Stéphane Wrembel a perfectionné l’art de la guitare dans les camps manouches, en France.

Stéphane Wrembel: du jazz manouche au Côté-Cour

Le guitariste de renommée internationale Stéphane Wrembel commencera sa tournée québécoise à Jonquière le 15 novembre à 20h, au Côté-Cour, avec un premier concert où il proposera ses propres compositions et celles de l’icône du jazz manouche Django Reinhardt.

Le musicien français qui refuse les étiquettes passera ensuite par Québec, Trois-Rivières et Montréal. « On n’a pas de programme fixe. On teste un peu, on y va selon notre humeur, celle du public, le son de la salle », indique Wrembel en entrevue téléphonique depuis New York, où il est maintenant basé.

Le public aura notamment droit à Bistro Fada et Big Brother, des morceaux composés pour Minuit à Paris et Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen. Le guitariste a d’ailleurs remporté le Grammy de la meilleure musique de film en 2013 pour le premier titre. « Ils ont été composés pour pouvoir se jouer en “live” du début à la fin. Ce n’est pas juste pour mettre de l’ambiance à une scène. Ceux qui ont déjà vu le film vont forcément se le rappeler », note Stéphane Wrembel.

Ce dernier sera accompagné d’un autre guitariste, d’un bassiste et d’un batteur. Il s’agit des mêmes musiciens qui suivent le compositeur durant l’année, que ce soit au Canada, en Europe ou en Inde, pour un total d’environ 150 concerts. Bien que la cadence de trois prestations par semaine en moyenne soit impressionnante, Wrembel en a déjà fait beaucoup plus.

« Depuis le Carnegie Hall à New York en mars, j’ai baissé le rythme. Il me faut du temps pour composer et préparer du nouveau répertoire. Entre 2005 et 2010, ce pouvait être jusqu’à 450 par an ! Je ne prenais pas de vacances. Je n’ai plus besoin d’en faire autant maintenant. »

Stéphane Wrembel veut notamment approfondir le « côté Django » de sa musique. Il a découvert cet artiste quand il était jeune, alors que Reinhardt résidait dans son coin natal. Il s’est par la suite exercé à la guitare dans les camps manouches, ces nomades européens d’origine indienne.

Le compositeur planche aussi sur un nouvel album, qui continuera sur sa lancée. « Ça revient toujours à la philosophie, à la poésie. C’est ce qui m’inspire. Je travaille aussi sur autre chose de plutôt classique, mais je ne peux pas encore en parler », avance Wrembel. Les spectateurs ne doivent pas s’attendre à du contenu inédit, puisque le guitariste préfère aller en studio avant de présenter ses pièces sur scène.

Celui qui adore la musique de film aimerait bien employer son talent sur d’autres projets cinématographiques également, mais l’accès à cette industrie est souvent compliqué. « C’est quelque chose qu’on naît avec, je crois. Ça vient naturellement pour moi. »

La tournée s’inscrit dans un cadre particulier pour Stéphane Wrembel. « On passe à un niveau plus sérieux pour le Canada. On rapporte toujours de voyage une expérience, un son, des rencontres. C’est riche. C’était aussi important pour moi de venir au Québec. Ça fait du bien de pouvoir parler sa langue. Les gens sont aussi sympathiques. C’est un plaisir de venir », exprime-t-il.

La chanteuse originaire de Saguenay, Marie-Noëlle Claveau, assurera la première partie des concerts à Jonquière, Québec et Trois-Rivières.