Le peintre Daniel T. Tremblay a hâte de découvrir le documentaire que lui a consacré le cinéaste Nicolas de la Sablonnière, La magie de Daniel T.. Il sera projeté pour la première fois le 4 octobre à 20h, à la Salle François-Brassard de Jonquière.

Sortie du film «La magie de Daniel T.»

Deux ans se sont écoulés depuis que Nicolas de la Sablonnière a eu un flash, lors d’une visite à la bibliothèque municipale de Chicoutimi. Explorant l’exposition de Daniel T. Tremblay, il a ressenti le désir de tourner un documentaire au sujet de ce peintre qui fait figure de vétéran, du haut de ses 34 ans de pratique. Le résultat de cette démarche, un long métrage intitulé La magie de Daniel T., sera projeté pour la première fois le 4 octobre à 20h, à la Salle François-Brassard de Jonquière.

«Je venais de tourner un film sur le sculpteur Thomas Meloche et je cherchais une façon de sortir de ma zone de confort. Au lieu de parler d’artistes qui étaient mes amis, qui appartenaient à la même génération que moi, je me suis dit que ce serait bien d’aborder un peintre qui a atteint sa pleine maturité, qui était plus âgé que moi et que je connaissais peu», a expliqué le cinéaste à la faveur d’une entrevue accordée au Progrès.

C’est le cinquième documentaire qu’il réalise en l’espace de six ans, tous consacrés à des artistes enracinés au Saguenay. Cette série représente, en soi, un tour de force, d’autant que ces oeuvres ont été créées avec des moyens limités. Or, ce tournage qui s’est déroulé en deux temps, ce qui correspond aux étés 2018 et 2019, fut le plus facile de lot.

Cette photographie tirée du film La magie de Daniel T. montre comment travaille Daniel T. Tremblay.

«Le film s’est fait tout seul. Ça paraissait que Daniel T. attendait ce moment depuis 25 ans. Il y avait plein de stock qui voulait sortir et j’ai fait son portrait de la même manière qu’on produit un tableau. Je l’ai montré à un moment de sa vie et compte tenu de son grand bagage, j’ai aussi relaté son cheminement et les épreuves qui l’ont ponctué», mentionne Nicolas de la Sablonnière.

Daniel T. Tremblay aborde des épisodes difficiles de sa vie, notamment les ennuis de santé qui l’ont éloigné de son art pendant quelques années, au début du millénaire. Après ce passage à vide, c’est un homme serein, aux humeurs moins fluctuantes, qui a repris le collier en créant des oeuvres à l’acrylique et à la peinture en aérosol. Elles témoignent d’une imagination débordante, épousent un caractère tantôt émouvant, tantôt joyeux, tout en laissant apparaître une candeur qu’on associe d’ordinaire à l’enfance.

«Quand tu fais ce que tu aimes, tu te sens à ta place et dans mon cas, ça n’a rien à voir avec les revenus. Il faut se battre pour continuer parce que c’est une vocation», décrit Daniel T. Tremblay. Pour s’en convaincre, il suffit d’explorer son appartement situé au centre-ville de Chicoutimi. Il s’agit, ni plus ni moins, d’un musée. Partout, il y a des tableaux, ainsi que des objets - chaises poubelles, pots de fleurs - transformés en oeuvres d’art.

Ainsi que le démontre cette image, Daniel T. Tremblay ne peint pas uniquement sur des toiles. Même un pot de plastique, si humble soit-il, suffit pour l’inspirer.

«Dans le film, on découvre aussi l’entourage de Daniel T., ses amis, les membres de sa famille, ceux qui alimentent son travail créatif. Moi-même, je me suis fait un ami au fil du tournage. Ça m’a fait du bien de le côtoyer, de venir chez lui pour capter d’autres images, d’autres témoignages. C’est ainsi que j’ai bouclé la boucle, que je suis arrivé à la fin de mon cycle de documentaires», énonce Nicolas de la Sablonnière, qui précise que la séance du 4 octobre sera accessible au coût de 10 $.