Comme en témoignent les images de la pièce, le public peut s’attendre à un spectacle éclaté, coloré et percutant. Pas moins de 130 costumes sont nécessaires, offrant une véritable parade aux spectateurs.

Stéréotypes, politique et terrorisme

« Le public va rire, sera diverti, mais ça va jaser pas mal dans les voitures après le spectacle ! » La comédienne Isabelle Vincent espère que les spectateurs qui sortiront de la Salle Pierrette-Gaudreault, samedi soir, seront touchés, peut-être chamboulés, et surtout animés par un désir de discussion. La pièce Le Manifeste de la jeune fille s’arrête en sol jonquiérois et promet de s’attaquer aux sujets qui alimentent notre actualité. « Est-ce possible de changer le monde ? », voilà la question à laquelle tenteront de répondre les sept comédiens qui se partageront la scène.

En lisant le descriptif de la pièce, on s’attendrait à quelque chose d’axé sur les stéréotypes de la beauté et de la jeunesse.

« Le Manifeste de la jeune fille met en scène un modèle de consommateur idéal issu des magazines féminins : la jeune fille. La jeune fille n’a ni sexe ni âge. Elle est la figure de proue du capitalisme, dont elle prétend chercher une porte de sortie », peut-on lire, dans le synopsis de la pièce. Mais c’est beaucoup plus que ça, explique la comédienne Isabelle Vincent, qui fait partie de la distribution.

« La consommation, c’est le point de départ de la pièce. Le texte fait réfléchir sur des sujets comme le bien-être, par exemple. On veut bien manger, on veut être actif, on ne mange pas de gluten, on s’achète des tapis de yoga. Mais en fait-on vraiment, du yoga ? On essaie d’être parfaits ! Le texte enchaîne ensuite sur la politique et ira même jusqu’au terrorisme. L’environnement est également un sujet qui est partie prenante du texte », souligne Mme Vincent, lors d’une entrevue accordée au Progrès plus tôt cette semaine.

Un public ouvert

Le texte du Manifeste de la jeune fille n’est ni cynique ni désespéré, mais plutôt empreint d’espoir, promet la sympathique comédienne. « L’auteur, Olivier Choinière, est un auteur très contemporain et assez percutant. Il prend toutefois la peine de finir sur une note très positive, ce qui devrait, je l’espère, susciter les conversations lors du retour à la maison des spectateurs », a souligné Isabelle Vincent, qui se fait un réel plaisir de revenir jouer à Jonquière. En effet, la comédienne parle avec grand plaisir de la pièce Saint-André-de-l’Épouvante, qu’elle avait jouée à Jonquière en 2015.

« J’adore le public du Saguenay. Il est ouvert à différente forme d’art et j’ai beaucoup aimé discuter avec lui», a lancé Isabelle Vincent, qui sera disponible aux spectateurs même s’il n’y a pas de discussion officielle organisée.

« Un manifeste, ce n’est pas une pièce habituelle, car le public devient un partenaire, il n’est pas seulement en mode écoute. Les comédiens s’adressent directement à lui », souligne celle qui est entourée sur scène de Raymond Cloutier, Stéphane Crête, Muriel Dutil, Joanie Martel, Catherine Paquin- Béchard et Sébastien René.

Comme en témoignent les images de la pièce, le public peut s’attendre à un spectacle éclaté, coloré et percutant. Pas moins de 130 costumes sont nécessaires, offrant une véritable parade aux spectateurs.

Le public saguenéen est chanceux de pouvoir assister au Manifeste de la jeune fille, puisqu’il s’agit du seul arrêt de la pièce prévu en région « éloignée ». La pièce a surtout été présentée en banlieue de Montréal, à Québec, à Victoriaville puis s’arrêtera à Trois-Rivières après Jonquière.