Simon Leblanc provoque l’hilarité générale, autant grâce à ses mimiques qu’à ses grands talents de conteur.

Simon Leblanc: un surprenant talent de conteur

Est-ce possible de faire de la poésie en racontant une expérience réelle de colonoscopie, tout en faisant rire une salle bondée aux éclats ? Il semblerait bien que oui. Et l’humoriste Simon Leblanc en a fait la démonstration, jeudi soir, sur la scène du Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi.

Le conteur gaspésien est en sol saguenéen et jeannois ces jours-ci pour une série de supplémentaires de son spectacle Malade. S’il l’a baptisé ainsi, c’est qu’il est atteint d’une spondylarthrite ankylosante, une forme d’arthrite dégénérative qui le force à prendre une médication quotidienne.

Et l’humoriste aux surprenants talents de conteur n’est pas seulement atteint d’arthrite, mais souffre aussi de la maladie de Crohn. C’est d’ailleurs en racontant sa première colonoscopie, subie à l’âge de 22 ans après s’être aperçu qu’il « changeait l’eau de la cuvette de toilette en vin rouge », que Leblanc commence son monologue.

Surnommé le Fred Pellerin de l’humour, celui qui a grandi à Sainte-Anne-des-Monts a un réel don pour raconter des histoires. Et bien qu’il s’agisse d’histoires souvent salaces et tournant autour de la thématique rectal, il le fait avec un vocabulaire qui pourrait faire rougir certain. Il peut bien sacrer et employer des mots bannis du langage des enfants, Simon Leblanc s’exprime bien.

« Le médecin m’a dit que je devais mettre un suppositoire. J’en mets un, ça va bien. J’ai le goût d’un deuxième, mais c’est juste par gourmandise », raconte-t-il.

« La préparation d’une colonoscopie, ça te transforme en gicleur. J’avais presque peur de péter l’émail de la toilette. Je vous jure, j’ai chié des souvenirs. J’ai chié un vieux lunch du primaire », partage l’humoriste, provoquant l’hilarité générale.

En entrant sur scène, le gagnant de la Découverte de l’année 2014 au gala des Olivier a tenu à s’informer de la provenance des spectateurs. Des gens de Chicoutimi, Jonquière, Laterrière, Alma et même de Sept-Îles étaient venus pour le voir.

« Sept-Îles ! Je suis mal, je vais être là-bas le mois prochain. C’est un spectacle de marde ce soir, ça ne couvrira même pas ton gaz. Tu viendras me voir après le spectacle, je vais te faire une pipe », a lancé Simon Leblanc.

Comme tout bon humoriste, le jeune blond n’hésite pas à y aller d’une bonne couche de vulgarité, mais toujours en prenant soin d’y ajouter une petite couche de raffinement en finition.

Paralysie cérébrale et menstruations

Étant atteint d’une forme de diminution physique, Simon Leblanc se permet de rire des athlètes paralympiques et d’un homme atteint de paralysie cérébrale qu’il a sauvé d’une mort certaine alors que celui-ci ne contrôlait plus son fauteuil roulant. Ce genre d’humour ne fonctionnerait évidemment pas avec tous les humoristes, mais Simon Leblanc s’approprie ses sujets avec une empathie qui lui est propre. Et il réussit à toucher la cible. Vous savez, le son que font certaines personnes lorsqu’elles sont épuisées de rire, eh bien, on en entend à de nombreuses reprises au cours du spectacle de Simon Leblanc.

Le père de famille profite également de son micro pour saluer les défis biologiques de la femme, tels que les menstruations, l’accouchement et la ménopause.

« Aux hommes qui disent que leur femme est irritable avant d’être menstruée, taisez-vous. Si vous saigniez du bat tous les mois, vous tomberiez dans le coma », dit celui qui se qualifie comme un vrai féministe. Sans blague.

« Mon spectacle s’appelle Malade. Si ma femme n’était pas là, il s’appellerait Mort pis il n’y en aurait pas, de spectacle. »

Profitant d’une forte ovation, l’humoriste s’est permis de faire quelques blagues de son troisième spectacle, qui est en préparation, sur la scène du TBN. Un privilège grandement apprécié de la foule.

Au printemps

Simon Leblanc récidivera vendredi soir, toujours au TBN. Samedi, il sera en spectacle à Dolbeau-Mistassini. Malheureusement pour ceux et celles qui auraient voulu le voir à l’œuvre, toutes ces représentations affichent complet. Mais il y a toujours de l’espoir, puisque Simon Leblanc sera de retour dans la région au printemps. Il sera sur la scène du TBN le 12 mars et le lendemain à la Salle Michel-Côté d’Alma. Des billets sont toujours disponibles. Toutefois, le spectacle prévu le 14 mars à Roberval affiche déjà complet. Dépêchez-vous, ça vaut le coup. Ça vient même de Sept-Îles pour le voir, imaginez.