Simon Kearney présentera ses musiques groovy portant des textes plus sérieux qu’on pourrait le croire, à l’occasion des spectacles tenus au Côté-Cour de Jonquière et au Café du Clocher d’Alma, les 15 et 16 novembre.

Simon Kearney, à la fois sérieux et léger

Sur la pochette de son deuxième album, Maison ouverte, on voit Simon Kearney pousser un panier d’épicerie dans lequel un gars du même âge s’est blotti. C’est l’un de ses amis, Dave Jolicoeur, et cette mise en scène est plus significative qu’on pourrait l’imaginer. Derrière son côté comique, en effet, se profile le portrait d’une génération pour qui la vie est tout, sauf une ligne droite.

« Dave a fait un bac en design industriel, puis il a lâché ça. Il s’est mis à ‘‘triper’’ sur les voyages. Il a une job on the side. Je voulais parler de ça dans mes textes », a raconté l’artiste originaire de L’Ancienne-Lorette, à l’occasion d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès. Lui-même fait de la musique depuis l’âge de 15 ans. Son nom figure sur un EP sorti en 2013, ainsi que l’album La vie en mauve qui remonte à 2015, mais c’est la première fois qu’un de ses enregistrements produit un réel impact.

La meilleure façon de le vérifier, c’est d’assister à des spectacles comme ceux qui auront lieu le 15 novembre, au Côté-Cour de Jonquière, ainsi que le lendemain, au Café du Clocher d’Alma (la première partie sera assurée par le groupe KinKead, des amis de Cap-Rouge dont le prochain album sera mis en boîte dans son studio de l’île d’Orléans). « Depuis le début de la tournée, je constate que les gens connaissent les nouvelles chansons. Ça me procure un beau sentiment », reconnaît Simon Kearney.

Il ajoute en riant que son public est constitué de filles, qu’à Sherbrooke, quelques jours plus tôt, il n’y avait que deux gars dans la salle. Chaque soir, son objectif est de faire danser le plus de monde possible, y compris les personnes plus âgées qui sont venues voir ce qu’il mange en hiver, son pop’n roll inspiré par sa Sainte-Trinité à lui : Prince, Beck et Bruno Mars.

Le ton est léger, mais d’habitude, il commence le spectacle avec la dernière pièce de Maison ouverte, une chanson semi-cachée ayant pour titre Ados perdus. « Elle résume bien les thèmes de l’album. C’est moins hop-la-vie. C’est comme la débandade, décrit Simon Kearney. J’ai voulu refléter comment mes amis se sentent dans cette société de performance. En même temps, il y a beaucoup d’autodérision. »

Un autre de ses modèles est le groupe Les Trois Accords. À ses yeux, la pièce Le bureau du médecin est construite de manière intelligente, puisqu’elle aborde un sujet lourd avec légèreté. Une approche qui, manifestement, lui sourit. Il restait à trouver le véhicule le plus convivial et cette fois, il n’a pas été défini par la guitare, son instrument de prédilection. Au moment de composer les musiques figurant sur le dernier opus, il l’a mise en quarantaine.

« Je l’aime, mais j’ai essayé de ne pas écrire avec elle. Puisque le ton a été donné par la basse, j’ai créé des chansons plus groovy. La guitare fait figure d’ajout, mais quand elle intervient, son impact est plus grand. Ma musique ne se prend pas au sérieux, mais sur scène, on s’habille funky et on est dans le prélart. Par rapport au disque, c’est deux fois plus ‘‘boosté’’ aux stéroïdes », assure Simon Kearney.