NOFX sur la zone portuaire de Chicoutimi, l’été dernier.
NOFX sur la zone portuaire de Chicoutimi, l’été dernier.

Spectacles 2019: la nostalgie, un thème dominant

Année faste en matière de spectacles, 2019 laissera le souvenir de soirées fabuleuses, souvent empreintes de nostalgie. C’est d’ailleurs le thème qui colle à de nombreuses productions ayant fait courir les foules, et pas juste les têtes grises. Il suffit de dresser la liste des groupes punk qui se sont pointés chez nous pour constater que même à 35 ans, on peut s’ennuyer du bon vieux temps.

C’est ce qui explique l’engouement suscité par le passage de la formation The Offspring à Alma, en juillet. Les billets ont été vendus en un tournemain, si bien que Place Festivalma affichait complet, ce soir-là. Sur un registre similaire, les vétérans de NOFX sont revenus chanter devant 8000 personnes, à Chicoutimi, dans le cadre du Festival international des Bières du Monde.

Randy Bachman au Festival international des Rythmes du Monde.

Ça se passait sur la zone portuaire, là même où une légende du rock, Randy Bachman, a participé au Festival international des Rythmes du Monde. Son jeu de scène est inexistant, mais la voix tient le coup et même à 70 ans passés, l’ex des Guess Who et de Bachman-Turner Overdrive joue de la guitare comme un dieu. Tous les succès y sont passés, dont Takin’ Care Of Business. Un grand moment.

Dans le même contexte, au même endroit, le groupe The Mavericks a fait ses débuts dans la région en offrant une performance inspirée. La richesse des arrangements était impressionnante, tout comme la dextérité des musiciens et leur sens du spectacle. Ils ont même offert une version de Back In The U.S.S.R. en fin de programme, et pas juste un copier-coller.

Hubert Lenoir en spectacle au sous-sol de l’église de Tadoussac, pendant le Festival de la chanson.

La nostalgie était également présente à l’hôtel La Saguenéenne, le 21 septembre, alors que le Québec Redneck Bluegrass Project a mis fin à la tournée Totale Gravy Mentale devant 2000 fans bruyants, grouillants, à qui on a proposé une affiche digne d’un festival. C’est le groupe punk Groovy Aardvark qui possédait les plus longs états de service, mais il n’y avait pas une trace de rouille dans les versions livrées à ses fans.

Fred Fortin, lui, a ouvert en compagnie de son éternel complice, Olivier Langevin, en étrennant les chansons toutes neuves de l’album Microdose. Quant aux vedettes de la soirée, elles ont revisité leur catalogue, tout en promettant du nouveau matériel pour 2020. Leurs compositions possèdent beaucoup de swing, sans être franchement rock, mais ça n’a pas empêché les spectateurs de s’investir physiquement.

The Offspring  a fait salle comble à Place Festivalma.

Peu d’artistes libèrent autant d’énergie, sauf peut-être Hubert Lenoir. Sa visite au Festival de la chanson de Tadoussac, à la fin de juin, a donné lieu à des débordements similaires, plus joyeux qu’agressifs. Le jeune homme s’est promené entre Jean-Pierre Ferland (Si on s’y mettait) et le punk le plus débridé, appuyé par un groupe qui ne faisait pas de quartier. Cette sortie devait épouser des contours différents de la tournée Darlene, mais qui se soucie de ce genre de chose, hormis les médias ?

Un autre spectacle à haut indice d’octane a été offert en décembre, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, lors du passage du Choeur Expérience Gospel. Les billets avaient été écoulés trois semaines plus tôt, signe que cette formation est solidement enracinée dans la région. Ses interprétations puisent aux sources du gospel, sans toutefois en faire une pièce de musée. Elles mériteraient une diffusion plus large, une ambition qui pourrait se concrétiser en 2020.

Salle comble pour le Choeur Expérience Gospel, au début de décembre, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi.

La troupe Québec Issime, aussi originaire de la région, a fait coup double en présentant Cowboys, de Willie à Dolly, l’été dernier. Menée tambour battant, cette production a pris ses aises au Théâtre Banque Nationale, tandis que Décembre a cartonné ce mois-ci, au Théâtre du Palais municipal de La Baie. Ajoutons qu’une nouvelle mouture de Party, remontant jusqu’aux années Woodstock, a été lancée au Complexe Québec Issime d’Arvida. On pourra la voir pour la dernière fois de la saison, le 31 décembre.

À Petit-Saguenay, par ailleurs, on a souligné le centenaire de la municipalité en mettant à l’affiche une création intitulée Marguerite, mise en scène par Éric Chalifour, à partir d’un concept élaboré par Jean Bergeron, Élias Côté et Richard Gagnon. Elle a attiré de belles foules pendant l’été, à l’Aréna Roberto-Lavoie, ce qui a montré que ce genre de production n’est pas l’apanage des centres urbains.

Fred Fortin a ouvert pour le Québec Redneck Bluegrass Project, à Chicoutimi, le 21 septembre.

Chaque année donne également lieu à des retours appréciés, comme celui du guitariste Harry Manx, en avril, à l’occasion du Festival jazz et blues de Saguenay. Plusieurs amateurs ont été confrontés à un choix difficile, ce soir-là. Le trompettiste Wallace Roney, qui a déjà partagé la scène avec Miles Davis, jouait en effet à l’Hôtel Chicoutimi, à la faveur de sa première apparition dans la région.

Enfin, il faut souligner l’événement que fut le spectacle de Plume Latraverse au Théâtre Banque Nationale, le 1er novembre. L’homme se fait rare, mais affiche une belle constance, puisque cette soirée fut aussi drôle, touchante, musicalement stimulante, que dans ses grandes années. Rien que de l’entendre chanter Les pauvres de sa voix granuleuse, pesant soigneusement le poids de chaque mot, justifiait le déplacement.

Plume Latraverse au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi.
Un retour apprécié, celui de Harry Manx, à l’occasion du Festival jazz et blues de Saguenay.