Simon Sachel, un réalisateur et concepteur originaire de Chicoutimi, est derrière une liste impressionnante de téléréalités et de docu-réalités au Québec.
Simon Sachel, un réalisateur et concepteur originaire de Chicoutimi, est derrière une liste impressionnante de téléréalités et de docu-réalités au Québec.

Simon Sachel, le roi de la téléréalité

Anne-Marie Gravel
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien
Un zoo pas comme les autres, Mères à boutte, L’appartement, Le chasseur de maisons, 281: Les dieux de la scène, Barmaids, Beachclub, Célibataires et nus Québec, Star Académie, Occupation Double… Un Chicoutimien d’origine est associé à une liste impressionnante de téléréalités et de docu-réalités. Motivé par une envie de divertir le public, le réalisateur et concepteur Simon Sachel est sans contredit un des spécialistes du genre au Québec.

Le nom de Simon Sachel est accolé à nombre de productions qui ont fait jaser, au cours des dernières années. Réalisateur et concepteur, il porte à l’écran des personnes inconnues du public dans des productions qui visent à divertir.

Simon Sachel est né et a grandi à Chicoutimi. Adolescent, il rêvait déjà d’évoluer dans le monde du cinéma et de la télévision.

«Mes notes n’étaient pas assez bonnes pour que je sois accepté en Art et technologie des médias. J’ai pris un long détour», raconte-t-il.

Après des études en sciences humaines, puis l’obtention d’un baccalauréat en cinéma à l’Université Laval, le jeune homme sans emploi dans son domaine a travaillé dans un bar de danseuses de Québec. Il était loin de se douter que c’est ce qui lui permettrait de lancer sa carrière.

«Je travaillais dans ce bar et j’ai demandé au propriétaire d’y tourner. Je voulais faire quelque chose inspiré de ce que je vivais dans cet univers particulier.»

Simon Sachel a conçu et réalisé les deux saisons de Barmaids.

Le court métrage Le poteau, réalisé en 2004, lui a valu le prix du public du concours Vidéaste recherché. Le film de fiction de 15 minutes a été présenté à Radio-Canada, ce qui a permis au travail de Simon Sachel d’être remarqué.

«Des gens de TQS m’ont appelé, puis j’ai réalisé Sucré Salé et des publicités. J’ai enchaîné production après production», raconte celui qui cumule les projets.

Que feriez-vous pour 100$?, Le banquier, Star Académie et Deux filles le matin figurent parmi ses premières réalisations.

Plus tard, c’est lui qui a conçu 281: Les dieux de la scène, Le chasseur de maisons, Beachclub, Barmaids et, plus récemment, L’appartement.

Il cumule les fonctions de réalisateur, coordonnateur, producteur au contenu et concepteur sur différentes productions, dont une forte majorité de téléréalités et de docu-réalités.

«J’en ai fait beaucoup. Je suis un de ceux qui en ont fait le plus au Québec. Il y a des années où j’ai cumulé cinq ou six projets de séries. J’avais tellement attendu avant de pouvoir oeuvrer dans le métier que quand la cloche a sonné et que j’ai pu embarquer dans le métier, j’ai mis la pédale en cinquième vitesse», explique celui qui a amorcé sa carrière derrière la caméra à l’âge de 29 ans.

L’Appartement, une série qui réunit cinq jeunes qui caressent différents projets dans un même appartement, est l’une des dernières réalisations de Simon Sachel.

Même s’il porte souvent à l’écran des personnages éclatés, Simon Sachel assure qu’il est lui-même plutôt «plate».

«Ces univers sont loin de moi. Je suis de nature tranquille à la maison, un père de famille de trois enfants. C’est grisant de vivre la vie des autres par procuration. J’ai l’impression de faire partie de leur vie pendant un moment», explique celui qui garde contact avec certains de ses sujets.

«Pour embarquer dans un projet, il faut plonger et c’est ce que j’ai fait. J’ai plongé tête baissée et jusqu’ici, ç’a quand même bien fonctionné.»

Il rappelle que des concepts comme Barmaids et 281: Les dieux de la scène ont connu leurs heures de gloire.

L’Appartement, une série qui réunit cinq jeunes qui caressent différents projets dans un même appartement, est l’une des dernières réalisations de Simon Sachel.

«J’ai imaginé Les dieux de la scène. Moi & cie a acheté le projet pour une bouchée de pain, mais en échange, j’ai eu carte blanche. Le nombre d’abonnements à la chaîne a ensuite augmenté de 46 ou 47%. C’est ce qui a lancé ma carrière en docu-réalité. Depuis, j’ai travaillé sur plusieurs univers», raconte celui qui a été finaliste pour la meilleure réalisation et le meilleur scénario aux Gémeaux à quelques reprises, au cours des dernières années.

Simon Sachel est fier de son parcours. Certains projets lui procurent une satisfaction particulière, qui n’a rien à voir avec les cotes d’écoute. C’est notamment le cas pour Les combattants: la relève. «C’est un show sur les jeunes espoirs du combat extrême qui rêvent de passer dans la UFC (Ultimate Fighting Championship). Peu de gens ont vu ce show, mais on a réussi à les humaniser. Ça devient beaucoup moins violent. Ça devient quasiment beau.»

Des émissions aux cotes d’écoute enviables font aussi sa fierté. C’est notamment le cas pour Un zoo pas comme les autres, série populaire dont il vient de terminer de tourner la troisième saison.

«Ça, c’est un coup de coeur. C’est difficile de ne pas aimer les Miller. Ils sont travaillants, ils aident les animaux, ils sont tellement attachants, ils méritent ce qui arrive x 1000.»

Trouver le bon candidat

Lorsqu’il recherche un candidat, Simon Sachel a souvent une idée en tête, mais il demeure ouvert. « Je ne demande qu’à être surpris.»

Il confirme d’ailleurs que les propositions sont de plus en plus nombreuses lorsqu’un appel au public est lancé pour un tournage. «C’est de plus en plus facile de trouver de bons personnages de téléréalité. Les jeunes d’aujourd’hui, ce sont les enfants de la téléréalité. Tout le monde aime être vu et veut être vu.»

Simon Sachel admet que ses projets et les personnes qu’ils impliquent l’ont souvent confronté dans ses propres valeurs, mais il demeure ouvert. «Souvent, je ne partage pas le point de vue des participants, mais je n’ai jamais jugé. J’aime divertir les gens à la maison. Je ne suis pas là pour dresser un portrait anthropologique. Ce que je fais sert plus à mettre la ‘‘switch à off’’. Je fais du spectacle, et c’est ce qui me plaît. On dit souvent que j’ai une approche américaine de la patente, que je suis le plus américain des réalisateurs québécois. Le documentaire introspectif, ce n’est pas ma tasse de thé. »

Simon Sachel a réalisé Porn To Be Wild en 2018.

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UN PROJET DE TOURNAGE À CHICOUTIMI EN TÊTE

Simon Sachel réalise des projets où la proximité entre les protagonistes est nécessaire. La COVID-19 lui a évidemment fait craindre pour son travail. Aujourd’hui, il regarde vers l’avant, la tête remplie de projets. Il a l’intention de continuer à surprendre, notamment en proposant un projet de téléréalité qui serait entièrement tourné à Chicoutimi.

« Moi, je fais beaucoup de shows de proximité. En docu-réalité et en téléréalité, il faut être proche des gens. La COVID-19 a fermé beaucoup de portes. Je me suis posé des questions sur l’avenir du genre. La prochaine année et demie risque d’être aride à la télévision. Les diffuseurs vont faire plus attention. Pendant ce temps-là, on perd des téléspectateurs qui se tournent vers Netflix », estime-t-il. 

La pandémie a complètement transformé les plans du réalisateur, qui a dû annuler certains tournages. « Une grosse téléréalité de dating (émission de rencontres) qui devait être tournée cet été et présentée à compter de septembre a dû être remise. »

Simon Sachel espère pouvoir amorcer le tournage en mars 2021 afin de la présenter en septembre 2021. « On travaille fort pour pouvoir la faire. On espère tourner à partir de mars prochain, mais pour ça, il va falloir que la situation s’améliore. On vient de finir le tournage de Célibataires à boutte. Ce n’était pas simple. Le premier contact avec quelqu’un quand t’es séparé par un plexiglas et que tu respectes le deux mètres de distance, c’est quelque chose ! Mais ç’a aussi un côté super rigolo », estime celui qui profite de la pandémie pour se concentrer sur l’écriture. 

« Ça me permet de développer des shows. Les premiers, je les ai développés parce que j’avais du temps. Pendant la COVID, j’ai développé beaucoup de shows qui ont été déposés à beaucoup de diffuseurs. »

L’un d’entre eux, s’il se concrétise, risque de susciter particulièrement l’attention au Saguenay–Lac-Saint-Jean. 

« C’est un projet que je pousse depuis deux ans. Une grosse téléréalité qui serait tournée entièrement à Chicoutimi, dans un lieu actuellement abandonné de la municipalité. Ce n’est pas un show de rencontres, mais je ne peux en dire plus. Je me croise les doigts pour que ça marche. »

Le projet a une signification particulière pour Simon Sachel. « J’aimerais tourner en région, engager des gens de la place, faire un coucou à Chicoutimi. »

En attendant, il n’a pas l’intention de ralentir. « Je suis workaholic. J’ai plein d’idées. Il y a eu un ralentissement dans le monde pour la téléréalité et le docu-réalité, mais là, il y a une relance. L’avenir est intéressant. »