Le producteur de spectacles Robert Hakim espère que le gouvernement prendra une décision rapidement afin de déterminer si les spectacles pourront être présentés au cours de la période estivale.
Le producteur de spectacles Robert Hakim espère que le gouvernement prendra une décision rapidement afin de déterminer si les spectacles pourront être présentés au cours de la période estivale.

Spectacles estivaux: une décision rapide espérée pour limiter les dégâts

Les promoteurs d’événements prévus cet été sur le territoire de Saguenay espèrent une décision rapide du gouvernement Legault quant à la possibilité ou non de tenir des spectacles. Pour eux, l’incertitude constitue le pire des scénarios et le temps qui file est synonyme de dépenses.

Productions Hakim

« Même si François Legault a affirmé qu’il serait surprenant que les événements puissent se tenir, ce n’est pas un décret », souligne Robert Hakim, dont l’entreprise, Productions Hakim, doit produire La Grande Ourse les 19 et 20 juin à L’Anse-Saint-Jean, le Festival des Bières du monde de Saguenay du 16 au 19 juillet, ainsi que le Festival international des Rythmes du monde de Saguenay (FIRM) du 6 au 15 août.

« On pense qu’il n’y en aura pas de spectacles, en juin et juillet, mais on ne le sait pas. On parle aux agents, aux partenaires et aux artistes au conditionnel. Une chose est certaine, plus on attend, plus on dépense. Ça prend une décision rapidement parce que le pire, c’est de ne pas savoir. »

Un décret gouvernemental est nécessaire afin de pouvoir annuler les spectacles et mettre fin aux différents contrats déjà signés. « Pour que ce soit un cas de force majeure, il faut que ce soit un décret du gouvernement. Sinon, on perd le dépôt fait aux artistes. »

Le producteur assure qu’il fait confiance au gouvernement Legault. « Le gouvernement prend les bonnes décisions au bon moment. Je pense qu’il prendra la bonne décision cette fois aussi, mais c’est un minimum de 60 jours avant un événement pour minimiser l’impact financier. Il y a des événements qui ne survivront pas, c’est clair. On est chanceux, puisque le FIRM fait partie du Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI). On a un suivi de ce qui se passe partout au Québec. »

Mercredi, une rencontre avec la ministre du Tourisme a rassuré le promoteur qui espère également une rencontre avec la mairesse de Saguenay rapidement. « Pour nous, le pire des scénarios reste un scénario acceptable, puisqu’on reporterait les événements à l’an prochain. Actuellement, on a un problème de “cash-flow” et un problème d’incertitude. On se prépare dans un cas comme dans l’autre. »

Robert Hakim envisage de reporter les événements avec les mêmes têtes d’affiche l’an prochain. « La programmation des Rythmes du monde n’avait pas encore été annoncée. C’est toute une programmation. C’est crève-coeur. »

Martin Tremblay, directeur général d’Événements 2M, ignore encore quelles seront les répercussions de la crise sur son entreprise.

Événements 2M

Une décision rapide est également attendue chez Événements 2M qui doit notamment produire le spectacle de Pennywise sur la Zone portuaire de Chicoutimi le 10 juillet prochain. Pour le promoteur privé, l’annulation d’événements engendre son lot de conséquences.

« On ne peut rien faire, on est en attente, confirme Martin Tremblay, directeur général d’Événements 2M. Il faut qu’une décision soit prise rapidement. C’est une excellente décision de tout arrêter jusqu’au 4 mai. Mais actuellement, on en est à prévoir le mois d’août. Juillet, pour nous, c’est demain matin. Des sommes sont déjà engagées. »

L’entreprise est grandement affectée par la crise. Jusqu’à maintenant, deux de ses événements ont été annulés, soit le Défi hockey Rio Tinto, qui devait avoir lieu du 3 au 5 avril, et la Classique Alexis Jalbert, un tournoi de hockey prévu les 1er et 3 mai.

L’incertitude plane également quant à la tenue du Festival bateaux-dragons Saguenay, qui doit avoir lieu du 11 au 13 juin. « C’est notre plus gros événement. Pour l’instant, on ne peut pas l’annuler ni le reporter. Habituellement, l’événement permet de remettre entre 20 000 et 25 000 $ à la Fondation Arianne qui soutient les familles d’enfant malade. Des familles qui vivent cette situation, il va y en avoir encore, mais on ne pourra rien leur donner. »

Quant à la venue du groupe Pennywise, tout est sur pause. « On ne vend plus de billets évidemment. On est en attente. Pour annuler le contrat avec le groupe, il faut que ce soit un cas de force majeure. Tant que le gouvernement ne dit pas que tout doit être annulé, on ne peut pas l’annuler. »

Comme Événement 2M est un promoteur privé, l’entreprise devra assumer elle-même les coûts et les pertes liées à l’annulation des événements. « On ne bénéficie pas de subventions. Les ventes sont nos seules rentrées d’argent. Heureusement, Jean-Sébastien Vallée et moi, on a un autre emploi et Événements 2M ne loue pas de locaux. Tous les événements s’autofinancent et on ne dépense jamais des montants qu’on n’a pas. On vit avec ce qui reste en bout de ligne. Là, on perd 100 % des revenus. »

L’après-crise inquiète également le promoteur. « Je me demande si toutes les entreprises fidèles qui participent à nos événements vont avoir encore les reins assez solides pour être là. Je pense qu’on va faire un pas de recul. Ce qui m’encourage, c’est que je crois qu’après, les gens vont avoir le goût de participer à des événements, de se rassembler. »

Jonquière en musique, comme les autres festivals de la région, est dans l’incertitude.

Jonquière en musique

L’incertitude plane également quant à la tenue de Jonquière en musique, dont la 31e édition est prévue du 1er au 18 juillet.

« On travaille avec les gouvernements qui nous ont accordé des subventions. On continue, mais on est en attente de ce qu’ils vont décider, affirme Alain Tremblay, directeur général. On regarde ce qui se passe du côté des événements majeurs. On est tous dans le même bateau. Pour nous, ce sont des pertes d’argent c’est certain. »

Ce dernier ignore comment les choses se dérouleront si l’événement est annulé. « Les commanditaires ont déjà payé leur engagement pour cette année. Est-ce qu’on les transfère pour l’an prochain ? Est-ce qu’on va récupérer les acomptes des artistes ? Est-ce qu’on va conserver les subventions pour l’an prochain ? On a des ententes, mais pour le moment, on n’a pas de dépenses. Notre situation n’est pas dramatique », assure-t-il.