Le nom de l’exposition de Karine Côté (qu’on voit sur la photo), Mes Tissages, fait référence aux matières utilisées, notamment la laine et le cachemire, mais aussi aux techniques de création, tel que le tricot. Ici, on voit l’oeuvre Bande passante.

Seuls devant nos écrans?

Les liens qu’on tisse via les médias sociaux sont-ils réels, tangibles? Sommes-nous en mesure d’établir de vrais contacts avec nos 500 amis Facebook? L’artiste Karine Côté pose, avec son exposition Mes Tissages, dépaysements et rencontres, un regard critique sur les différentes plateformes sociales. Mais l’artiste ne veut pas faire la leçon à qui que ce soit, puisqu’elle s’inclut dans cette catégorie de personnes qui passent peut-être un peu trop de temps sur les Facebook de ce monde.

Mes Tissages, rencontres et dépaysements est présenté à la galerie L’Oeuvre de l’autre de l’UQAC. Rencontrée par Le Quotidien quelques heures avant son vernissage, l’artiste Karine Côté s’apprêtait à mettre les dernières touches à ses oeuvres, soit les titres de chacune d’entre elles. 

La détentrice d’une maîtrise en arts de l’UQAC a été approchée par la galerie il y a quelque temps. «J’ai fait mes études dans les années 90 et on voulait savoir ce que je devenais!», raconte Karine Côté, qui est également maman de trois enfants. Ses trois autres créations, aime-t-elle dire. 

La galerie lui a donc proposé de monter un projet et l’artiste a décidé de s’attarder à l’envahissement des technologies sur nos vies quotidiennes. Elle y a songé en regardant les couples qui ne se parlent pas, attablés au restaurant, préférant regarder leur écran de cellulaire. Ou en voyant les parents filmer le spectacle de leur enfant plutôt que de profiter du moment en les regardant, sans être séparés par un écran. 

«Les médias sociaux sont le meilleur moyen de perdre notre temps, de procrastiner. Et je m’inclus là dedans, je ne suis pas là pour faire la leçon. Mais j’ai voulu montrer que même si nous nous croyons entourés, nous sommes seuls derrière nos écrans. Peut-on vraiment établir des liens entre nous via ces plateformes?», se questionne l’artiste. 

Le nom de l’exposition, Mes Tissages, fait référence aux matières utilisées, notamment la laine et le cachemire, mais aussi aux techniques de création, tel que le tricot. Mais Karine Côté a aussi voulu entretenir le spectateur sur le mélange entre les gens, d’où le jeu de mots. Elle a bien pensé utiliser le mot «Métissage», mais a plutôt opté pour la seconde locution. «Étant donné que j’ai beaucoup utilisé le tissage comme moyen d’expression, j’ai choisi Mes Tissages, mais j’y ai pensé longtemps. Disons que les deux fonctionnent très bien», a expliqué Karine Côté. 

Parmi les oeuvres se retrouvent trois tableaux, agrémenter d’un miroir. Le spectateur pourra s’apercevoir dans la glace, devant la tour Effel, par exemple. Comme s’il se prenait en egoportrait et qu’il publiait le résultat sur les réseaux sociaux. Des photos comme on en voit défiler par centaine sur nos fils d’actualités. 

Des statuts Facebook, jadis publiés par l’artiste, d’autres fois censurés par elle-même, trônent également sur les murs de la galerie. «J’ai publié certains d’entre eux, parfois ironiques. D’autres fois, je me suis retenue, craignant la réaction des gens». Ces statuts pourraient être publiés ultérieurement sous forme de livre, avance Karine Côté. Deux chaises, installées au fond de la galerie, proposent également aux visiteurs de s’y asseoir pour prendre une pause et se regarder, face à face. 

L’exposition se poursuit jusqu’au 8 février prochain. 

Deux chaises, installées au fond de la galerie, proposent également aux visiteurs de s’y asseoir pour prendre une pause et se regarder, face à face.