Le Stephen Barry Blues Band reviendra jouer à Chicoutimi le 22 avril, au bar L’Inter, à l’invitation du Festival jazz et blues de Saguenay. Il célébrera alors ses 45 ans d’existence, ainsi que le 40e anniversaire de son premier album, Live à l’hôtel Nelson.
Le Stephen Barry Blues Band reviendra jouer à Chicoutimi le 22 avril, au bar L’Inter, à l’invitation du Festival jazz et blues de Saguenay. Il célébrera alors ses 45 ans d’existence, ainsi que le 40e anniversaire de son premier album, Live à l’hôtel Nelson.

Stephen Barry, une vie dans le blues

Trois chiffres donnent la mesure du spectacle que le Stephen Barry Blues Band proposera le 22 avril à 20 h, à l’Inter de Chicoutimi, dans le cadre du Festival jazz et blues de Saguenay. L’événement lui-même célébrera son 25e anniversaire, tandis que la formation basée à Montréal affiche 45 années au compteur. Elle profitera de son passage dans la région pour souligner une autre étape importante, soit la sortie de son premier album, Live à l’hôtel Nelson, il y a 40 ans.

Le leader de la formation en parle avec humour, de ce spectacle qui avait eu lieu dans la célèbre salle du Vieux-Montréal. « On était ben stone, ce soir-là, et si on avait décidé d’enregistrer notre premier album sur scène, plutôt qu’en studio, c’est parce que ça coûtait moins cher », a-t-il raconté il y a quelques jours, à la faveur d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Réédité en 2019, ce disque témoigne de l’énergie que distillait le combo. Côté répertoire, il était omnivore, un trait de personnalité qui fait toujours partie de son ADN. Un vieux blues peut cohabiter avec une reprise des Rolling Stones ou de Ray Charles, ainsi que le constateront ses fans du Saguenay-Lac-Saint-Jean. « On joue n’importe quoi, mais avec une approche blues », précise Stephen Barry.

Il était âgé de 16 ou 17 ans quand ce genre musical l’a interpellé pour la première fois, un peu par la bande. Il a suffi d’une composition, le succès Green Onions de Booker T. & The MG’s, pour élargir ses horizons. Une autre source d’illumination fut le Paul Butterfield Blues Band. Le Montréalais n’a besoin que d’un mot pour résumer ses sentiments à l’égard de cette formation phare des années 1960 : « Tabarnouche ! »

Ses débuts ont eu lieu pendant son séjour à l’Université McGill. Il était inscrit à des cours de biologie et de littérature anglaise, mais sa véritable formation s’est déroulée loin des salles de classe, en compagnie d’autres amateurs de blues. « On préférait écouter et jouer de la musique. À ce moment-là, je possédais une basse électrique fabriquée au Japon. Elle m’avait coûté 17 $, rapporte Stephen Barry. On n’avait pas de guitariste, ni de batteur, mais un clarinettiste. C’était weird. »

Il a alors fait partie de différents groupes, dont le Backdoor Blues Band et The Sidewinders, tout en effectuant une incursion dans l’univers du bluegrass au début des années 1970. Le succès est venu lorsqu’une autre formation, portant cette fois son nom, a vu le jour dans la foulée de ces expériences plus ou moins confidentielles. « C’est malheureux qu’il n’y ait aucun enregistrement du premier Stephen Barry Blues Band. On était très populaire », note le musicien et chanteur.

Comme de la télépathie

C’est la deuxième mouture du groupe, demeurée intacte pendant quatre ou cinq ans, qui a vu son travail immortalisé à l’hôtel Nelson. Le leader en faisait partie, évidemment, tout comme son éternel complice, le guitariste Andrew Cowan, qui sera lui aussi présent à Chicoutimi. Le souvenir de ces années folles reste vivace, pour toutes sortes de raisons qui ne touchent pas uniquement à la musique.

« Le band était formidable et nous avons beaucoup tourné au Québec. Chaque membre avait deux blondes », lance Stephen Barry avec un brin de nostalgie dans la voix. Les années ont passé, les gars se sont assagis, mais ressentent toujours autant de plaisir sur scène. Eux qui travaillent ensemble depuis une éternité forment un tout organique.

« Les musiciens sont mes chums, pas des employés. J’aime ces gars, leur répertoire, leur feeling, leur expérience. C’est rare de se côtoyer aussi longtemps au sein d’une même formation, de la même manière que le font les Rolling Stones. C’est comme de la télépathie quand on donne un spectacle. On est pas mal solides », mentionne le bluesman.

Heureux de revenir à Chicoutimi, où le festival l’a accueilli plusieurs fois, il adressera un clin d’oeil au premier enregistrement du Stephen Barry Blues Band, celui de l’hôtel Nelson. Poor Boy pourrait figurer au menu, laisse entendre le leader. En parallèle, d’autres pièces faisant partie de ses classiques seront servies aux amateurs, une liste qui pourrait comprendre Unchain My Heart de Ray Charles, Salt Of The Earth des Rolling Stones et des perles comme Tennessee Blues et Give Me A Stone.

« Puisque nous pouvons jouer 200 titres, notre spectacle est en constante évolution. Notre seul critère, au moment de sélectionner les chansons, c’est qu’elles nous touchent droit au coeur », explique l’heureux homme.