Adib Alkhalidey propose des solutions candides aux problèmes collectifs ridicules dans son spectacle solo Ingénu, vendredi soir à Jonquière.

Soirée candide avec Adib Alkhalidey

À quoi ressemblera une soirée avec l’humoriste Adib Alkhalidey, qui présente son spectacle Ingénu vendredi à 20 h à la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière ? « C’est le point de vue d’un gars qui capote sur la vie au Québec et en communauté, et qui pointe du doigt les choses ridicules qu’on fait collectivement et qui essaie de trouver des solutions. »

En entrevue mercredi, le jeune homme est subitement passionné quand il résume ce qui l’a inspiré. « J’essaie de tout mon coeur de rassembler les gens, même si on n’a pas tous les mêmes valeurs. C’est vraiment ce qu’il y a au centre du spectacle. Au final, on a tous besoin les uns des autres », philosophe-t-il, tout en rigolant à l’autre bout du fil parce que son chien a décidé de se montrer rebelle. « Vous avertirez vos lecteurs ! »

C’est de cette naïveté, cette candeur, que découle le nom du spectacle autoproduit et écrit en une demi-année, juste après la première tournée de Je t’aime, qui a pris fin en mai 2015. Le cabaret dédié à l’humour Le Bordel venait d’ouvrir à Montréal. « Je suis devenu un peu obsédé, avoue Adib Alkhalidey. Je jouais là presque tous les jours, j’ai dû monter sur scène près de 100 fois en six mois. Ça m’a permis d’écrire plus vite et d’essayer beaucoup de stock. Je me suis vraiment amusé. Sans Le Bordel, le show n’existerait pas. »

L’humoriste est de passage à Saguenay pour une rare fois. « J’ai reçu beaucoup de messages de gens de la région qui me demandaient quand j’allais venir. On m’a proposé cette salle et j’ai accepté. Ça tombait bien, car je suis à Québec le lendemain au Grand Théâtre. »

Il s’agit des deux dernières dates à sa tournée. « Je m’étais promis d’autoproduire 50 spectacles et on arrive à terme. Je pourrais sûrement encore continuer pendant deux ans sans problème. Ce que je dis me rend heureux et ça énergise les gens. En fait, c’est que je suis hyperactif et je ne peux pas faire les choses trop longtemps sans m’ennuyer », confie-t-il.

Pour ceux qui ont déjà vu Adib Alkhalidey sur scène, l’humoriste compare son premier spectacle à un premier rendez-vous, et Ingénu à une relation déjà établie. « Ça va ailleurs, on entre plus vite dans le vif du sujet. Il n’y a plus besoin de présentation », indique celui né d’une mère marocaine et d’un père irakien.

Après la tournée, Adib Alkhalidey souhaite se garder plus de moments libres dans son horaire bien chargé à travers les tournages de Code G., Like-moi et de Pause Kahwa, une websérie qu’il réalise et diffuse sur sa page Facebook. L’humoriste capte aussi en vidéo des spectacles de ses collègues et fait un peu de mise en scène. 

« J’ai besoin de vacances, résume-t-il en riant. J’adore être en tournée, mais c’est beaucoup de discipline. À la base, je me considère comme un auteur. Ce que j’aime le plus faire, c’est m’asseoir dans un café et écrire pendant neuf heures. J’aimerais me laisser du temps pour voir les signes que la vie va m’envoyer. »

Pour ses deux dernières représentations d’Ingénu, Adib Alkhalidey invite autant ses admirateurs que ceux qui ne le connaissent pas. « C’est important pour moi d’offrir des billets abordables. Je reçois souvent le commentaire après le spectacle comme quoi les gens n’avaient pas d’attentes, mais qu’ils ont tripé. C’est mon plus grand plaisir de convertir des fans ! »

On peut réserver les billets d’une trentaine de dollars en ligne sur le site de Diffusion Saguenay.