

Il pourrait être le seul à participer aux séances d’enregistrement, sans toutefois respecter le mode de fonctionnement propre aux Solo Recordings, lequel consiste à tout faire en même temps, comme dans ses spectacles. C’est ce que laissent entrevoir les plages qui sont déjà en boîte. « J’ai joué de tous les instruments, puis j’ai mis ça ensemble en faisant des overdubs », explique le Trifluvien.

Il est particulièrement fier d’une composition intitulée Rain. Elle lui plaît tellement que Steve Hill l’a intégrée au programme de sa tournée québécoise. 

« C’est ma meilleure chanson à vie et celle qui provoque la réaction la plus forte de la part du public », avance-t-il. Elle a vu le jour en Californie, entre deux séries de spectacles. La version studio a été créée à Los Angeles, chez l’un de ses amis.

D’autres titres ont vu le jour au début de la présente année, alors qu’il a mis de l’ordre dans les notes et les bouts d’enregistrements accumulés au fil des tournées. « Comme je ne finis rien sur la route, j’avais besoin d’une pause pour faire le tri. Parmi les choses qui sont ressorties, il y en a qui tirent sur le rock, et d’autres sur le folk », fait observer le musicien.

Il reste à voir dans quel contexte l’album sera réalisé et quelle couleur prendront les spectacles qui en découleront, ce qui nous ramène aux options évoquées tantôt. « Je parle à des chums à ce sujet. Puisqu’il serait possible de faire les chansons dans n’importe quel contexte, tout est possible », affirme Steve Hill qui, manifestement, chérit la liberté que lui procure sa capacité de magnétiser une salle en jouant tout seul de la batterie, de la guitare, de l’harmonica et des cymbales.