Simon Gouache affirme très humblement que faire de l’humour est son « seul talent ».

Simon Gouache concentré à être le meilleur

« La seule description possible, c’est dire que ma passion, c’est de faire des spectacles d’humour. » D’entrée de jeu, Simon Gouache est clair : depuis ses tout débuts, il s’est concentré à être le meilleur sur scène, à être l’humoriste « qu’on doit voir sur scène ».

De passage dans la région en vue de son spectacle le 14 novembre prochain, Simon Gouache s’est assis quelques minutes avec Le Quotidien pour faire part de la démarche artistique qui se cache derrière son nouveau spectacle, Une belle soirée. S’il est surtout apprécié pour son autodérision et sa capacité à faire de l’humour réfléchi, c’est son calme et son humilité qui retiennent notre attention, pendant qu’il décrit ce spectacle qui est déjà encensé par la critique.

« Ça fait 13 ans que je suis concentré à être le meilleur sur scène, à être un humoriste qu’on doit voir sur scène, explique-t-il d’entrée de jeu. J’ai travaillé fort pour développer un style qui ne ressemble à rien d’autre. » Pour les gens qui ne le connaissent pas encore, Simon Gouache croit qu’il est « une découverte qui peut être intéressante ». L’autodérision étant un élément important de son spectacle, il affirme quand même que l’énergie qu’il déploie lors de ses spectacles est très différente de sa réalité, lui qui se qualifie plutôt comme quelqu’un de « réservé, gêné et qui ne prend pas beaucoup de place ».

« Mon but, c’est de parler de moi pour que les gens se reconnaissent ou reconnaissent des gens de leur entourage, explique-t-il. Jamais je ne vais ridiculiser quelqu’un à part moi-même. » Répétant à la fois en entrevue et en spectacle que son seul talent est de faire de l’humour, Simon Gouache trouve difficile d’identifier ce qu’il aime le plus dans son travail. « Ce que j’aime le plus, sincèrement, dans ma vie personnelle, c’est de pouvoir aller au cinéma le mardi à 13 h 30 et faire une sieste après. Je rencontre beaucoup de gens, je peux aussi découvrir de nouvelles régions. Le Saguenay–Lac-Saint-Jean est très proche de mon cœur, parce que je suis follement en amour avec une fille de Chicoutimi. » Il ajoute trouver très gratifiant le fait de faire rire des inconnus. « Je n’ai pas de facilité avec les gens que je ne connais pas, mais le rire, ça ne ment jamais, c’est une preuve d’authenticité. On ne peut pas combattre le rire. Tout le monde partage un moment pur et vrai ensemble. »

Pour Simon Gouache, l’autodérision est une façon de faire en sorte que les gens se reconnaissent à travers son humour, sans ridiculiser qui que ce soit.

Aux dires de Simon Gouache, ce deuxième spectacle s’inscrit en continuité avec le premier. « Je l’aime énormément. J’ai tellement fait de shows, tellement appris, je pense que je suis un humoriste plus mature, sans dire que j’étais immature la première fois. C’est le fruit de plusieurs heures de réflexion par rapport à ma vie, mon quotidien. Je crois qu’il est mieux écrit que le premier. » Il explique avoir de la difficulté à isoler certains numéros, preuve que le spectacle est bien ficelé, une « belle longue histoire qui peut être vue en totalité ». Afin d’écrire ce spectacle, Simon Gouache a loué une salle et a fait 10 ou 15 représentations, où il a parlé de certaines de ses idées. « Le processus d’écriture était très différent de mon premier spectacle, qui était un best of de ce que j’ai fait en humour. »

Questionné par rapport à une éventuelle implication sociale autour du trouble anxieux, un sujet qu’il aborde brièvement dans son spectacle, M. Gouache explique qu’il veut continuer d’aborder le sujet de façon positive. « L’anxiété est le moteur de ma créativité. Je me fais demander souvent d’être porte-parole, ce n’est pas que je ne veux pas le faire, mais je ne veux pas attirer la pitié. Je veux que ça reste drôle. Je veux que les gens voient qu’il y a quelqu’un qui vit avec ça et qui met ça drôle. J’utilise une petite ligne [sur l’anxiété] pour que les gens qui se reconnaissent s’enlèvent un poids. »