Souvenir des crèches de Rivière-Éternité

CHRONIQUE / Quand il neige à ce temps-ci de l’année, j’ai une pensée pour l’exposition de crèches de Noël de Rivière-Éternité et pour son fondateur, Jean-Marie Couët. C’est lui qui a eu l’idée de présenter des nativités au sous-sol de l’église, une initiative qui a débuté fort modestement, en 1989. Il n’y avait alors que 18 oeuvres, provenant pour une bonne part de sa collection personnelle, et le nombre de visiteurs avait plafonné à 390.

Loin d’être découragé, cet homme qui avait connu une carrière exceptionnelle dans le monde de l’agriculture, où il a fait figure de bâtisseur, a haussé la mise dès l’année suivante. C’est à ce moment, en effet, que les premières crèches sont apparues devant les maisons, signe d’une mobilisation collective qui allait constituer l’un des points forts de cette activité. En ajoutant les 67 nativités regroupées à l’intérieur, ça donnait une édition substantielle, point de départ d’une expansion spectaculaire.

La création d’un parc de sculptures dans le voisinage de l’église, en 2000, a permis à l’événement de s’incruster dans le paysage éternitois. En même temps, il a étendu ses tentacules en Europe par le biais d’une exposition itinérante. Le clou de ces longues et fructueuses pérégrinations fut l’exposition tenue près de la place Saint-Pierre, à Rome, à compter du 15 décembre 2000. Parmi les 100 crèches présentées à cette occasion, on retrouvait celles de deux sculpteurs du village, Emmanuel et Joseph-Aimé Houde.

Il y avait de quoi être fier, tout comme en 1996, lorsque la revue française Joyce a consacré dix pages à l’exposition de Rivière-Éternité. Les photographies étaient somptueuses; le texte, dithyrambique. De quoi appuyer les prétentions du comité organisateur, qui parlait du village comme de la Bethléem des neiges. Et on n’a pas encore mentionné l’escale de 2004 à Paris, à l’église de la Madeleine. Un autre coup d’éclat qui a fait rayonner toute la région dans le sillage des crèches.

Bien que l’événement de Rivière-Éternité ne soit plus qu’un souvenir, il faut continuer à le chérir, puisqu’il constitue un modèle dont peuvent s’inspirer les communautés peu populeuses. Quand tout le monde travaille de concert, se met au service d’une idée, il peut arriver de bien belles choses. Daniel Côté